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Alaphilippe : "Je n'avais pas le droit à l'erreur"

Alaphilippe : "Je n'avais pas le droit à l'erreur"

Le 23/03/2019 à 19:21Mis à jour Le 23/03/2019 à 19:31

MILAN-SANREMO – Vainqueur magistral de la 110e édition de la Primavera, samedi, Julian Alaphilippe a enfin remporté ce premier Monument qui le fuyait tant ces dernières années. Une vrai succès référence pour le Français, au terme d'une course parfaite sur tous les plans de son équipe, la Deceuninck-Quick Step. Des équipiers qu'ils ne pouvait mieux récompenser.

Il y avait son premier succès en World Tour à l'occasion de la Vuelta 2017, sa première classique avec la Flèche Wallonne, l'an dernier, et aussi ses deux succès sur le Tour. Et il y aura définitivement ce Milan - SanRemo 2019. Gagner un Monument est par essence un moment à part dans un carrière. Et le premier encore plus. "C'est difficile de décrire ce que je ressens, s'exprimait Julian Alaphilippe à l'arrivée sur la chaîne L'Equipe. C'est une immense fierté."

Attendu comme jamais sur une course de cette importance, le Français aura parfaitement géré cette pression inhérente à son statut de champion. "La pression, je la ressentais depuis plusieurs jours, avouait-il. Je n'avais même pas terminé Tirreno-Adriatico qu'on me parlait déjà de Milan-San Remo. Oui, j'avais déjà fait un podium et je suis en très grande forme, mais ce n'est jamais évident d'être l'ultra favori d'une course, encore plus sur un Monument. J'ai répondu de la meilleure des manières". Difficile de le contredire sur ce point.

Julian Alaphilippe

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Une course maitrisée de A à Z

Longtemps caché au cœur du peloton, Alaphilippe a surgi au meilleur des moments, dans le Poggio pour porter l'attaque décisive, celle qui a permis aux plus costauds d'émerger du peloton et de se porter à l'avant. Un modèle d’offensive, entre explosivité et puissance, facilité par l'énorme travail d'une formation Deceuninck-Qucik Step entièrement consacrée au Français.

"Après avoir contrôlé la journée comme ça, j'avais à cœur de ne pas me louper, racontait-il. Declercq a roulé depuis ce matin… Dans le Poggio, quand j'ai entendu qu'Elia (Viviani) était un peu distancé, j'ai dit à Philippe et Zdenek de durcir le plus possible et j'ai un effort très violent pour faire la sélection. A la bascule du Poggio, j'ai vu qu'il restait que des coureurs solides donc je savais que ça allait être difficile pour le sprint et qu'il fallait que je cours intelligemment, que je fasse pas d'erreurs. Et je crois que je n'en ai pas fait !"

Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) sur le podium de Milan-SanRemo, encadré apr Olivier Naesen (AG2R La Mondiale) et Michal Kwiatkowski (Sky)

Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) sur le podium de Milan-SanRemo, encadré apr Olivier Naesen (AG2R La Mondiale) et Michal Kwiatkowski (Sky)Getty Images

Tactiquement, rarement le Français n'aura été aussi juste. Alors qu'il semblait clairement le plus fort, il n'a pas hésité à laisser Kwiatkowski et Sagan, voire Van Aert, rouler pour aller chercher Trentin lorsque l'Italien a tenté sa chance à 2km de l'arrivée. Avant de surveiller le moindre mouvement sous la flamme rouge. "Quand on l'a rattrapé, j'ai vu que Mohoric voulait contrer mais je me suis dit que s'il sortait maintenant, il allait gagner, expliquait le Français. Donc j'y suis allé."

Une lucidité incroyable après quasi sept heures passées sur sa selle. La même qui l'a incité à prendre la roue du Slovène lorsque celui-ci a lancé le sprint à 300m pour mieux déposer tous ses adversaires dans la dernière ligne droite. "J'étais tellement concentré dans le final, l'équipe avait entièrement confiance en moi, on a durci dans le final…, expliquait Alaphilippe une fois la ligne franchie, les larmes aux yeux. Je n'avais pas le droit à l'erreur et je suis content de ne pas les avoir déçus. C'est la récompense de tout ce que j'ai mis en place, ce n'est que du bonheur. Quand j'ai vu les larmes de mes coéquipiers après la ligne, c'est une émotion que je n'oublierai jamais", poursuit-il.

Vers une Gilbert 2011 ?

Depuis le début de la saison, le Français est juste intouchable. C'est simple : dès qu'il a pris le départ d'une épreuve, il a gagné dessus. Deux étapes au Tour de San Luis, une au Tour de Colombie, les Strade Bianche, deux étapes de Tirreno et donc Milan-SanRemo. Voilà sept succès en seulement 21 jours de course (dont deux chrono par équipes) pour une entame de saison 2019 idyllique. "Je réalise le plus beau début de saison de ma carrière et, forcément, je n'ai pas envie de m'arrêter là", avouait le Tricolore.

Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) à l'attaque dans le Poggio, lors de Milan-SanRemo 2019

Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) à l'attaque dans le Poggio, lors de Milan-SanRemo 2019Getty Images

Forcément, son début de saison monumentale incite à l'optimisme. S'il continue comme ça, Alaphilippe semble parti pour réussir une saison digne de celle réalisée par Philippe Gilbert en 2011 (18 succès dont les Strade, le triplé ardennais, une étape du Tour, la Clasica et le GP de Québec). Mais attention toutefois à ne pas s'essouffler avant le triptyque ardennais d'avril, chose qu'était par exemple arrivée à Alejandro Valverde l'an passé (8 succès avant). Une possibilité dont le Français est bien conscient. " J'ai encore plein de belles choses à faire cette année mais, là, c'est l'heure de récupérer un peu", avouait-il. Après un tel début de saison, il en a bien le droit.

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