Binda, Freire, Van Steenbergen, Merckx, Sagan, Ronsse, Schotte, Bugno, Van Looy, Maertens, LeMond, Bettini et donc Alaphilippe. Voilà pour la liste des (au moins) doubles champions du monde de cyclisme. Le palmarès de "Loulou" compte donc une ligne de plus. Et quelle ligne. Celle-ci ne fait pas tâche aux côtés de ses exploits sur le Tour de France, de son Milan-Sanremo, de son titre de 2020… Mais avec Julian Alaphilippe, l'émotion prend souvent le pas sur l'exploit. Bien que l'un et l'autre ne peuvent être séparées. Homme sensible, Alaphilippe est sur la selle comme à la ville. Son cœur est sa plus grande force et c'est bien souvent le nôtre qu'il fait valser.
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Souvenez-vous de la première fois. Celle où vous avez fait connaissance avec Julian Alaphilippe. Si vous suivez assidument le cyclisme, c'était peut-être au Tour de l'Ain 2014. Un gamin de 22 ans y avait fait la nique à Dan Martin, vainqueur un an et demi plus tôt de Liège-Bastogne-Liège, celle qui fait encore rêver "Alaf'". Peut-être était-ce à Paris-Nice 2017 quand il avait enivré le contre-la-montre du Mont-Brouilly, s'offrant Alberto Contador. Si vous suivez ça de plus loin, ce fut finalement sans doute sur le Tour de France 2018. Deux étapes et un maillot à pois plus tard avaient fait naître un embryon de Loulou Mania.
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À travers ce qu'il fait, il veut partager sa joie, son bonheur
Un embryon qui ne demandait qu'à grandir. Le Tour de France, sorte de machine à laver lancée à 1 200 tours minutes pour les coureurs tricolores, allait faire le reste. Ce fut bien évidemment 2019. La folie de la plus grande course du monde a trouvé à qui parler avec le coureur le plus dingue de sa génération. Dingue dans sa manière de courir, il l'avait déjà prouvé. Dingue aussi dans son attitude et dans son ambition. Rien ne semble trop grand pour un Alaphilippe qui a longtemps laissé espérer au public français un succès final.
Qu'importe finalement que l'issue ne fut pas celle escomptée. Qu'importe aussi que ce Tour allait s'avérer être un cadeau empoisonné pour un Alaphilippe que certains attendent désormais chaque année dans les hauteurs du classement général. Ce concentré d'émotions fut un bonheur pour lui… et pour les autres. Partager, c'est le credo du désormais double champion du monde. Franck, son cousin et entraîneur, nous racontait cette anecdote en septembre 2020 après le sacre d'Imola : "À travers ce qu'il fait, il veut partager sa joie, son bonheur. Quand je l'ai eu au téléphone après son titre, sa première question était de savoir si j'étais heureux de le voir gagner la course. Il veut que les gens soient aussi heureux que lui grâce à ce qu'il réalise dans son sport."

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Tout Alaphilippe est là. Ce n'est peut-être pas un hasard s'il s'éclate en équipe de France. Dans le "Wolfpack", il trouve déjà toute la camaraderie que son coeur réclame mais en bleu, avec des hommes prêts à tout donner pour lui, Alaphilippe est habité par une force supplémentaire. Elle l'avait aidé à tenir à Imola en 2020, ce fut encore le cas en 2021. On peine à croire qu'il n'a pas pensé à Cosnefroy, Laporte, Démare ou Turgis et à leurs sacrifices quand il a fallu résister à ses poursuivants et à la douleur pendant 17,5 kilomètres ce dimanche.

Merci Julian

Avec Alaphilippe, rien n'est vain. Que ce soit pour un bonheur total ou pour une immense déception, il donne tout. Pour lui. Mais aussi pour les autres. Pour qu'on l'aime pour ce qu'il fait, ce qu'il transmet. Vu de France, comprendre les émotions qui le traversent est peut-être plus simple mais on ne nous empêchera pas de penser que ses succès sont marqués d'un autre sceau que ceux de ses adversaires. On n'ira pas jusqu'à dire que c'est son seul courage qui lui permet de déplacer des montagnes. Mais ne comptez pas non plus sur nous pour l'oublier au moment de dresser la longue liste de ses qualités sur le vélo. "Quel champion ! Il faut que tous les gens qui aiment le sport en France apprécient ces moments.", s'est enflammé Thomas Voeckler pour lui.
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Tadej Pogacar, Wout Van Aert, Mathieu van der Poel… Cette génération débarquée ces dernières années semble vouée à tout écraser sur son passage. En 2021, on a parfois pu penser que ces trois-là avaient ce qu'il fallait pour "ringardiser" le leader français. Mais on n'envoie pas Julian Alaphilippe à la cave. Vous lui mettez des coups sur la tête ? Il vous les rend au centuple. Ce solo de 17,5 kilomètres restera dans les annales. D'autres coureurs, dans d'autres circonstances, auraient peut-être pu l'imiter. Mais justement, Alaphilippe l'a fait à sa manière dans ces circonstances-là. Sur la plus grande scène du monde, face au gratin international. Et c'est pourquoi il nous a fait dresser les poils. Ce n'était pas la première fois et on l'espère, pas la dernière mais merci à lui pour tout ça.
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