Fou, jusqu'au bout. La course en ligne des Mondiaux, disputée dans des conditions démentielles, a sacré Mads Pedersen ce dimanche à Harrogate. Le Danois de 23 ans a devancé l'Italien Matteo Trentin au sprint, alors que ce dernier abordait la dernière ligne droite avec une immense pancarte. Quelques minutes plus tôt, c'est le grand favori de l'épreuve, Mathieu van der Poel, qui avait craqué à la surprise générale. Le Suisse Stefan Küng, resté à l'avant pendant 67 bornes, a pris la troisième place de cette course riche en rebondissements. Tony Gallopin (23e) a signé le meilleur résultat d'une équipe de France qui avait tout misé sur Julian Alaphilippe (28e).

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Outre la pluie torrentielle, la composition de la première échappée du jour (composée de onze hommes, dont Primoz Roglic, Nairo Quintana, Richard Carapaz, Magnus Cort Nielsen) a lancé une journée dantesque, obligeant les équipes de favoris à imprimer un rythme soutenu. La course s'est ainsi, longtemps, résumée à une grande opération essorage (197 coureurs au départ, 46 à l'arrivée). Sur un parcours raboté d'une vingtaine de bornes en raison des conditions atmosphériques - et ainsi réduit à 261 km entre Leeds et Harrogate -, les abandons ont été légion avant même l'entrée sur le circuit final. Le Belge Philippe Gilbert a été le premier des favoris à mettre la flèche.

Un favori en larmes : l'émotion de Philippe Gilbert lors de son abandon

Alaphilippe n'a pas pu suivre Van der Poel et Trentin

Le forcing de l'Australie, pour Michael Matthews (finalement 24e), de la France et des Pays-Bas a permis un regroupement dès le premier des neuf tours de circuit (13,8km). L'écrémage s'est ensuite fait naturellement, jusqu'à la première attaque du final, portée par Lawson Craddock (Etats-Unis) à 67 kilomètres du but. Stefan Küng a sauté dans sa roue et n'a plus quitté la tête de course. Il a reçu le renfort de Mads Pedersen à 46 bornes de l'arrivée, puis peu après celui de Mike Teunissen et de Gianni Moscon, alors que Craddock a craqué.

Pour Alaphilippe, la course a basculé à 33 kilomètres du dénouement, quand Van der Poel est passé à l'offensive dans la principale bosse du circuit (1,13km à 5,8%). Seul Matteo Trentin a réussi à prendre le sillage du prodige néerlandais, parti en chasse du groupe de tête, au sein duquel son compatriote Mike Teunissen venait de craquer. Van der Poel et Trentin ont alors rejoint Pedersen, Küng et Moscon pour former un quintet qui a vite eu des airs de coup gagnant.

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Résister ? Pedersen a fait mieux

Parmi les battus, outre un Peter Sagan esseulé et finalement 5e après un baroud d'honneur, ce sont les Belges (pour Greg Van Avermaet) et les Français qui ont le plus roulé. Mais l'écart a inexorablement augmenté, et l'avance des cinq coureurs échappés tutoyait la minute à l'entame du dernier tour, lorsque Van der Poel s'est garé ! Le Néerlandais de 24 ans, exténué, a terminé à dix minutes (43e).

Moscon, flanqué du costume d'équipier de Trentin, a logiquement montré des signes de faiblesse dans l'ultime ascension du jour. Küng a accéléré pour se débarrasser de lui et s'offrir une place sur la boîte. Un temps au rupteur, Pedersen l'a relayé. Réputé moins bon sprinteur que l'épouvantail italien, le Danois semblait lui aussi enclin à s'assurer une breloque. Sauf qu'il n'en est pas resté là. Lorsque Trentin a produit son effort à 200 mètres de la gloire, il a parfaitement répondu, et c'est le Transalpin qui a été contraint de se rasseoir le premier. Mads Pedersen, 2e du Tour des Flandres en 2018, a confirmé qu'il aimait les épreuves de force au long cours. Et prouvé qu'il pouvait en sortir vainqueur.

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