Milan-Sanremo, la "sélect"

Qualifiée à tort de capricieuse, Milan-Sanremo, qui fête samedi son centenaire, consacre en réalité une élite ultra-restreinte, chaque année, à l'ouverture de la saison des classiques.

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Crédit: Eurosport

Du Français Lucien Petit-Breton (1907), ce champion oublié qui gagna deux fois le Tour de France et battit le record de l'heure avant de trouver stupidement la mort pendant la Première Guerre Mondiale sur le front des Ardennes (il portait un pli urgent quand il fut renversé par un charretier ivre et maladroit), à l'Italien Filippo Pozzato (2006), la lignée des lauréats témoigne de la qualité de la course la plus ensorcelante du calendrier, à en croire ses nombreux prétendants.
Jadis fixée le jour de la Saint-Joseph, le 19 mars, la "classicissima" (classique des classiques) prend plaisir à cultiver les paradoxes. Si elle est la plus longue des courses d'un jour (près de 300 km), elle se joue le plus souvent dans ses 100 derniers mètres. Dénuée de difficultés, hormis une succession de petites côtes dans le final, elle multiplie les pièges pour les favoris. Capricieuse ? Le reproche lui fut souvent adressé. Mais c'est oublier qu'entre 1967 et 1975, le grand Eddy Merckx trouva moyen de s'imposer... à sept reprises. En utilisant toutes les stratégies possibles dans cette course qui a ajouté un obstacle supplémentaire à son parcours par génération (le Poggio au début des années 1960, la Cipressa une vingtaine d'années plus tard).
Le grand secret
Imaginatif en diable, le champion belge plaçait ses adversaires sous tension. Il pouvait attaquer avant la montée du Poggio, dans la courte ascension (3740 m), dans la plongée sinueuse vers Sanremo, ou attendre le sprint après avoir usé les spécialistes. "Le grand secret de mes sept victoires, a-t-il expliqué un jour, c'est la distance. Après 100 kilomètres, je pouvais être battu par plus de cent coureurs. Après 290 kilomètres, il n'en restait que deux ou trois".
Dans une époque plus récente, l'Allemand Erik Zabel sprinta quatre fois pour la victoire (entre 1997 et 2001). Encore manqua-t-il de très peu la passe de cinq pour s'être relâché trop tôt en 2004 avant de franchir la ligne installée sur la Via Roma, au coeur de la station la plus renommée de la Riviera. Usante nerveusement, la course s'adresse aux coureurs doués, capables de jouer des coudes dans le peloton compact lancé à grande vitesse sur le parcours qui épouse les courbes de la mer Ligure et d'attendre le moment opportun.
Sur cette route prestigieuse, la via Aurélia de l'Antiquité, passé et présent se confondent. C'est là que Fausto Coppi construisit sa légende par une monumentale échappée solitaire dans l'immédiate après-guerre (1946). C'est là aussi que les plus grands sprinteurs contemporains (Cipollini en 2002, Petacchi en 2005) déboulèrent ces dernières années pour ajouter de nouvelles pages à une histoire sans fin.
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