Philippe Gilbert avant Milan-Sanremo : "Julian Alaphilippe n'est pas fini"

Eurosport sur Google

Philippe Gilbert, consultant pour Eurosport, connaît bien les périodes de creux pour en avoir connu quelques-unes, notamment en 2012 après son titre de champion du monde. C'est pourquoi il n'enterre pas complètement Julian Alaphilippe (Soudal-Quick Step) qui vit depuis plusieurs années entre espoirs d'un renouveau et cruelles désillusions.

Un cuissard déchiré, des gros mots : la chute d'Alaphilippe dans le final

Video credit: Eurosport

Autrefois terre de Julian Alaphilippe, le Poggio de Sanremo a désormais d'autres maîtres. Tadej Pogacar qui l'avait secoué comme jamais en 2022 ou Mathieu Van der Poel qui en a brûlé l'asphalte à la force d'une attaque dévastatrice qui avait d'ailleurs laissé le Slovène sans réponse l'an dernier. Mais avant que la nouvelle vague prenne le relais, le double champion du monde français était l'acteur principal de Milan-Sanremo, bien qu'héros final à une seule reprise (2019). Qu'il semble loin ce temps…
Samedi matin, en France comme en Italie et ailleurs, il y aura des oracles pour annoncer tel ou tel vainqueur et certains auront évidemment raison. On attribuera des étoiles pour n'oublier, et ne vexer personne. Où sera Alaphilippe ? Aura-t-il sa petite étoile du mérite, de celle de l'ancien vainqueur, de l'ancien meilleur puncheur du peloton ? Peut-être mais le voir lever les bras sur la Via Roma serait pour tout dire l'un des exploits les plus inattendus de sa carrière, en bonne place à côté de son Tour de France 2019. Alors qu'il espérait une saison 2024 tranquille, qu'il racontait un hiver sans pépin, les soucis sont revenus à lui.
Les mots de Patrick Lefevere et les chutes comme sur le Het Nieuwsblad où on l'a entendu lâcher toute la colère qui était la sienne. Et de fait, son meilleur niveau s'est encore éloigné, comme s'il se refusait à lui. Sixième du Tour Down Under en début de saison, il a traversé Tirreno-Adriatico sans briller. A peine l'a-t-on vu vouloir se mêler à la lutte dans le final de la 4e étape, achevée à la 9e place. "Je l'observe souvent, confie Philippe Gilbert. Il a perdu l'agilité qu'il avait. Il est plus poussif, n'a plus cette giclette qu'il avait et qui lui permettait de faire la différence. A Tirreno, sur ce sprint, il est là où il faut et au moment où il faut envoyer les watts, il se rassoit."
picture

Milan plus fort que Philipsen au sprint

Video credit: Eurosport

Si l'on peut aisément faire remonter la période noire d'Alaphilippe aux Strade Bianche 2022 et évidemment à Liège la même année, Gilbert n'oublie pas qu'il a gagné depuis : "Il y a beaucoup de gens qui disent que Julian ne met plus un pied devant l'autre. Moi j'ai tendance à le défendre, il n'est pas fini. Il a quand même gagné en tant que champion du monde au sommet du Mur de Huy, c'était une très belle image". Ce succès remonte à l'été 2022 et en 2023, le Français a, c'est vrai, encore gagné deux fois (Faun-Ardèche Classic et une étape du Dauphiné).

Gilbert aussi a été la cible de Lefevere

"Il vit des moments compliqués, poursuit notre consultant belge. C'est quelqu'un qui était habitué au succès personnel mais aussi collectif. Là il n'est pas dans le groupe de Remco Evenepoel, il n'est pas dans le groupe qui gagne". A cet égard, on peut se demander si Patrick Lefevere choisit la bonne cible avec Alaphilippe alors même que l'ensemble du groupe des classiques, dont Yves Lampaert ou Kasper Asgreen, ne pèse plus sur les courses pavées.
picture

Vasseur : "Repartir avec Alaphilippe chez Cofidis, ça aurait de la gueule"

Video credit: Eurosport

A chacune de ses sorties, chacun se demande si la manière de faire de Lefevere est efficace avec Alaphilippe. Philippe Gilbert a connu le Belge chez Quick-Step entre 2017 et 2019. "Patrick est un manager à l'ancienne, rappelle-t-il. Il a toujours fait ça ce n'est pas personnel avec Julian. Il faut se le mettre en tête. En France, je vois beaucoup de réactions, on est choqué mais il a toujours fait ça." Et le champion du monde 2012 de rappeler que lui aussi a été la cible des critiques acerbes de Lefevere dans la presse.
"Il l'a fait une fois ou deux sauf que moi je lui ai répondu tout de suite, et en direct. Patrick, il faut l'appeler, il ne faut pas envoyer des emails ou des messages. Il faut l'appeler et s'expliquer. Quand il ne m'a pas sélectionné au Tour de France 2019 je l'ai appelé, on a parlé une demi-heure en se respectant mais en argumentant. Peut-être que Julian ne l'a pas fait. Il sait aussi que ce que Patrick dit est un peu vrai mais quand on est défendable il faut se défendre. Il a peut-être raté une occasion au début." A les écouter, la ligne n'est pas coupée entre Lefevere et Alaphilippe mais la seule manière de répondre pour le Français sera la route.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité