Eurosport
Le hold-up de Freire
Par
Publié 20/03/2004 à 22:00 GMT+1
Les sprinters ont eu raison des attaquants samedi lors de la 95e édition de Milan-San Remo. Dans un final haletant, c'est l'Espagnol Oscar Freire qui a raflé la mise sur la Via Roma, en coiffant sur la ligne Erik Zabel. L'Allemand, qui a cru s'imposer, a
Eurosport
Crédit: Eurosport
Oscar Freire devant Erik Zabel et Stuart O'Grady. Cherchez l'erreur. L'Italie en est pour ses frais. Le scénario se devait implacable, mais il n'a pas supporté le passage sur le grand écran de la Via Roma. Pourtant, la victoire ne devait pas échapper à un Transalpin. Que les sprinters tiennent le coup dans la Cipressa et le Poggio et Alessandro Petacchi, l'intouchable, réglerait tout le monde. Que les attaquants se fassent la belle et à ce jeu-là, personne ne pourrait résister à Paolo Bettini, le tenant du titre. C'était bien ficelé, pas si mal vu, mais le dénouement de la 95e édition n'a donc ressemblé que de très loin à ce pronostic.
Les sprinters ont pourtant remporté leur match face aux baroudeurs. Haut la main d'ailleurs. La Cipressa ne fut pas le cimetière des sprinters, mais celui des cinq héros du jour, dont le Français Nicolas Portal, après tout juste 200 kilomètres de fuite. La bosse fut simplement fatale à Mario Cipollini. Une défaillance logique, annonciatrice du fiasco transalpin. Restait donc le Poggio. Là, Paolo Bettini fut magistral, tel qu'on l'attendait. Répondant à une attaque de Vinokourov, le Toscan plaçait un contre limpide. Mais contrairement à l'an dernier, ce ne fut pas suffisant pour faire la différence. Au sommet, ils étaient encore tous là, sauf Cipo.
Bettini a tout tenté
Dans un fauteuil, Alessandro Petacchi paraissait alors idéalement placé à l'entrée sur la Via Roma, entouré de quatre équipiers. Mais comme sur Paris-Tours en octobre dernier, la machine s'est déréglée au moment de conclure. A croire que le coureur de la Spezia, d'ordinaire si dominateur dans l'exercice du sprint, coince psychologiquement dans les Classiques. C'est possible, mais c'est sans doute aussi physiquement que Petacchi a calé samedi. Quatrième et nettement battu, la course de ses rêves s'est dérobée sous pédales.
Mais Petacchi n'est pas le seul battu. Lui au moins n'a pas de regrets à nourrir, contrairement à Erik Zabel. L'Allemand a certes dominé Petacchi, comme il l'avait fait sur Paris-Tours, pour montrer qu'il pouvait encore rivaliser en pointe de vitesse. Mais le quadruple vainqueur de Milan-San Remo a eu le tort de ne pas méfier d'Oscar Freire, sur sa droite. Il a eu le tort aussi de relever son corps, de lever les bras, pendant que l'Espagnol jetait sa machine dans un geste désespéré mais salvateur.
Un final à la Ballerini-Duclos sur le Paris-Roubaix 1993. Cruel pour Zabel, mais pas volé pour Freire. Le double champion du monde offre à l'Espagne son quatrième triomphe à San Remo, le premier depuis 1959. 7e l'an passé, 5e en 2002, 3e en 2000, "Oscarin" a su attendre son heure, pour décrocher sa première épreuve de Coupe du monde, donnant raison à Bettini, qui l'avait désigné comme son principal rival, plus encore que Petacchi. Zabel aurait dû s'en souvenir...
MILAN - SAN REMO: LE FILM DE LA COURSE
LA FICHE D'OSCAR FREIRE
Sur le même sujet
Publicité
Publicité