Il y a eu Imola, il y aura désormais Louvain. Un an après son premier sacre en Italie, Julian Alaphilippe a remis ça ce dimanche en décrochant un nouveau titre mondial. Alors que l’on attendait beaucoup de Wout Van Aert et du collectif belge, c’est l’équipe de France, comme en 2020, qui a imposé sa force. Plus nombreux que leurs adversaires au départ (9 coureurs grâce au statut de tenant du titre d’Alaphilippe), les Bleus en ont bien profité pour signer une nouvelle masterclass. D’Alaphilippe à Arnaud Démare en passant par Benoit Cosnefroy, Christophe Laporte ou Clément Russo, tous ont participé à ce nouveau chef d’œuvre mis en place par le sélectionneur Thomas Voeckler.

Alaphilippe au bout de l'effort : le résumé du deuxième sacre mondial du Français

On a senti que l'équipe de France voulait rendre la course très dure, très tôt
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L’équipe de France avait annoncé avant le départ vouloir une course de mouvement et elle n'a pas menti. Il fallait durcir la course loin de l’arrivée et c’est exactement ce que les Tricolores ont mis en place avec les tentatives d’Anthony Turgis mais surtout de Benoît Cosnefroy et Arnaud Démare, partis dans un coup à 178km du terme avec notamment Remco Evenepoel et Primoz Roglic. Très actifs, les Bleus ont ainsi obligé les Italiens, piégés, à beaucoup rouler très tôt dans la course. Des efforts que la Squadra payera au prix fort dans le final, puisque Sonny Colbrelli manquera d’équipiers dans les deux derniers tours avec le seul Giacomo Nizzolo et ne reviendra jamais sur la tête de course.
Et, lorsqu’un nouveau coup est sorti à 93km de l’arrivée, c’est Valentin Madouas qui s’y est glissé. "On a senti que l'équipe de France voulait rendre la course très dure, très tôt, expliquait Evenepoel. On s'y attendait". Il faut dire que le plan de Thomas Voeckler était rodé depuis un long moment. "Ça fait onze mois que je sais comment on allait courir, racontait-il au micro de RMC. Il y a un mois et demi, j'étais en vacances et j'ai envoyé un message à Julian en lui disant 'Ecoute, il faut qu'on parle tactique, dis-moi comment tu envisages la course.' Il m’a renvoyé : 'voilà comment je vois la course avec tel mec’. Il manquait un mot ou deux, sinon on avait la même façon de courir en tête". Et il n’y était visiblement pas question d’attendre le final.

"Il fallait durcir la course au maximum pour avoir une chance"

On savait que Julian Alaphilippe allait sortir de sa boîte. C’était prévu. Mais sans doute pas aussi loin de l’arrivée. Car le Tricolore n’a pas attendu le final pour bouger, tentant sa chance à 57km de l’arrivée dans le Bekestraat, en deux temps. Deux premières offensives qui permettront de former le bon groupe de 17 coureurs qui se jouera la gagne. "J’ai fait la sélection et dans le final on était encore trois avec Valentin (Madouas) et Florian (Sénéchal)", expliquait d’ailleurs le désormais double champion du monde. Comme les Belges et les Italiens qui ont alors chacun sacrifié un coureur, respectivement Evenepoel et Bagioli. Pas les Bleus.
On n’a pas trop respecté le plan, mais ça a marché quand même
"Quand Julian est venu me voir à la voiture (à 37km de l’arrivée), il m’a demandé ce qu’il devait faire, racontait après l’arrivée Thomas Voeckler, au micro de France Télévisions. Je lui ai dit ‘Florian, c’est le sprint, il se démerde, Valentin il fait le job et toi tu cours à l’instinct’. Je lui ai dit de suivre les attaques et de contrer ensuite, mais il a fait exactement l’inverse. Il a attaqué plusieurs fois tout seul. Il m’a fait peur quand même, ce con…" Car il a tardé à réussir à s’isoler. Il est suivi dans sa première attaque dans le Wijnpers par Sonny Colbrelli. La deuxième fois, c’est Nelson Powless (Etats-Unis) et Giacomo Nizzolo (Italie) qui ont bouché le trou. Mais, la troisième fois, personne n’a pu prendre son sillage et plus personne ne l'a revu.

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"J’avais dit à Florian : ‘Économise-toi le plus possible, je vais voir ce qu’il se passe en essayant de créer du mouvement’, avouait Alaphilippe. Mais je n’imaginais pas faire un tour et demi tout seul… " Il y avait du beau monde pourtant derrière mais plus personne n’avait les jambes. La faute au travail de l’équipe de France depuis le départ, en surnombre dans le final. "Le final était très tactique, expliquait Mathieu Van der Poel. Les Français ont merveilleusement joué le coup". Un compliment complété par la juste analyse de Remco Evenepoel. "Julian (Alaphilippe) a adopté la bonne stratégie car il fallait piéger Wout en attaquant à plusieurs reprises, expliquait-il. L'équipe de France a fait ce qu'il fallait pour l'user". Même si tout ne s'est pas passé comme prévu.
Et ce n’est pas Julian Alapahilippe qui dira le contraire, lui qui s’est fendu au moment de célébrer avec Thomas Voeckler d’un "On n’a pas trop respecté le plan, mais ça a marché quand même". La réaction de son sélectionneur ("L’instinct") en dit finalement beaucoup sur la recette de la réussite de l’équipe de France depuis deux ans sur les Championnats du monde. Tout mettre en place pour Julian Alaphilippe, effectuer un travail extraordinaire collectivement avant la petite touche d’instinct "d’Alaf" pour faire la différence. Pour le plus grand bonheur des Bleus.

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