Gilbert à un pas du "Grand Chelem" mais sans stress : "Ma carrière ne se joue pas samedi"

Eurosport sur Google

MILAN-SANREMO – Philippe Gilbert affiche un palmarès dantesque quand il s'agit des grandes courses d'un jour. Champion du monde, vainqueur de quatre des cinq Monuments, seul Milan-Sanremo échappe fait encore défaut à son CV. Il peut donc écrire la légende samedi, mais il aborde la Primavera sans se mettre de pression. A 38 ans, peut-il encore peser sur une classique de cette envergure ?

Philippe Gilbert lors de Paris-Nice en 2021.

Crédit: Getty Images

Il ne lui manque que ça. Philippe Gilbert est à un pas d'écrire une page de légende du cyclisme. Vainqueur du Tour des Flandres, de Paris-Roubaix, de Liège-Bastogne-Liège et du Tour de Lombardie (à deux reprises), il ne manque à sa collection de Monuments que Milan-Sanremo. Seuls trois coureurs dans l'histoire ont réussi à mettre leur nom au palmarès des cinq classiques les plus prestigieuses du calendrier. Trois Belges, déjà : Roger De Vlaeminck, Rik Van Looy et, bien sûr, Eddy Merckx. Les deux derniers ont également été sacrés champions du monde. Comme Gilbert.
De là à penser qu'il joue gros samedi, il y a un pas que le Liégeois refuse de franchir. "Ma carrière ne se joue pas dans ce Milan-Sanremo, affirme-t-il. Bien sûr elle serait encore plus belle si j'arrivais à ajouter cette victoire, mais je n'en ai pas besoin. Je vais faire le maximum comme chaque année s'il n'y a pas de victoire samedi, ce n'est pas très grave. La vie continue, le sport continue, il restera une magnifique saison devant nous. Tout ne s'arrêtera pas samedi."
picture

Philippe Gilbert

Crédit: Getty Images

La Primavera ne lui a jamais souri jusqu'ici. Deux podiums (3e en 2008 et 2011) et une poignée de places supplémentaires dans le Top 10, comme l'an passé (9e). Mais il a souvent eu du mal à peser sur les débats. "Franchement, je n'ai pas de regrets dans cette course, assure le puncheur de Verviers. Je pense avoir tiré le maximum de mes capacités ici."
Peut-être que la Classicissima, dont il va prendre le départ pour la 17e fois de sa carrière samedi, n'est tout simplement pas la plus adaptée à son profil. Philippe Gilbert aime les courses d'usure, les attaques au long cours. Tout ce qu'interdit le profil de Milan-Sanremo. S'il ne le dit pas ouvertement, on sent que, des cinq Monuments, ce n'est clairement pas celui où il "s'amuse" le plus. Alors, aime-t-il Milan-Sanremo ou est-il obligé de l'aimer parce que c'est un Monument ? Un peu des deux, peut-être.

Il revient de loin

"C'est une course chargée d'histoire, dit-il, mais quand tu la fais pour la première fois, tu es surpris, tu t'attends à autre chose. Les 150 premiers kilomètres, c'est tout plat, tout droit, il ne se passe rien. Les 50 derniers kilomètres sont plus sympas, mais ce n'est pas comme les autres Monuments, c'est certain."
D'autant que le spectre des prétendants est autrement plus large que sur les Flandriennes ou les Ardennaises. "Tout est possible à Sanremo, rappelle Gilbert. C'est le seul Monument où les sprinters peuvent gagner, alors que beaucoup ne pourraient même pas rêver d'un Top 10 sur le Tour des Flandres. Mais c'est aussi ce qui rend cette course aussi spéciale."
Des sprinters aux puncheurs, ils sont peut-être trente ou quarante à pouvoir envisager plus ou moins sérieusement de lever les bras samedi. Philippe Gilbert est de ceux-là, mais il n'a plus la pancarte gigantesque de certains printemps. Puis le contexte n'incite pas à un optimisme démesuré. Blessé au genou, il a vu sa préparation perturbée cet hiver. "Je souffrais beaucoup, confie le coureur de la Lotto-Soudal. Je n'utilise pas ça comme une excuse, mais je reviens de loin et je suis déjà content d'être compétitif et d'être là où j'en suis aujourd'hui. J'avais des doutes, même en janvier, pendant le stage d'entraînement, j'étais souvent à la traine, loin derrière les autres. Maintenant je sens que je progresse vite, ça fait du bien."
picture

Philippe Gilbert (Lotto Soudal) à l'entraînement, le 11 janvier 2021

Crédit: Getty Images

Il sort d'un Paris-Nice discret, sans coup d'éclat mais où il a tout de même senti qu'il montait doucement en puissance au fil des jours. "Je n'ai pas eu de résultats marquants sur Paris-Nice, mais ça ne veut rien dire, c'est une course de préparation", dit-il. Il suffit de lire la composition de sa formation pour comprendre que la Lotto-Soudal ne veut pas mettre tous ses œufs dans le panier liégeois. Non seulement Philippe Gilbert comprend, mais il approuve :
"La meilleure façon de gagner, c'est d'aligner la meilleure équipe possible. Nous avons une équipe très forte, et si on peut jouer sur plusieurs tableaux, avec des atouts différents, il faut le faire. Après, ça dépend de chacun, et ce sera à moi d'être la fin dans le final. Mais si on choisit de partir avec six équipiers pour m'aider et moi en leader unique, si je n'ai pas les jambes, ça ne sert à rien. Là, j'ai mes chances, je peux jouer ma carte, faire ma course mais si je ne suis pas en mesure de jouer la victoire, c'est bien d'avoir John (Degenkolb) ou Caleb (Ewan) pour le sprint."
Alors que tout semble tourner autour du trio majeur Alaphilippe - Van Aert - Van der Poel, les trois immenses favoris, une jambe au-dessus du reste du peloton, Gilbert sourit. "Sur Milan-Sanremo, ce n'est pas toujours le favori ou le plus fort qui gagne, souffle-t-il malicieusement. Ce sont les favoris, ils seront là dans le final, ils vont jouer un rôle très important, mais Milan-Sanremo a déjà prouvé par le passé qu'il pouvait y avoir des surprises, alors je n'exclus personne." Pas même lui.
picture

Fritsch : "Cette année, les meilleurs puncheurs sont aussi les meilleurs sprinters"

Video credit: Eurosport

Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité