Petacchi accuse le coup

Grosse déception pour Alessandro Petacchi. Le roi incontesté du sprint n'a pu faire mieux que quatrième de l'emballage final dans Milan-San Remo, samedi. Usé par une course de près de 300 kilomètres, l'Italien n'avait plus de jambes une fois sur la Via Ro

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Crédit: Eurosport

La Coupe du monde 2004 débute pour Alessandro Petacchi comme l'édition 2003 s'était achevée : sur un énorme sentiment de frustration. Depuis douze mois, le sprinter de La Spezia engrange les victoires comme une machine. Petites courses, Grands Tours, aucun sprint ne lui résiste. Il en est devenu La référence, ce que l'attitude de Zabel, samedi, confirme parfaitement. Mais pourquoi Petacchi ne parvient-il pas à concrétiser dans les Classiques cette incontestable supériorité, digne d'un Freddy Maertens de la grande époque ?
En octobre 2003, Paris-Tours lui avait déjà échappé au sprint, où Zabel l'avait devancé. Rebelote dans Milan-San Remo samedi, la course qu'il rêvait de remporter. Battu non seulement par l'Allemand, mais aussi par O'Grady et bien sûr Freire, Petacchi a du mal à digérer, d'autant qu'il a vraiment été emmené dans un fauteuil par ses équipiers Via Roma. "J'ai perdu comme à Paris-Tours. J'avais une grande équipe pour m'aider et je l'ai déçue, c'est ce que je me reproche le plus" dit le numéro trois mondial.
"Je suis parti un peu trop tôt"
Une fois le Poggio passé sans encombre, Petacchi se voyait pourtant comme le nez au milieu de la figure. Dans les derniers kilomètres, il semblait très à son aise, remontant dans les premières places du peloton avec une grande facilité. Mais au moment de conclure, la belle mécanique s'est déréglée. "La Cipressa et le Poggio ont été montés très vite, je l'ai payé au moment du sprint. J'avais mal aux jambes au moment du sprint, je suis parti sans doute un peu trop tôt, surtout sur le léger faux-plat d'arrivée", explique-t-il.
Il est vrai que, contrairement à un Zabel ou un Freire, Petacchi doit donner davantage de sa personne lorsque le profil de la route se corse. Il est donc logique qu'il manque de fraîcheur.
A quand une grande Classique ?
Mais le physique n'explique pas tout. A San Remo, comme à Tours, il a pêché tactiquement, en démarrant trop tôt, ainsi qu'il l'admet lui-même. Voilà le signe d'une nervosité qu'on ne lui connaît pas en d'autres circonstances. Le coureur de la Fassa Bortolo sait qu'il ne lui manque qu'une grande Classique pour entrer dans l'histoire.
Aujourd'hui, Petacchi fait penser à un grand joueur de tennis auquel il ne manquerait plus qu'une victoire en Grand Chelem. C'est d'autant plus regrettable qu'il n'aura pas 50 occasions de s'imposer en Coupe du monde. Le Tour des Flandres n'est pas pour lui, Paris-Roubaix non plus et les Ardennaises pas davantage. Rares sont les Classiques taillées pour les sprinters et parmi celles-là, Milan-San Remo est assurément la plus prestigieuse. " Mais j'ai compris aussi que je peux gagner cette course un jour" finit-il par se convaincre. Certes. Mais à force de repousser à plus tard la consécration…
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