Pourquoi Julian Alaphilippe n'a-t-il jamais couru dans une équipe française ?

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En fin de contrat en 2024, Julian Alaphilippe pourrait ne pas continuer l'aventure au sein de son équipe de toujours, la Soudal-Quick Step. C'est en tout cas la tendance dessinée par les tensions qui secouent la relation entre le Français et son patron, Patrick Lefevere. Serait-ce l'occasion de voir le double champion du monde dans une équipe française en 2025 ? Possible, mais pas sûr.

Vasseur : "Repartir avec Alaphilippe chez Cofidis, ça aurait de la gueule"

Video credit: Eurosport

Le meilleur coureur français de sa génération n'a jamais couru en France chez les professionnels. Cette vérité dit un peu de la trajectoire linéaire de la carrière d'un coureur dont certains auraient aimé détecter l'énorme potentiel qui était le sien. Elle évoque aussi les chemins détournés que peuvent emprunter certains champions. Parce qu'il est tombé dans la bonne équipe, Julian Alaphilippe (Soudal-Quick Step) ne l'a jamais quittée. Pas même pour retrouver ce public français qui l'adore.
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Pourquoi Julian Alaphilippe n'a-t-il jamais couru en France (visuel : Marko Popovic)

Crédit: Getty Images

"Je ne sais pas s'il a envie de revenir en France ou pas". Au moment de faire acte de candidature pour accueillir un Alaphilippe que l'on n'imagine plus chez Soudal-Quick Step l'an prochain alors que Patrick Lefevere a tout fait, nous dit-on, pour qu'il casse son contrat dès 2023, Cédric Vasseur a fauté. "Revenir" n'est pas tout à fait un terme qui convient pour le double champion du monde et la France. Jamais, Alaphilippe n'a défendu les couleurs d'une équipe française professionnelle.

Véranda Rideau, seule candidate française en 2011

Il s'en est fallu de quelques années à vrai dire pour que sa première formation, l'équipe cycliste de l'Armée de Terre, ne devienne une équipe pro. Amateur quand il défendait ses couleurs, le petit Julian l'avait vue passer le cap deux ans après son départ pour Etixx-Quick Step, réserve de l'une des meilleures équipes du moment, en 2013. Dans une autre époque, la nôtre, sa médaille d'argent mondiale chez les juniors en cyclo-cross (2010) lui aurait peut-être ouvert plus de portes, y compris dans l'Hexagone.
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Julian Alaphilippe aux championnats du monde de cylo-cross, en 2010

Crédit: Getty Images

En 2011, une seule équipe tricolore lui avait montré un réel intérêt, la formation Véranda Rideau Sarthe 72 qui devait précisément devenir professionnelle pour la saison 2012. L'un de ses directeurs sportifs d'alors, Mickaël Leveau, l'avait sondé, ce qui avait touché le gamin de Saint-Amand-Montrond, par ailleurs snobé par le reste des équipes françaises, notamment les plus prestigieuses. Au fil des ans et de ses performances, l'intérêt de celles-ci s'est montré plus prégnant et chaque fin de contrat est devenue une occasion pour les managers français de venir aux renseignements, notamment pour AG2R-La Mondiale ou Total Energies dans ses différentes appellations.

Un salaire trop élevé ?

Mais Alaphilippe avait trouvé ce qu'il cherchait au sein de l'équipe Quick-Step. Lui, l'homme des classiques ne pouvait pas mieux tomber quand à l'inverse les formations hexagonales auraient pu vouloir faire de lui un homme du Tour de France. Acteur de juillet, secondaire au classement général mais principal dans le cœur du public, le puncheur n'a jamais voulu devenir ce coureur qui visait la victoire sur la plus grande course du monde. Parce qu'il n'en avait ni les capacités physiques, ni les ressources mentales et encore moins l'envie. A ce titre, 2019 fut effectivement une parenthèse dorée mais aussi un cadeau empoisonné.
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Ça chatouille : quand Alaphilippe s'amuse à l'entraînement

Video credit: Eurosport

Était-ce les émoluments du bientôt double champion du monde qui éloignaient Alaphilippe de la France ? Absolument pas, nous jure-t-on dans son entourage. Installé et comme à la maison chez Quick-Step, proche des coureurs comme du staff (au sein duquel son cousin Franck allait devenir son entraîneur), celui-ci avait-il envie de repartir à zéro dans un autre environnement ? A priori, non. Et même si le contact ne fut jamais vraiment rompu avec certains managers, les discussions ne se sont pas réellement prolongées, y compris en 2023 quand Patrick Lefevere a fait comprendre à tous qu'il ne retiendrait pas un Alaphilippe pourtant encore sous contrat.

Alaphilippe en France en 2025 ?

Et maintenant ? En 2025, le destin du Français pourrait, et devrait selon toute vraisemblance, s'écrire ailleurs. C'est pourquoi on a vu Cédric Vasseur à notre micro ou encore Jean-René Bernaudeau en fin de saison dernière, évoquer sa venue. "Julian a besoin d'un nouveau challenge dans sa carrière, il ne faut pas se voiler la face. Je ne pense pas que Patrick Lefevere se batte pour le garder. Nous, on est ouvert à la discussion", lançait même le premier.
Est-ce à dire que l'avenir de Julian Alaphilippe s'inscrit forcément dans les frontières de l'Hexagone pour 2025 ? Pas nécessairement répond son entourage pour qui le principal intéressé ne fait pas de courir pour une équipe française un passage obligé dans une carrière qui s'approche doucement de la fin. Alaphilippe ira où le vent le portera et n'excluerait d'ailleurs pas de rester chez Soudal-Quick Step. Il faudrait pour ce faire réaliser une excellente saison 2024 pour prouver à tous, Lefevere en tête, qu'il n'est pas fini. À l'heure qu'il est, rien d'autre n'occupe son esprit.
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