Pozzato par surprise

Eurosport sur Google

Filippo Pozzato (Quick Step) a signé la plus grand succès de sa jeune carrière samedi en enlevant Milan-San Remo. Echappé dans le final, l'Italien de la Quick Step a poursuivi son effort jusqu'au bout pour devancer le sprint du peloton. Alessandro Petacch

Eurosport

Crédit: Eurosport

Pour triompher dans cette 97e édition de la Classicissima, on attendait un Italien, Alessandro Petacchi ou un Quick Step, Tom Boonen. Finalement, on a eu un Italien... de la Quick Step. Filippo Pozzato, troisième option de la formation belge derrière Boonen et Paolo Bettini, dont il est le lieutenant attitré, a raflé la mise en ajoutant à sa puissance naturelle un opportunisme bienvenu. Drôle de dénouement pour cette Primavera 2006, qui ne s'est pas vraiment achevée par un sprint massif, mais pas tout à fait par une échappée.
Voilà qui ressemble d'ailleurs beaucoup au profil du lauréat, doté d'une bonne pointe de vitesse mais qui a signé la plupart de ses succès en attaquant. A seulement 24 ans, Filippo Pozzato, enfant doué et précoce du cyclisme italien, n'était plus un inconnu. De Tirreno-Adriatico au tour de France en passant par la HEW Cyclassics l'été dernier, il s'était déjà distingué à maintes reprises. Mais Milan-San Remo, c'est autre chose. Une dimension supplémentaire sur un palmarès. L'Italie tient assurément une pointure. Pour l'avenir, mais aussi pour le présent.
Quick Step, la force collective
L'avènement de "Super Pippo" consacre tout à la fois un talent individuel et un formidable travail d'équipe, car les Quick Step ont réussi un sans faute au niveau tactique samedi. Ils ont d'abord collaborer sans s'affoler avec les Milram de Petacchi derrière la traditionnelle échappée fleuve pendant 200 kilomètres. Les huit hommes de tête, dont le Français Ludovic Auger, accompagné notamment de Cheula, Matveyev, et U.Etxebarria) compta certes plus de 11 minutes d'avance avant le Turchino et un vent largement favorable, mais le peloton n'a jamais perdu le contrôle de la situation, avant d'opérer finalement la jonction à un peu moins de 30 kilomètres de l'arrivée, soit juste avant la Cipressa. Là où l'affaire devient sérieuse.
Ensuite, les hommes de Patrick Lefevere ont parfaitement joué le coup, plaçant systématiquement un de leurs coureurs dans les diverses offensives. Pendant que Paolo Bettini, visiblement un peu juste pour jouer sa carte personnelle, décidait de se mettre au service de Boonen, on vit ainsi Pozzato, puis Guido Trenti, sauter sur tout ce qui bougeait. Comme toujours, la course s'est alors emballée dans le Poggio. Pendant trois kilomètres, les sprinters ont serré les dents, et les attaquants ont joué leur va-tout. Frank Schleck, le champion du Luxembourg, plaçait la mine décisive, bientôt rejoint par Astarloa, Ballan, Sanchez, Nocentini et... Pozzato, toujours là.
Le peloton ne le savait pas encore, mais il n'allait jamais reprendre le contrôle de la situation, en dépit des efforts des Rabobank et des Milram, oeuvrant respectivement pour Freire et Petacchi, les deux derniers vainqueurs en date. Paradoxalement, du groupe de tête, c'est sans doute celui qui pensait alors le moins à la victoire, Pozzato, qui en tira le plus grand bénéfice. Lorsqu'il comprit que le retour du peloton était inéluctable dans la dernière ligne droite, le natif de Sandrigo remit un dernier coup d'accélérateur, à 400m de la terre promise.
Le syndrome du tenant
Derrière, le sprint était lancé. Mais après 300 bornes d'efforts à plus de 45 km/h de moyenne, aucune équipe n'avait les moyens d'amener son leader dans les meilleures conditions. Pas même Milram. Petacchi dut donc se débrouiller seul. Dans sa roue, Boonen observait tranquillement. Et sur la ligne d'arrivée, deux hommes levèrent les bras: Pozzato, bien sûr, mais aussi le champion du monde, heureux de l'oeuvre collective malgré sa quatrième place, alors qu'il avait à l'évidence les moyens de faire beaucoup mieux. Entre les deux, Petacchi, deuxième et battu.
Il était peut-être le meilleur sprinter du lot aujourd'hui, encore que Boonen n'a pas forcé outre mesure, mais cela n'a pas suffi pour lui permettre de conserver son titre. Petacchi craignait Boonen, il se méfiait de Bettini, mais il n'a pu contrôler Pozzato. Comme souvent, le savoir faire de l'équipe Quick Step a fait la différence. Voilà qui confirme en tout cas la difficulté de s'imposer deux ans de suite sur la Via Roma. Depuis un quart de siècle, seuls Laurent Fignon et... Erik Zabel, le nouveau coéquipier de Petacchi, y sont parvenus. L'Allemand aurait dû lui donner la recette...
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité