Remco Evenepoel
Pays : BelgiqueÂge : 23 ansSa saison : Vainqueur de Liège-Bastogne-Liège, de la Clasica San Sebastian, de l’UAE Tour, de deux étapes sur le Tour d’Italie et du championnat de Belgique, 2e du Tour de Catalogne, 3e du Tour de Suisse4e participationMeilleur résultat : Vainqueur en 2022Côte : *****
Tenant du titre, Remco
Evenepoel s’avance comme le grand favori à sa propre succession. Il faut dire que, pour le moment, le Belge est dans la droite ligne de sa saison 2022 qui l’avait vu remporter Liège-Klasikoa-Vuelta-Mondiaux. Vainqueur il y a tout juste une semaine de la classique basque, le coureur de la Soudal-Quick Step est en pleine confiance et sort d’un stage en altitude qui l’a souvent mis en grande forme pour l’été.
Si le circuit n’est pas "taillé" pour ses qualités, avec ses courtes bosses et ses multiples virages, il favorise les coureurs qui osent de loin, dont fait partie Evenepoel. Désormais capable de s’imposer au sprint, le Belge a ajouté une nouvelle corde à son arc, et les conditions usantes de ce Mondial 2023 lui vont à merveille. La principale difficulté pour lui résidera dans la capacité de la Belgique a bien jouer les coups, ce qui leur avait coûté cher en 2021, et à ne pas trop s’user à rester placé une fois dans Glasgow. A moins qu’il ne bouge très tôt.
Evenepoel intouchable, Alaphilippe déchu : le résumé des Mondiaux en vidéo
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Mathieu van der Poel
Pays : Pays-BasÂge : 28 ansSa saison : Vainqueur de Milan-SanRemo, de Paris-Roubaix et du Tour de Belgique, 2e du Tour des Flandres et de l’E3 Saxo Classic4e participationMeilleur résultat : 8e en 2021Côte : ****
A l’aube du Tour de France, Mathieu van der Poel s’avançait comme le grand favori de ces Mondiaux à Glasgow, après un printemps tonitruant. Le circuit écossais, avec ses nombreuses relances et favorables aux démarrages dévastateurs du Néerlandais, semblait destiné à sacrer le petit-fils de Raymond Poulidor. Mais la grande messe de juillet a tout remis en question. Sans jambes sur les routes de la Grande Boucle, malgré un bon travail comme poisson-pilote de Jasper Philipsen, la star néerlandaise n’a pas rassuré.
Se préparait-il seulement pour les Mondiaux ? C’est une possibilité. Et c’est pourquoi on se gardera bien d’écarter Van der Poel de la liste des grands favoris. D’autant qu’il aura sûrement à cœur de vaincre ses démons de Grande-Bretagne, lui qui a été battu au sprint par Matteo Trentin à … Glasgow pour le titre européen en 2018 avant de faire une feuille l’année suivante à Harrogate, alors qu’il semblait filer vers le titre mondial. Avec les conditions annoncées, gare à éviter pareil écueil.
Wout van Aert (28 ans, Belgique)
Pays : BelgiqueÂge : 28 ansSa saison : Vainqueur de l’E3 Saxo Classic et du championnat de Belgique du chrono, 2e de Gent-Wevelgem, 3e de Paris-Roubaix et Milan-SanRemo, 4e du Tour des Flandres4e participationMeilleur résultat : 2e en 2020Côte : ****
Encore une fois exceptionnel en termes de niveau et de régularité cette saison, Wout van Aert aborde pourtant ces Mondiaux estivaux avec seulement une victoire en ligne au compteur, son plus petit total depuis 2018, lorsqu’il évoluait encore chez Vérandas Willems-Crelan. A l’image de ses nombreux rendez-vous manqués aux Mondiaux, il manque souvent un tout petit quelque chose au Belge pour la mettre au fond. La naissance de son enfant sera-t-il le boost de réussite qui manquait à Van Aert ?
S’il estime "en forme", attention toutefois à ne pas manquer de caisse, lui qui a si souvent cédé dans le final des courses usantes. Comme Evenepoel, lui aussi devra espérer une stratégie de la Belgique qui lui soit favorable, que ce soit en attaquant ou dans un sprint en petit comité. Le tracé dans Glasgow semble taillé pour ses qualités, comme 99% des courses, avec de nombreuses relances dignes d’un cyclo-cross. Mais un cyclo-cross de 7 heures, ce qui change tout.
Wout Van Aert abattu à l'arrivée des Mondiaux 2021 de Louvain
Crédit: Getty Images
Mads Pedersen
Pays : DanemarkÂge : 27 ansSa saison : Vainqueur d’étape sur le Tour de France, sur le Tour d’Italie, sur Paris-Nice et sur l’Etoile de Bessèges, 3e du Tour des Flandres, 4e de Paris-Roubaix et 6e de Milan-SanRemo4e participationMeilleur résultat : Vainqueur en 2019Côte : ****
Qui dit Championnat du monde en Grande-Bretagne dit forcément Mads Pedersen. Révélé lors des Mondiaux d’Harrogate en 2019, le Danois a depuis largement confirmé tout son talent et fait désormais partie des meilleurs coureurs du monde. Excellent "classicman", capable de répéter les efforts, de passer les bosses et d’anticiper loin de l’arrivée, comme de gagner au sprint, le coureur de la Lidl-Trek est l’archétype du favori sur un circuit comme celui de Glasgow.
Brillant sur les routes du Tour de France, Pedersen a semblé finir juillet moins fatigué que la plupart des coureurs de son profil, malgré sa participation en mai au Tour d’Italie. Les averses craintes dimanche ne sont pas pour lui déplaire, lui qui avait été sacré sous la pluie en 2019. Il pourra compter sur une équipe danoise exceptionnelle, avec Kasper Asgreen en co-leader mais aussi Mattias Skjelmose, Soren Kragh Andersen, Mikkel Honoré, Mikkel Bjerg et Magnus Cort. De quoi tenter de renouer avec l’arc-en-ciel.
Tadej Pogacar
Pays : SlovénieÂge : 24 ansSa saison : Vainqueur du Tour des Flandres, de l’Amstel Gold Race, de la Flèche Wallonne, de Paris-Nice (+ 3 étapes), du Tour d’Andalousie (+ 3 étapes), de la Jaen Paraiso et des championnats de Slovénie (en ligne et chrono), 2e du Tour de France (+ 2 étapes), 4e de Milan-SanRemo5e participationMeilleur résultat : 18e en 2019Côte : ****
Sa chute sur Liège-Bastogne-Liège restera comme l’un des grands - "what if" (Et si ?) - de cette saison 2023. Toujours est-il que le Slovène réussit une nouvelle saison d’exception et que son niveau sur la Grande Boucle, bien que perdue face à Jonas Vingegaard, a rassuré sur sa condition. Comme très souvent avec un coureur aussi polyvalent, le circuit de Glasgow lui correspond. Encore plus s’il venait à pleuvoir, des conditions que Pogacar adore et dans lesquelles il est souvent intouchable. Mais le Slovène risque de se sentir bien seul dans le final en l’absence de Primoz Roglic et Matej Mohoric, et il n’a encore jamais réussi aux Mondiaux. Il devra aussi ne pas s’éparpiller, lui qui a parfois tendance à en faire trop. Sa pointe de vitesse peut en plus lui permettre de s’imposer en cas d’arrivée en petit comité.
Fritsch : "Van der Poel et Evenepoel sont uniques, Van Aert et Pogacar sont exceptionnels"
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Christophe Laporte
Pays : FranceÂge : 30 ansSa saison : Vainqueur de Gent-Wevelgem, d’A Travers la Flandre et deux étapes du Critérium du Dauphiné, 3e de l’Het Nieuwsblad, 10e de Paris-Roubaix5e participationMeilleur résultat : 2e en 2022Côte : ***
Et si c’était son jour ? A 30 ans, Christophe Laporte est dans la forme de sa vie. Jamais il n’a paru si fort, si sûr de lui ou si complet. Capable d’essorer le peloton en montagne, de gagner au sprint et des classiques pavées, le Français a passé un cap en 2023 et il sera la meilleure chance tricolore à Glasgow. Ni trop dur, ni trop simple, le circuit n’est pas pour lui déplaire. Mais la force collective et une tactique offensive des Bleus pourraient le piéger. Il semble toutefois improbable de le voir exploser et, en cas de regroupement, sa pointe de vitesse, comme sa capacité à sortir dans Montrose Street, à 1,5km de l’arrivée, en fera une arme redoutable. Il a déjà prouvé l’an passé qu’il savait se montrer patient pour sortir de sa boîte au bon moment. Mais il devra se méfier des chutes, lui qui manque parfois de réussite dans les moments-clés.
Laporte en argent, les Français sauvent la mise : revivez le sprint du peloton en vidéo
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Michal Kwiatkowski
Pays : PologneÂge : 33 ansSa saison : Vainqueur de la 13e étape du Tour de France et du contre-la-montre du championnat de Pologne, 3e du Tour de Pologne9e participationMeilleur résultat : Vainqueur en 2014Côte : ***
Michal Kwiatkowski est immortel. Depuis son arrivée chez Ineos Grenadiers (à l'époque Team Sky), le Polonais a bien souvent délaissé le rôle de leader mais il reste un redoutable chasseur de courses d’un jour. Champion du monde il y a désormais neuf ans sur un circuit hautement plus dur, mais possiblement tout autant pluvieux, Kwiatkowski est un homme de grands rendez-vous. Ces trois derniers succès ? Deux étapes du Tour et l’Amstel Gold Race l’an dernier. L'Amstel est une course sinueuse, qui monte et qui descend sans cesse, comme ces Mondiaux 2023. S’il devra jouer tout seul (il n’a aucun équipier), le Polonais a l’expérience pour. Et la dernière fois qu’il a gagné sur le Tour, il avait fini 4e des Mondiaux une semaine plus tard. Alors méfiance…
La désillusion pour Cosnefroy, la victoire de Kwiatkowski : le résumé de l'Amstel Gold Race
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Dylan van Baarle
Pays : Pays-BasÂge : 31 ansSa saison : Vainqueur de l’Het Nieuwsblad et de la course en ligne du championnat des Pays-Bas8e participationMeilleur résultat : 2e en 2021Côte : ***
Jamais aussi fort que quand on ne l’attend pas vraiment, Dylan van Baarle est dans une situation quasi idéale. Dans l’ombre de la superstar néerlandaise Mathieu van der Poel, le coureur de la Jumbo-Visma n’a aucune pression et toute liberté pour anticiper et partir de loin, ce qu’il aime faire.
C’est ainsi qu’il avait piégé les favoris (et son leader) sur l’Het Nieuwsblad en début de saison, mais aussi qu’il avait surpris tout le monde sur Paris-Roubaix l’an dernier. Il avait aussi profité du marquage sur Van der Poel pour décrocher l’argent sur les Mondiaux 2021. Très à l’aise sous la pluie, en grande forme sur le Tour de France, on devrait le retrouver à l’avant loin du but. Et si personne ne veut rouler derrière…
Gilbert sur la moto, des chutes, Van Baarle en mode patron : le résumé de la course
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Matteo Trentin
Pays : ItalieÂge : 34 ansSa saison : 10e du Tour des Flandres, 19e de Paris-Roubaix et de Milan-SanRemo8e participationMeilleur résultat : 2e en 2019Côte : ***
Peut-il réussir le doublé, cinq ans après ? Sacré à Glasgow sur pratiquement le même circuit lors des Championnats d’Europe 2018, Matteo Trentin fait - quasi - office de local des lieux. Si la densité mondiale n’est pas la même, l’Italien avait quand même dominé au sprint deux des favoris de ces Mondiaux 2023, Mathieu van der Poel et Wout van Aert. Toujours présent sur les courses longues et usantes, en bonne condition à la sortie du Tour à l’image de sa 4e place sur le Circuit de Getxo, Trentin adore également les conditions pluvieuses, dans lesquelles il avait failli décrocher le Graal mondial en 2019. Déjà en Grande-Bretagne.
Mais aussi…
Sur un circuit aussi ouvert et indécis, difficile de sortir un type de coureur. Si la temporisation est maximale, une arrivée au sprint en plus ou moins petit comité pourrait sourire à Jasper Philipsen. Le Belge, incontestable meilleur sprinter du monde, a aussi prouvé qu’il pouvait être acteur avant un emballage massif, qu’espèrent aussi Alexander Kristoff (Norvège) ou Corbin Strong (Nouvelle-Zélande), parmi les sprinters qui passent bien les bosses. Spécialiste des Mondiaux mais à la forme incertaine, Michael Matthews (Australie) voudra lui d’un groupe plus restreint, tout comme Alex Aranburu (Espagne), sorti en excellente condition du Tour (7e de la Klasikoa).
En revanche, Neilson Powless (Etats-Unis) devra tenter sa chance de loin pour espérer un bon résultat comme en 2021 (4e), à l’instar de Kasper Asgreen (Danemark), Stefan Küng (Suisse), Alberto Bettiol (Espagne), Ben Healy (Irlande) ou Marc Hirschi (Suisse). S’il est équipier au départ, Jasper Stuyven (Belgique) pourrait avoir sa carte s’il prend le bon coup. Enfin, même si sa forme sur le Tour était décevante, difficile d’oublier le double champion du monde Julian Alaphilippe (France). Dans un grand jour, il faudra évidemment compter sur lui.
Julian Alaphilippe - Mondiaux 2022
Crédit: Imago