Avec Wout Van Aert et, à un degré moindre, Julian Alaphilippe, Mathieu Van der Poel est l'immense favori de ce Milan - Sanremo. Sa puissance destructrice, sa forme étincelante, sa confiance ébouriffante, tout indique que le Néerlandais jouera un rôle majeur samedi dans la 112e édition de la Primavera. Pourtant, s'il a bien sûr très envie de gagner, il s'avance, sinon avec réticence, en tout cas avec une certaine réserve. Autant le dire franchement, Milan-Sanremo, ça ne l'emballe pas plus que ça.
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On le comprend. Van der Poel aime quand c'est dur, quand ça fait mal, quand ça use. Or, la Classicissima, en caricaturant à peine, c'est une dernière heure au sprint où presque tout le monde peut suivre. Ses difficultés ne permettent plus d'opérer une sélection aussi massive que sur les autres grandes classiques du calendrier. "Pour moi, a-t-il expliqué jeudi lors d'une conférence de presse, c'est peut-être une des courses les plus difficiles à gagner parce qu'il n'y a pas beaucoup d'endroit soù on peut faire la décision. Même le Poggio n'est pas si difficile."
Milan - Sanremo
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22/03/2021 À 17:25
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"Ce n'est pas vraiment le genre de course que je préfère"

Milan - Sanremo, sur l'essentiel du tracé, c'est un peu l'épée de Charlemagne : longue, plate et mortelle. D'ennui. "Pendant les 150 premiers kilomètres, il faut surtout essayer de ne pas s'endormir, va même jusqu'à dire la star de l'équipe Alpecin-Fenix. On regarde autour de soi, on discute, mais il faut attendre longtemps avant que la bagarre ne démarre vraiment. Ce n'est pas vraiment le genre de course que je préfère."
Peu de chances, donc, de le voir s'enflammer de loi, comme il a pu le faire lors de son raid sur Tirreno-Adriatico voilà quelques jours. Le terrain ne s'y prête pas vraiment, même s'il adorerait un tel scénario samedi : "Ce serait super de voir un tout petit groupe sortir de la Cipressa pour se retrouver au pied du Poggio. Mais si vous attaquez là, est-ce que vous aurez assez de coureurs avec vous pour travailler ? Ça peut devenir un désavantage face à un peloton. La plupart du temps, on est obligé d'attendre le Poggio."

60 ans après papy Raymond ?

Pour autant, le champion des Pays-Bas peut gagner de mille manières, y compris au réglant au sprint un bon groupe si nécessaire. Une de ses forces, c'est sa capacité à s'adapter à l'environnement. Puis, s'il a raison sur le fond, les dernières éditions ont tout de même redonné la main aux puncheurs, en témoignent notamment le nom des deux derniers vainqueurs, Julian Alaphilippe en 2019 et Wout Van Aert l'an dernier. De quoi lui donner un peu de confiance avant samedi : "Je dirais que Milan-Sanremo est une course honnête, qui sacre presque toujours le coureur le plus fort. Et même s'il y a un sprint, après 300 kilomètres, c'est le plus fort qui gagne, pas forcément le plus rapide."
Mathieu Van der Poel est devenu si fort qu'on s'attend à le voir gagner tout le temps, partout. Lui calme le jeu. "Il faut être réaliste, dit-il, il y a des courses que je ne gagnerai jamais dans ma carrière. En cyclisme, vous avez toujours plus de chances de perdre que de gagner." Mais en dépit de ses réserves, qui serait vraiment surpris de le voir s'imposer dans le premier Monument de l'année ? Avec, en prime, un clin d'œil sympathique : son grand-père, un certain Raymond Poulidor, triomphait il y a 60 ans, le 19 mars 1961, sur la Via Roma. "Ce serait beau, ce serait une belle histoire à raconter", souffle Van der Poel. Mais il faut d'abord l'écrire.
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