Bettini, maître du monde

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Paolo Bettini l'a fait ! A 32 ans, l'Italien a accompli son rêve en devenant champion du monde sur route, à Salzbourg. Un sacre amplement mérité. Au terme d'un final d'anthologie, il a devancé dans un sprint à trois l'Allemand Erik Zabel et l'Espagnol Ale

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Le roi tient sa couronne. Paolo Bettini est le plus grand champion de la dernière décennie en ce qui concerne les courses d'un jour. Triple vainqueur de la Coupe du monde, roi des classiques ardennaises, champion olympique, il ne manquait plus qu'une corde à son arc-en-ciel. Ce titre de champion du monde, le Toscan ne pensait plus qu'à ça. Plus qu'un objectif, une obsession. Il a enfin matérialisé son rêve dimanche à Salzbourg, pour sa 10e participation, en succédant à Tom Boonen. Le maillot reste donc chez Quick Step. Une belle course, sous un grand soleil. Un grand vainqueur et un magnifique podium, car il fallait bien des dauphins de la trempe d'Erik Zabel et Alejandro Valverde pour honorer le nouveau maître du monde.
Le triomphe de Bettini fait plaisir, pourquoi le cacher. Coureur charismatique et expansif, Bettini pleure quand il perd et quand il gagne. Même Zabel et Valverde, sur le podium, semblaient heureux d'avoir été battus par un tel champion. Les trois hommes se sont disputé le titre dans un sprint d'une rare intensité. Sous la flamme rouge, ils étaient pourtant encore une quarantaine à pouvoir rêver. Puis, soudain, une brutale accélération de Samuel Sanchez provoqua la cassure décisive. Le Basque s'est dépouillé pour placer sur orbite Valverde. Mais Zabel et Bettini avaient pris la roue des deux Espagnols.
Des années de frustration
Etait-ce enfin, à 36 ans, l'heure de Zabel? Deuxième en 2004, troisième en 2002, le Berlinois aime les années paires. Etait-ce celle de Valverde, de dix ans son cadet, lui aussi déjà présent à deux reprises sur le podium, en 2003 et 2005? Non. C'était celle du "Grillon", plus frais que ses deux rivaux. La dernière semaine de la Vuelta a sans doute pesé lourd dans les jambes de Valverde, finalement troisième. Une Vuelta que Bettini a quitté cinq jours avant son terme...
Difficile de toute façon de contester la légitimé de sa victoire. Bettini a réussi la course parfaite. Une première attaque, dans l'avant-dernier tour, dans la difficulté principale, l'Elixhausen. Histoire de tester la concurrence. Seul l'Allemand Fabian Wegmann avait suivi, avant que les deux hommes ne soient repris un peu plus loin. Puis dans la dernière boucle, même punition au même endroit, avec plus de conviction et de puissance encore. Cette fois, personne dans sa roue. On pensait alors le coureur de la Quick Step parti pour un triomphe en solitaire, mais il allait être repris. Heureusement pour lui, il en avait gardé pour l'emballage final.
Bettini a effacé dimanche des années de frustration. Longtemps contraint de travailler dans l'ombre pour Michele Bartoli ou Mario Cipollini au sein de la Squadra, il avait très mal vécu l'édition 2005. A Madrid, il était sans doute le plus fort de tous, mais l'Italie avait choisi de miser sur Petacchi. Mauvaise pioche, puisque le Spezian, hors du coup, n'avait même pas pu contester la victoire à Tom Boonen lors du sprint final. Un Boonen qui a donc rendu sa belle tunique à Salzbourg. Très discret pendant la course, le Belge était pourtant bien présent dans le peloton principal. Comme il l'avait annoncé, le circuit autrichien n'était pas trop dur pour lui. Mais la cassure lui a été fatale. Il n'est que neuvième à l'arrivée.
Les Français ont fait leur course
Dans un Championnat du monde, il n'y a qu'un vainqueur et beaucoup de battus. Quatre ans après le sacre de Mario Cipollini à Zolder, l'Italie est donc la grande triomphatrice, et Bettini n'a pas manqué de rendre hommage à ses équipiers, qui ont tous joué le jeu. Filippo Pozzato et Luca Paolini ont notamment abattu un énorme travail. Globalement, les hommes de Franco Ballerini ont maîtrisé tous les évènements, plaçant deux de leurs hommes (Nocentini et Tosatto) dans la principale échappée du jour, qui ne fut reprise qu'à deux tours de l'arrivée. Merveilleux soliste, Bettini a parachevé cette oeuvre collective.
Sans posséder les mêmes moyens, les Français n'ont pas à rougir de leur course. Ils devaient essayer de se glisser dans tous les coups. Mission accomplie. Thomas Voeckler, longtemps devant au sein de l'échappée pré-citée, puis les deux Sylvain, Chavanel et Calzati, ont montré le maillot. Lors de l'ultime ascension de l'Elixhausen, Christophe Le Mével ne fut pas loin d'attraper le bon wagon. Il termine meilleur Tricolore au final, avec la 23e place, juste devant Anthony Geslin, malheureusement assez loin de sa médaille de bronze de 2005. A lui comme aux autres, il n'y a toutefois pas grand-chose à reprocher.
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