Il nous avait arraché des frissons à Imola en 2020, l'immensité de son cœur et de son talent ont bien failli faire naître des larmes ce dimanche à Louvain. Julian Alaphilippe est champion du monde pour la deuxième fois d'une carrière déjà fabuleuse. Comme l'année dernière, il a conclu, au terme d'une course somptueuse sur une terre sacrée du cyclisme, un travail fantastique d'une équipe de France à la hauteur d'un événement magnifique. Il avait juré que perdre le maillot serait un soulagement, Alaphilippe s'est offert au bout de la douleur une deuxième année de bonheur
Le succès d'Imola avait été acquis avec une seule balle dans le barillet, il a fait feu de tout bois en Belgique. Car le parcours belge ne présentait pas de côte, ni aussi dure, ni aussi longue, que son prédécesseur. Alors les Bleus ont dû rendre la course difficile pour tout le monde. De Benoît Cosnefroy à Valentin Madouas en passant par Clément Russo, Christophe Laporte, Arnaud Démare, Anthony Turgis, Florian Sénéchal et Rémi Cavagna, tous ont joué un rôle dans la symphonie française. Une partition que l'on a longtemps cru vouée à l'échec face à la solidité de l'équipe belge. Mais Alaphilippe est unique et désormais double champion du monde.
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Cosnefroy a été immense, les Bleus aussi

Si l'attaque décisive du leader tricolore a été placée à 17,5 kilomètres de l'arrivée, ce n'était pas la première fois qu'on le voyait se dresser sur les pédales pour faire mal aux autres. Par quatre fois déjà, il avait fait parler son punch. Les deux premières fois à 58 et 56 kilomètres de l'arrivée.
Ces accélérations n'étaient que la suite d'un long travail de harcèlement de l'équipe de France. Travail pris à bras le corps par un Benoît Cosnefroy déchaîné et qui, en partant à plus de 180 bornes du but avec Remco Evenepoel, a longtemps forcé l'Italie à travailler. Travail qui a usé les organismes sur un parcours semé d'embûches.

Irrésistible Alaphilippe : Revivez son attaque décisive à 17km de l'arrivée

Les premières banderilles d'Alaphilippe ont permis de faire le tri entre ceux qui étaient dignes du maillot champion du monde et ceux qui ne l'étaient pas ce dimanche. Wout Van Aert, Mathieu van der Poel, Sonny Colbrelli, Michaël Valgren ou encore Florian Sénéchal faisaient partie des élus possibles. Mais de véritable élu, il n'y en avait qu'un. Et si tous les titres de champion du monde sont mérités, celui de Julian Alaphilippe l'est sans doute un peu plus que les autres.

Et Alaphilippe est sorti de sa boîte : L'attaque qui a obligé les favoris à se montrer

Enterrement de première classe pour Van Aert et Van der Poel

Quand il a accéléré une nouvelle fois à 21,5 kilomètres, on s'est dit qu'il n'avait pas d'autre choix, que celui-là, pour gagner. Mais ce n'était pas encore la bonne. Celle-ci est venue quatre bornes plus loin quand les jambes des autres brûlaient encore un peu plus.
Il a d'abord été question d'une avance d'une dizaine de secondes, puis un peu plus quand un groupe de quatre, Dylan Van Baarle (finalement 2e), Michael Valgren (3e sur la ligne), Jasper Stuyven et Nelson Powless s'est lancé à sa poursuite. Plus loin, Van Aert, Van der Poel et Colbrelli s'enterraient. Et le rêve est devenu réalité à mesure que la ligne s'approchait.
A Imola, Julian Alaphilippe avait pensé à son père, décédé quelques mois plus tôt. On ne sait pas, il le dira peut-être, ce qui a traversé son esprit cette fois mais il a, comme sur la 1re étape du Tour de France, porté le pouce à la bouche. Une image pour Nino, son fils né quelques jours avant le départ de la Grande Boucle. Le petit n'avait pas vu son père remporter le Championnat du monde en 2020. Alors Alaphilippe l'a refait. Tout simplement.
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