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Première grande classique de la saison, Milan-Sanremo reste convoitée par Oscar Freire, l'homme en forme du moment et vainqueur l'an passé. En lice, également, Erik Zabel, déjà quatre fois victorieux de l'épreuve. Mais ils ne sont pas les seuls à lorgner

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Crédit: Eurosport

Il est des champions qui marquent le début de saison. Cette année, il s'appelle Oscar Freire. Il est espagnol. Il est champion du monde. Et surtout, il est le premier coureur de l'histoire à porter le maillot de leader du Pro Tour.
Obligé de le mettre sur ses épaules et de laisser sa tunique arc-en ciel de champion du monde dans l'armoire, l'UCI en a décidé ainsi. Du coup, Oscar Freire sert de repère à tout le peloton qui aborde, samedi, le Milan - Sanremo et ses 294 kilomètres.
La Primavera des paradoxes
Parce qu'elle est la première grande classique de la saison, parce qu'elle est une course d'immense tradition, la Primavera se nourrit de paradoxes. Elle a couronné les plus grands (7 victoires pour Eddy Merckx) sur un parcours sans réelle difficulté, hormis les ascensions de la Cipressa et du Poggio dans les 25 derniers kilomètres.
Pour avoir oublié ces impératifs et levé les bras trop tôt avant la ligne sur la célèbre Via Roma, l'Allemand Erik Zabel a raté, l'an passé, la cinquième victoire qui lui était, pourtant, promise. Son vainqueur, Oscar Freire, a, lui, ajouté une autre perle en fin de saison en gagnant pour la troisième fois le championnat du monde. Autant dire que le chef de file de l'équipe Rabobank (avec le solide Dekker pour coéquipier) supporte aisément l'enjeu et... les longues distances.
Pour la conquérir, ses prétendants doivent donc maîtriser de nombreux paramètres : savoir s'économiser durant plus de 6 heures et éviter la moindre erreur dans le final.
Freire, insatiable
Plus fort que l'an dernier, de l'avis de ses adversaires, Freire est désigné comme l'homme à battre. Trois succès d'étape en trois jours la semaine dernière dans Tirreno-Adriatico, assorties de la victoire finale, lui ont octroyé le maillot bleu et blanc de leader du ProTour et surtout l'étiquette de premier favori.
Apte à suivre les puncheurs sur les "capi" du front de la mer ligure ou à battre les plus rapides au sprint, l'Espagnol, résident du Tessin (Suisse italienne), incarne le coureur même de Milan-Sanremo. Parce que pour gagner la Primavera, il faut savoir bluffer et il faut pouvoir garder son sang-froid.
"Le jeu, c'est de rester devant dans le final, de bien négocier la descente du Poggio et attendre le sprint. Mais j'espère que la course sera assez dure pour que les autres sprinteurs ne soient plus là", a confié, à l'AFP, Oscar Freire.
Une cinquième pour Zabel
Un doux rêve de l'Espagnol qui a peu de chances de se réaliser. Car les sprinteurs savent, désormais, grimper. L'un d'entre eux, son plus sérieux adversaire, l'Italien Alessandro Petacchi (Fassa Bortolo), accumule les victoires (onze en 2005). Reste qu'il lui manque, à son palmarès, un succès sur une grande classique qui, à coup sûr, le comblerait.
Autre rival de Freire, l'Allemand Erik Zabel, qui, malgré un début de saison plus que discret, reste pour sa part toujours aussi dangereux. A 34 ans, le coureur de la T-Mobile s'est, en effet, fait oublier pendant le Tirreno-Adriatico. Peut être, s'est il centré sur des objectifs plus précis, comme gagner une cinquième fois le trophée de Milan - Sanremo. Pour cela, il dispose d'une équipe armée avec, entre autre, le Kazak Alexandre Vinokourov, en forme ascendante.
Le règne des sprinteurs
Reste que Freire et Zabel ne sont pas les seules à prétendre à la victoire de Milan - Sanremo. Les autres sprinteurs en lice : l'Allemand Hondo (Gerolsteiner), les Australien O'Grady (Cofidis) et McEwen (Davitamon-Lotto)... Tous espèrent connaître, enfin, le jour de grâce. Autrement dit, trouver une ouverture dans un sprint qui se joue, dans Milan - Sanremo, dans les deux derniers virages. Il fut un temps, le spécialiste de l'exercice sur la Primavera était Mario Cipollini. L'Italien qui veut croire en une possible résurrection à près de 38 ans, surtout après sa 2e place au sprint de la dernière étape du Tirreno-Adriatico.
Le "petit prince" Boonen
A l'opposé de la pyramide des âges, il y a le Belge Tom Boonen (24 ans) qui, décidément, a tout pour briller au firmament de son sport. Son doublé sur Paris-Nice (deux victoires d'étape et deux jours avec le maillot jaune de leader sur les épaules) prouve que le petit prince du sprint risque, bientôt, d'en devenir le roi.
Encore faut-il que les équipes des sprinteurs parviennent à neutraliser les attaquants sous le soleil annoncé de la Riviera. Si l'option d'une échappée partie de loin a régulièrement échoué ces dernières années, l'hypothèse de ce scénario refait surface à chaque édition.
Les puncheurs
Mais, pour Freire et ses collègues, le danger principal tient d'abord aux qualités des puncheurs (Di Luca, Figueras, Pellizotti, Voigt). Ces finisseurs, ces baroudeurs vont sans doute chercher à imposer dans la Cipressa et le Poggio. Et dans ce même registre, il y a un client à ne pas ignorer : l'Espagnol Alejandro Valverde (Illes Balears). Très attendu sur la Riviera, après sa 2e place au général de Paris-Nice et son succès d'étape, Valverde pourrait-il imiter l'Italien Paolo Bettini, irrésistible voici deux ans dans le Poggio. Moralité, Oscar Freire se méfie en tous les cas de son compatriote au départ de cette 96e édition qui pourrait revenir à un Espagnol. Comme l'an passé...
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