On le sait, Milan-Sanremo se joue chaque année dans ses 25 derniers kilomètres. Ce sont les 40 dernières minutes de course, du pied de la Cipressa jusqu'au passage sur la ligne de Jasper Stuyven et de la meute derrière lui que nous avons décidé d'analyser. Pour comprendre pourquoi personne n'a réussi à réellement faire la différence dans le Poggio et comment Jasper Stuyven, invisible jusqu'à son attaque, a pu piéger les favoris qu'étaient Julian Alaphilippe, Wout Van Aert et Mathieu van der Poel mais aussi un Caleb Ewan impressionnant.

La Cipressa : Jumbo-Visma et Ineos cadenassent, les seconds couteaux restent au chaud

Milan - Sanremo
L'énorme surprise Stuyven
20/03/2021 À 15:40
Face au trio de favoris, certains devaient se découvrir tôt. C'est ce qu'une partie des analyses avaient conclu avant ce Milan-Sanremo. Les démonstrations de Van Aert, van der Poel et Alaphilippe sur Tirreno-Adriatico et les Strade Bianche étaient la preuve que personne ne pourrait rivaliser avec eux dans le Poggio. Philippe Gilbert, Peter Sagan, Michal Kwiatkowski, Romain Bardet… Autant de coureurs qui devaient se découvrir tôt. Il n'en a rien été. Au pied de la Cipressa, à 25 kilomètres de l'arrivée, c'est la Jumbo-Visma qui fait le tempo. Peu avant, le sommet, les Ineos prennent le relais. La Cipressa s'est montée en un peu plus de dix minutes, loin des records, et personne n'a tenté sa chance. Rendez-vous au Poggio.

Les Jumbo en tête de peloton

Crédit: Getty Images

Le bas du Poggio : Ganna travaille pour Pidcock, van der Poel mal placé

Ineos n'a pas lâché la barre entre la Cipressa et le Poggio. Filippo Ganna, le champion du monde du contre-la-montre imprime un bon rythme au pied de la dernière difficulté. Il travaille pendant la première moitié avant de laisser la barre à Dylan Van Baarle. Un coup d'œil sur la position des favoris ? Caleb Ewan est en quatrième position derrière les Ineos, Alaphilippe, suivi par Van Aert, autour de la dixième alors que Mathieu van der Poel est plus loin. Mal placé mais il va remonter. Jasper Stuyven, lui, est bien au chaud.

6,5 km de l'arrivée : L'attaque d'Alaphilippe n'est, cette fois, pas décisive

Julian Alaphilippe place son attaque dans les dernières portions difficiles. Elle est belle sans être assez tranchante. Wout Van Aert saute dans la roue. Pour les autres, c'est un peu plus compliqué mais van der Poel ramène un petit groupe. On comprend que la tâche s'annonce compliquée pour les puncheurs. Pourtant, le Poggio s'est monté très vite, à cinq secondes du record. La présence de sprinteurs comme Evan, Matthews et Trentin est le signe que la course n'a pas été assez dure jusqu'ici. Au sommet, ils sont 11 en tête : Van der Poel, Van Aert, Alaphilippe, Schachmann, Kragh Andersen, Matthews, Trentin, Pidcock, Van Avermaet, Ewan et Stuyven qui a dû s'arracher pour revenir dans la montée. Son heure arrive.

Encore une fois, Alaphilippe a attaqué dans le Poggio

La descente du Poggio : L'erreur tactique de Pidcock

La descente du Poggio est technique et un équilibriste peut y faire des différences à l'image d'un Nibali en 2018. Tom Pidcock, format de poche issu du cyclo-cross, se lance dans un numéro. "Son accélération a rendu tout le monde nerveux" juge Alaphilippe mais elle empêche surtout Kwiatkowski et Sagan de recoller au groupe rapidement. Avec le Polonais et Pidcock, Ineos se serait retrouvé en supériorité numérique. Puisque le Britannique a accéléré, personne n'a d'équipier. Ce qui va favoriser Jasper Stuyven et condamner la chasse.

Bas de la descente : Alaphilippe veut attaquer, Stuyven le fait

A très exactement 3,1 kilomètres de la ligne, Julian Alaphilippe semble lancer un mouvement pour attaquer. Il est gêné par Tom Pidcock et doit couper son effort. Une dizaine de mètres plus loin, Jasper Stuyven se découvre enfin. On ne l'avait pas encore vu aux avant-postes et sa seule attaque s'avère décisive. Pidcock et Turgis tentent de recoller, sans succès. Personne ne veut réellement lancer la poursuite mais le groupe revient à une petite centaine de mètres de Stuyven rejoint par Kragh Andersen.

Le mouvement décisif : Quand Stuyven attaque le groupe des favoris

Le dernier kilomètre : L'aide précieuse de Kragh Andersen, Van Aert piégé

Il est le seul à avoir pu revenir sur le futur vainqueur : Soren Kragh Andersen va jouer un rôle majeur dans la victoire de Struyven en le relayant à 600 mètres de la ligne. Sans ce coup de main, Stuyven aurait sans doute été trop court. Chez les poursuivants, Wout Van Aert est en tête mais il ne veut pas de cette position et ne roule pas. Personne ne veut faire l'effort dans un groupe qui compte des sprinteurs de qualité (Ewan, Matthews, Trentin, Sagan, Van Aert, van der Poel) L'affaire est entendue.
Quand Matteo Trentin et Julian Alaphilippe relancent l'allure, c'est déjà trop tard. Mathieu van der Poel, finalement assez transparent dans ce Milan-Sanremo, lance son sprint à droite de Caleb Ewan mais il n'a pas les jambes. L'Australien, et Wout Van Aert, reviennent tout proche de Jasper Stuyven mais c'est bien le Belge qui lève les bras.

Une attaque au bon moment et Stuyven a piégé les favoris : le final haletant en vidéo

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