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Les Français à la peine
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Publié 18/03/2005 à 11:05 GMT+1
Les années se suivent et se ressemblent : à deux jours de Milan-San Remo, la 1ère grande classique de la saison, et après le Paris-Nice, qui a inauguré le Pro Tour, les coureurs Français sont effacés. En manque de résultats. Faut-il s'en inquiéter ? Les
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Un Paris-Nice raté
L'histoire pourrait fâcher mais elle est ainsi. Comme à son habitude, le peloton français a, quelque peu, manqué son début de saison. Ou plutôt, la première grande course de l'année, la première grande épreuve du Pro Tour : Paris-Nice.
En fait, les années se suivent et se ressemblent pour les coureurs tricolores. Car ce n'est pas la première fois que les Français ratent, ce que l'on peut appeler, "l'examen de passage du Paris-Nice".
Petit bilan de l'exercice 2005 : sur un effectif de 26 coureurs français au départ de la Course au soleil, deux, seulement, ont rallié, dimanche dernier, la Promenade des Anglais dans les 30 premiers du classement général. Rendons leur, tout de même, hommage : Thomas Voeckler, le champion de France de chez Bouygues Telecom a terminé 18e ; Stéphane Goubert de la formation AG2R-Prévoyance a pris la 22e place.
Ajoutez-y le fait qu'il n'y ait aucune victoire d'étape, que les Français n'ont guère été aux avant-postes malgré les efforts valeureux de David Moncoutié (Cofidis), 3e au sommet du Mont-Faron et porteur du maillot à pois du meilleur grimpeur, ou encore de Sylvain Chavanel (le leader de la Cofidis) omniprésent dans le final de la 1re, 2e et 3e étape avant de se faire rattraper par une gastro-entérite.
La nostalgie Sandy Casar
Bref, au final, le résultat est comparable à celui de l'an passé. Et à deux jours du départ de Milan - San Remo, deuxième grand rendez-vous de la saison Pro Tour, il y a peut être de quoi s'inquiéter.
"Vous savez, on sort plus souvent déçu que satisfait de Paris-Nice, avoue Marc Madiot, directeur sportif de la Française des Jeux. On a eu de la chance de faire un grand résultat en 2002 avec Sandy Casar, mais grâce à des circonstances très favorables. Mais ces deux dernières semaines, on a eu des gars malades. Cela complique forcément les choses. Non, je suis content de mes gars depuis le début de l'année, surtout de leur attitude et de leur comportement."
Ne soyons pas trop sévères. Sur ce Paris-Nice, version 2005, perturbé par des conditions météorologiques déplorables, les Français se sont davantage montrés que l'an passé."Pour nous, c'est plutôt correct ce Paris-Nice, se rassure Vincent Lavenu, directeur sportif de AG2R-Prévoyance. C'est pas exceptionnel parce qu'on n'a pas gagné d'étape. L'équipe est à un bon niveau. Elle a terminé 10e au classement. Elle tourne bien sur le plan collectif alors que c'était un peu notre point faible l'an dernier."
AG2R-Prévoyance privé de Pro Tour
Une belle performance des hommes de Lavenu, qui, faut il le rappeler, ne font pas partis du Pro Tour. L'UCI n'ayant pas accepter de leur donner une licence."Maintenant, il faut gagner des courses, reconnaît Vincent Lavenu. Cela permettra aux coureurs de se rassurer... Comme j'en ai toujours été persuadé, l'équipe est au niveau du Pro Tour sur le plan sportif."
Reste que pour les formations qui sont dans le Pro Tour, à la fois sur le plan sportif et financier, et qui formulaient de gros espoirs sur le Paris-Nice, la 63e édition ne restera pas dans leurs annales. Mais les directeurs sportifs ne s'en cachent.
La déception chez Cofidis et Crédit Agricole
"Par rapport à ce qu'on attendait, on a été en retrait," constate Serge Beucherie du Crédit Agricole. "Pour nous, le bilan est plus que mitigé, explique, de son côté, Bernard Quilfen de la Cofidis. On est passé à côté. On pensait à une victoire d'étape et à placer un coureur dans les cinq premiers. Au final, il reste le maillot de grimpeur (Moncoutié), c'est assez maigre. Chavanel a eu une gastro. Cela arrive, il a notre confiance, il va se retrouver. Tout sera oublié dans quelques jours."
Quant à la formation Bouygues Telecom, elle était "consciente qu'elle ne pouvait pas viser le classement général vu la préparation physique de ses gars." "Thomas Voeckler a confirmé sa place, sa petite place à ce niveau-là, tient à préciser Christian Guiberteau, directeur sportif de Bouyges Telecom. Après un mois de compétition, on est sur une phase ascendante.
La carte Brochard et Halgand
Ascendante ! Le mot est dit. Et si, tout simplement, le peloton français était dans une phase ascendante, dans une prise de marque parmi les meilleurs coureurs engagés, désormais, dans toutes les grandes épreuves du calendrier Pro Tour ?Pour preuve, grâce à son expérience, ses 37 ans, Laurent Brochard (Bouygues Telecom) a pris la 5e place du Tirreno-Adriatico. Il est même 9e au classement Pro Tour. Autre satisfaction, le retour du puncheur du Crédit Agricole, Patrice Halgand, sur ce même Tirreno, où il a terminé 9e au classement final.
"Pour marcher en début de saison, il faut faire un entraînement très spécifique tout l'hiver, explique Guiberteau de Bouygues Telecom. On nous verra mieux aux beaux jours." Avant que Serge Beucherie du Crédit Agricole ne précise "qu'il ne faut pas tirer de conclusions hâtives trop tôt. Il y a des coureurs français. Et puis, on s'aperçoit que d'autres grandes équipes n'ont pas brillé non plus depuis le début de la saison."
A quand le déclic ?
Bref, en somme, les dirigeants du cyclisme français ne semblent guère s'inquiéter de ce manque de résultat. "Le déclic, il peut venir à tout moment", reconnaissent la majorité des directeurs sportifs de équipes tricolores. L'idéal serait qu'il se produise, par exemple, dès samedi lors de Milan-san Remo.
"Ou peut être se fera-t-il chez nous, espère Guiberteau de Bouygues Telecom. Dimanche, il y a Cholet - Pays de Loire. Et fin mars, le Critérium International où, nous, il faudra qu'on joue le général." Moralité ? La saison ne fait que commencer et les Français ne peuvent que davantage briller.
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