Marion Sicot : Sa suspension a été alourdie à quatre ans

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Selon l'AFP, le Conseil d'Etat a alourdi à quatre ans la peine infligée à Marion Sicot pour s'être injectée de l'EPO en 2019. En 2020, la justice antidopage l'avait suspendue pour deux ans. Mais l'AFLD (agence de lutte contre le dopage) avait fait appel de cette décision. La cycliste française avait indiqué s'être injectée de l'EPO pour regagner la confiance de son manager, Marc Bracke.

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Marion Sicot a été suspendue pour une durée de quatre ans par le Conseil d'Etat pour s'être injectée de l'EPO en 2019, soit deux ans de plus que la suspension infligée par la justice antidopage, selon une décision consultée mardi par l'AFP. La cycliste est interdite de compétition jusqu'en mars 2024, et cette décision du Conseil d'Etat met fin à une procédure qui durait depuis plus de deux ans et demi.
Contrôlée positive à l'EPO lors des championnats de France le 27 juin 2019, et suspendue depuis juillet 2019, elle n'avait cessé de clamer son innocence avant de passer aux aveux quelques mois plus tard. Elle avait reconnu, dans un reportage diffusé sur Stade 2 le 8 mars 2020, s'être injectée le produit trois jours avant la course dans l'espoir de faire une performance et regagner la confiance de son manager, le Belge Marc Bracke de l'équipe Doltcini-Van Eyck.
Elle a déposé plainte contre celui-ci auprès du parquet de Montargis (Loiret) pour harcèlement sexuel, une affaire toujours en cours d'instruction. En juin 2021, l'Union cycliste international (UCI) a suspendu Marc Bracke pour une durée de 3 ans, et quatre mois plus tard une procédure disciplinaire pour "harcèlement" avait été ouverte à son encontre pour des allégations portées par deux coureuses.

Son entraîneur suspendu pour harcèlement par l'UCI

Marion Sicot affirme avoir été mise à l'écart de l'équipe suite à son refus, au printemps 2019, de continuer à envoyer à Marc Bracke des photos d'elle en sous-vêtements, comme il le lui avait demandé plusieurs fois. Elle a versé à la procédure ses échanges avec son manager sur la messagerie WhatsApp de 2016 à 2019. Les membres de la commissions des sanctions de l'AFLD, organe indépendant de l'AFLD, avait retenu la thèse du harcèlement sexuel pour alléger la suspension prévue d'ordinaire pour une injection volontaire, lui infligeant une suspension de deux ans en décembre 2020 au lieu de quatre ans, sanction prévue dans un tel cas.
L'AFLD, qui réclamait elle quatre ans de suspension, avait fait appel de cette décision devant le Conseil d'Etat, et qui vient donc de lui donner raison. "La suspension d'une durée de quatre ans correspond à celle normalement prévue par le Code mondial antidopage et le code du sport pour tout sportif ayant recouru intentionnellement à une administration d'EPO", a expliqué l'AFLD à l'AFP.
Au sujet de l'affaire de harcèlement sexuel dont se dit victime Marion Sicot, l'AFLD estime que ces "circonstances, aussi regrettables soient-elles, ne pouvaient cependant pas justifier la prise d'EPO". "Si des circonstances particulières peuvent être prises en compte, encore faut-il que le lien entre ces circonstances et la pratique dopante soit établi : le Conseil d'Etat a jugé que ce n'était pas le cas dans cette affaire", a-t-elle ajouté.
Des récentes décisions du Conseil d'Etat ont d'ailleurs permis de clarifier l'utilisation des "circonstances particulières", ce qui peut s'apparenter à des circonstances atténuantes en droit, dans les dossiers de dopage traités par l'AFLD et jugés ensuite par la commission des sanctions.
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