Ils sont tous là, ou presque. Wout van Aert, Mathieu van der Poel, Julian Alaphilippe, Primoz Roglic, Tadej Pogacar. Et même Peter Sagan, dont les résultats ne sont certes plus proportionnels à l’aura. Seul Egan Bernal manque à l’appel parmi les ténors de la planète vélo, dans la force de l’âge, au départ de la course en ligne des championnats du monde ce dimanche. Et même s’il a prouvé qu’il n’était pas (uniquement) un spécialiste des épreuves de trois semaines, le Colombien n’est pas celui dont on attend le plus sur les courses d’un jour. Le casting est cinq étoiles, et ce n’est pas si fréquent.
Prenez l’an passé. Pas de Mathieu van der Poel. En 2019 ? Pas de Wout van Aert (certes "seulement" star montante du cyclisme sur route à l’époque). En 2018 ? Pas de Geraint Thomas ni de Chris Froome, sur un parcours pourtant susceptible de plaire aux grimpeurs. Le cru 2021 se démarque ainsi par sa liste d’engagés. Mais sans pour autant que ce soit le jour et la nuit, par rapport à ses prédécesseurs. Qui dit Mondiaux dit beau plateau. Si l’excitation est particulière, ce week-end en Belgique, c’est aussi parce que l’on peut espérer de chaque cador qu’il soit protagoniste de la course à l’arc-en-ciel.
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Un cyclisme moins segmenté

L’hyperspécialisation du vélo a du plomb dans l’aile. La tendance est, de nouveau, à la polyvalence. Il n’y a qu’à repenser au sprint pour la médaille d’argent, cet été lors des Jeux Olympique de Tokyo. Wout van Aert vs Tadej Pogacar. Combat déséquilibré ? Pas tant que cela, le Belge a battu d’un cheveu le Slovène, double vainqueur du Tour de France. Mais celui-ci a une nouvelle fois prouvé qu’il savait tout faire. Quant à son compatriote Primoz Roglic, il est toujours aussi réputé pour son punch, et il y allie un nouveau mantra - "sans risque, pas de gloire" -, qui laisse à penser qu’il pourrait décanter l’épreuve.
Si on rembobine jusqu’au début de saison, Alaphilippe, dans sa tunique irisée, Van Aert et Van der Poel ont d’abord vu Pogacar (et Bernal) les chatouiller sur leur terrain, lors des Strade Bianche. Puis "WVA" a à son tour bousculé le prodige d’UAE Emirates sur le sien, lors de Tirreno-Adriatico. Le cyclisme n’a pas cassé toutes ses barrières. Les cases "grimpeur", "rouleur" ou autre "sprinteur" abritent encore des coureurs, et elles le feront sans doute toujours. Mais être un champion dans ce sport, c’est être un champion absolu, et cette réalité un temps mise à mal redevient prégnante.

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Un parcours propice au spectacle ?

Reste que le tracé compte, dans l’optique d’assister à un grand spectacle. Les coureurs font la course, mais la matière première dont ils disposent n’est pas à négliger. En Flandre ce dimanche, deux boucles sont au programme, à parcourir plusieurs fois chacune : le circuit local de Louvain et un circuit dit "flandrien". Au menu : des monts pavés et des côtes au revêtement moins sélectif, pour un total de 42 ascensions.
Tout le monde n’y trouvera pas son compte. Les adeptes des efforts courts et intenses étant privilégiés, en l’absence de longue montée. La distance de l’épreuve (268,3 km) et son dénivelé positif (2562 m) - certes modeste ramené à cette distance -, joueront en faveur d’un écrémage plus ou moins important. Cyclisme décomplexé ou pas, l’hypothèse d’une course d’usure sans rebondissement qui trouve son épilogue dans un sprint en moyen comité n’est pas à exclure.

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Quelle grosse cylindrée pour cadenasser ?

Ceci-dit, quelles formations s'y retrouveraient ? L’Italie de Sonny Colbrelli, Matteo Trentin ou autre Giacomo Nizzolo ? Peut-être… mais elle aura du mal à assumer tout le poids de la course et elle sera peut-être plutôt tentée de placer un de ses pions à l’avant. La Belgique et la France auraient tort de s’en priver, tant leurs deuxièmes options (voire options "un bis", concernant Remco Evenepoel et Florian Sénéchal notamment), ont de solides arguments à faire valoir. A moins que les Belges ne voient en Van Aert un leader unique et favorisé par un scénario sans soubresaut.
Outre Mathieu van der Poel et ses lieutenants néerlandais, l’escouade la plus rassurante, aux yeux de ceux qui espèrent suivre la course en intégralité sans piquer du nez, est sans doute le Danemark de Kasper Asgreen, Magnus Cort Nielsen, Michael Valgren, Mads Pedersen ou encore Mikkel Honoré. Une équipe qui ne présente pas les noms les plus ronflants. Mais c’est peut-être de sa pléiade d’outsiders que viendra l’étincelle nécessaire à tout feu d’artifice.

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