Tout plaidait pour Matteo Trentin, à la flamme rouge. L'Italien était en tête de course depuis moins longtemps que les deux adversaires qu'il lui restait à battre pour se parer du maillot arc-en-ciel, Mads Pedersen et Stefan Küng. Réputé meilleur sprinteur qu'eux, il avait en prime pu compter sur un Gianni Moscon "phénoménal" pendant plusieurs kilomètres. Mais il est tombé sur un os, en la personne de Pedersen. "Il était le meilleur, il n'y a rien à redire", a estimé Trentin, dépité après la course, ce dimanche à Harrogate.

Trentin avait une énorme pression sur les épaules. Après-guerre, l'Italie n'avait jamais dû patienter plus de dix ans entre deux sacres sur la course en ligne des Mondiaux. Le dernier titre des Transalpins ayant été décroché par Alessandro Balan, en 2008, son échec entérine donc une disette record. Le sprinteur polyvalent de 30 ans peut au moins se targuer, avec sa médaille d'argent, d'avoir ramené la seule breloque italienne sur la période. Mais il était bel et bien "venu pour gagner".

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La défaillance surprise de Mathieu van der Poel, à l'entame du dernier tour de circuit, était une sorte d'avertissement. Trentin ne l'a pas entendu, lançant son sprint à 200 mètres de la ligne, malgré la fatigue accumulée pendant 261 bornes. Mais il a été si nettement battu par Pedersen que sa défaite ne réside sans doute pas dans ce choix discutable. Il l'a rappelé, pour relativiser son désarroi : "Cette défaite sera difficile à avaler mais, demain, le soleil se lèvera (…) Je ne suis pas si déçu, je n'ai pas perdu d'un souffle."

Matteo Trentin, Mads Pedersen et Stefan Kung, sur le podium

Crédit: Getty Images

Quand Trentin et Van der Poel sont revenus, ils ont imposé le rythme. Je me suis dit qu'ils étaient imbattables

Le Danois Mads Pedersen n'a quant à lui pas fait de complexe d'infériorité dans l'ultime ligne droite. "Après six heures et demie sur le vélo, tout peut arriver", comme le néo-champion du monde l'a à la fois prouvé et déclaré après son sacre. Stefan Küng a de son côté manqué de force au moment de disputer l'or à Pedersen et Trentin. Le médaillé de bronze suisse avait joué son va-tout quelques minutes auparavant : "J'ai tout donné dans la dernière ascension mais je n'ai pas pu lâcher les autres. Je sentais que je n'avais plus le punch."

"A la fin tout le monde était au bout du rouleau. La pluie, le froid, c'était très dur, a ajouté Küng, qui plus est parti en éclaireur à 67 kilomètres de l'arrivée. Quand Trentin et Van der Poel sont revenus, ils ont imposé le rythme. Je me suis dit qu'ils étaient imbattables. Mais, à la fin, même Matteo (Trentin) était cuit..." Et ça, seul Pedersen y a cru.

On attendait Trentin, et Pedersen a surgi : L'arrivée en vidéo

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