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Giro 2024 : Pogacar, suspense, Français… Les 6 questions que pose la troisième semaine
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Publié 20/05/2024 à 23:50 GMT+2
Le Giro vient de boucler cette deuxième semaine au terme d’une nouvelle démonstration d’un Tadej Pogacar plus que jamais au-dessus du lot. Pour autant, toutes les questions ne sont pas encore sans réponse, loin de là, et la troisième semaine s’annonce malgré tout très intéressante. Voici les 6 questions que posent les six dernières étapes de cette 107e édition.
Fritsch : "Je pense que Pogacar a forcé une heure lors de la deuxième semaine"
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Un record vieux de 59 ans pour Pogacar ?
Sauf chute ou maladie que l’on ne souhaite évidemment pas, Tadej Pogacar a déjà gagné ce Tour d’Italie. Ce n’est pas manquer de respect à ses adversaires, eux-mêmes sont d’accord là-dessus, mais avec 6’41’’ d’avance sur Geraint Thomas et 6’56’’ sur Daniel Felipe Martinez, le Slovène d’UAE-Emirates n’a qu’un seul réel adversaire : lui-même. S’il reste sur le vélo, il s’imposera et, à l’heure actuelle, vu sa marge sur ses poursuivants, la question est plus de savoir avec quelle avance il ralliera Rome.
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Pogacar : "Je viens de remporter une étape de rêve"
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Avec une arrivée en bosse après de gros pourcentages au Monte Pana (16e étape), une arrivée au sommet au Passo Brocon après un enchaînement de quatre cols (17e étape), une étape a priori pour baroudeurs à Sappada (19e étape) et la double ascension du Monte Grappa (20e étape), Pogacar a largement les moyens d’atteindre les 10 minutes d’avance à Rome. Une marge jamais vue sur le Giro depuis … 1965 (11’26’’ d’avance pour Vittorio Adorni sur Italie Zilioli) ! Avec le doublé Giro-Tour en vue, le Slovène pourrait toutefois se contenter de contrôler en troisième semaine et rester sage. Étant plus fort, il creusera cependant encore un peu sans doute, mais pas sûr qu’il dépasse les 8 minutes.
Le podium peut-il changer ?
Si l’étape de Mottolino a bien confirmé quelque chose derrière Tadej Pogacar, c’est que la lutte pour le podium allait faire rage jusqu’au bout. "Déception" du jour, Antonio Tiberi (Bahrain-Victorious) a perdu 1’09’’ sur Daniel Felipe Martinez (Bora-Hansgrohe) et Geraint Thomas (INEOS Grenadiers) et se retrouve désormais à 2’30’’ du podium, alors qu’Thymen Arensman (INEOS Grenadiers) est lui à 2’49’’. Cela semble faire beaucoup pour l’Italien et le Néerlandais, le premier ayant souffert sur la première vraie étape de montagne, alors que le second a dû rouler pour Thomas. Difficile donc de les imaginer sur le podium à Rome.
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Thomas fataliste : "On a laissé Pogacar faire ce qu'il avait à faire"
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Le podium se jouera donc selon toute vraisemblance entre Geraint Thomas, Daniel Felipe Martinez et Ben O’Connor. Plus expérimenté, le Gallois d’INEOS Grenadiers semble un dauphin bien plus solide que son avance ne le laisse suggérer (15’’ sur Martinez). Un peu dans le dur vers Livigno malgré un débours bien limité (8’’), l’Australien de Decathlon-AG2R La Mondiale semble partir avec une petite longueur d’avance sur le Colombien de la Bora-Hansgrohe, dont les qualités sur les enchainements de cols de la 17e étape et la récupération restent une légère interrogation. Si l’on devait miser sur un coureur qui exploserait en 3e semaine parmi les trois, Martinez serait le choix logique. D’autant qu’il ne possède "que" 47’’ d’avance sur O’Connor.
Quel coureur fera la remontada de la 3e semaine ?
C’est presque une tradition du Giro : la remontada de la 3e semaine. Chaque année, un coureur parvient à se frayer un chemin dans le top 10 du classement général grâce à une grosse troisième semaine, à l’image de Thibaut Pinot l’an passé (de 11e à 5e), Jan Hirt (de 12e à 6e) en 2022 ou de Joao Almeida (de 13e à 6e) en 2021.Vu les écarts conséquents (17’17’’) entre le top 10 et Rafal Majka, le 20e, il ne faut pas chercher trop loin la probable "remontada" de la dernière semaine.
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11e du général, Lorenzo Fortunato (Astana) avait montré de très belles choses jusqu’ici et il a l’habitude de se replacer en troisième semaine (5 places gagnées en 2021, 4 en 2022 et 2 l’an dernier) mais sa défaillance vers Livigno (2’34’’ de perdues sur Thomas-Martinez) laisse craindre le pire. Pareil pour Michael Storer (Tudor), qui multiplie les échappées avant d’exploser dans le final. C’est finalement Davide Piganzoli qui nous semble le meilleur candidat. 13e du général à 18’29’’, l’Italien de Polti-Kometa ne représente aucun danger pour Pogacar ni même pour le podium mais n’est "que" à 9’03’’ de la 5e place. Et une échappée qui prend 10 minutes en 3e semaine n’est pas si rare…
Quel suspense pour les maillots distinctifs ?
Heureusement, il n’y en a un peu plus que pour le maillot rose. Avec 109 points d’avance sur Kaden Groves (Alpecin-Deceuninck) à deux sprints de la fin de ce Giro, il paraît actuellement hautement improbable de voir Jonathan Milan (Lidl-Trek) ne pas remporter son deuxième maillot cyclamen consécutif, d’autant qu’il semble au-dessus dans les emballages massifs et qu’une échappée pourrait bien surprendre le peloton à Padoue. En revanche, cela est bien différent concernant le maillot azzuro de la montagne et le maillot blanc de meilleur jeune.
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Thymen Arensman au sommet de Mottolino à l'arrivée de la 15e étape du Giro 2024
Crédit: Getty Images
Avec 94 points d’avance sur Simon Geschke (Cofidis) et 107 sur Nairo Quintana (Movistar), le maillot azzuro est solidement accroché sur les épaules de Tadej Pogacar mais il reste encore plus de 300 points à délivrer et si le Slovène se décide à rester sage en troisième semaine, il pourrait bien ne plus en marquer avant l’étape du Monte Grappa. Tout est possible encore. C’est encore plus vrai concernant le maillot blanc puisque seulement 1’45’’ sépare Antonio Tibéri de Filippo Zana (Jayco-AlUla), sachant que Thymen Arensman n’est qu’à 19’’. La dynamique est clairement en faveur du Néerlandais, plus expérimenté en troisième semaine. Méfiance aussi quant à Davide Piganzoli, en cas de grosse échappée fleuve.
Les Français peuvent-ils faire encore mieux ?
Un coureur dans le top 10, trois étapes… Quoi qu’il arrive dans la dernière semaine, cette 107e édition restera comme un très bon cru pour le cyclisme français mais, comme l’appétit vient en mangeant (demandez donc à l’ogre Pogacar), on se demanderait presque si les Tricolores ne peuvent finalement pas viser encore plus. Concernant le classement général, Romain Bardet semble monter en puissance en montagne et le tracé restant le favorise clairement. Notamment cette 20e étape avec la double ascension du Grappa et un final après une longue descente dont le coureur de la DSM-Firmenich pourrait bien profiter. Et avec 1’23’’ de retard sur Tiberi, un top 5 est tout à fait possible.
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Raid fou, entente, contrôle de son ultime rival : le chef-d'œuvre d'Alaphilippe
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Avec une troisième semaine assez ouverte sur le papier et la probabilité d’au moins deux échappées victorieuses, nul doute que les Français joueront de nouveau une victoire d’étape. Mais parviendront-ils à la mettre au fond ? On serait tenté de dire que oui, vu la forme affichée par Julian Alaphilippe (Soudal-Quick Step) mais aussi par Aurélien Paret-Peintre (Decathlon-AG2R La Mondiale), qui voudra sans doute imiter son frère. Sans oublier son coéquipier Alex Baudin, qui a perdu tout espoir de top 10 dimanche. L’étape de Sappada est en tout cas taillée pour leurs qualités. Sans oublier bien sûr la 20e étape et ce final en descente qui fait de l’œil à Romain Bardet…
Quels objectifs pour Quintana ?
Il aura été l’autre grand bonhomme de cette 15e étape. Rattrapé par Tadej Pogacar dans les derniers kilomètres vers Livigno, Nairo Quintana est passé tout près de renouer avec la victoire en Grand Tour, plus de quatre ans après son dernier succès, sur la 2e étape du Tour d’Espagne 2019. A 34 ans, le Colombien n’est plus le coureur qu’il était au milieu des années 2010 (vainqueur du Giro 2014 et de la Vuelta 2016, trois podiums sur le Tour de France) mais il reste un redoutable grimpeur qui monte en puissance et regarde la troisième semaine avec appétit.
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Sans un regard, Pogacar dépose Quintana et file vers la victoire
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S’il garde la liberté de chasser une étape malgré la remontée d’Einer Rubio (9e du général), beaucoup d’étapes sont susceptibles de correspondre à ses qualités. Avec un début d’étape très dure, l’Umbrail Pass au programme et une arrivée au sommet, la 16e étape a tout pour lui plaire, d’autant qu’il devrait y pleuvoir et y faire froid, ce qu’il adore. La double ascension du Monte Grappa lui rappellera sans doute sa victoire finale de 2014, d’autant que ses qualités de descendeur pourraient lui servir. Sans oublier la course au maillot azzuro, dont il est l’un des favoris désormais.
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Il y a Tadej et les autres : comment Pogacar a écrasé la 15e étape du Giro
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