Mondiaux sur route I Pogacar, van der Poel, Evenepoel : Le combat des chefs
Par Vincent Bregevin
Mis à jour 29/09/2024 à 09:04 GMT+2
C'est l'un des gros temps forts de la saison. La course en ligne des Mondiaux sur route, dimanche entre Winterthur et Zürich, mettra aux prises les trois hommes forts de la saison : Tadej Pogacar, Remco Evenepoel et Mathieu van der Poel. Un trio de favoris sur un tracé propice à une bataille rêvée pour le maillot arc-en-ciel si convoité. Même si une surprise n'est pas totalement à exclure.
Le scénario de Fritsch : "Pogacar attaque dans le raidard, Van der Poel le suit…"
Video credit: Eurosport
Il ne faudra manquer ça sous aucun prétexte. Le contexte unique d'un championnat du monde. Un parcours long et exigeant qui promet une course passionnante. Mais surtout un trio de rêve pour l'animer et tenir tout le monde en haleine jusqu'à la ligne d'arrivée. Que Tadej Pogacar, Mathieu van der Poel et Remco Evenepoel soient tous les trois alignés au départ d'une épreuve suffit déjà à en faire un blockbuster. Mais avec le maillot arc-en ciel comme enjeu, cela prend encore une autre dimension.
"Les Mondiaux, c'est la plus belle course, estime Jacky Durand, vainqueur du Tour des Flandres en 1992 et consultant pour Eurosport. Là on a ce qui se fait de mieux sur la planète cyclisme pour le plus beau des maillots. Pogacar a été énorme sur le Tour, le Giro et d'autres classiques. Evenepoel a déjà été champion du monde dans les catégories de jeunes, c'est une machine. Puis on a Van der Poel, qui sait se fixer des objectifs à chaque fois et répondre présent. Pour moi il y a quatre grands dans le cyclisme mondial : Pogacar, Evenepoel, van der Poel et van Aert (absent sur blessure, NDLR)."
"Pogacar est capable de débrancher"
Difficile de sortir un favori de ce trio royal. Même si le nom de Pogacar vient forcément à l'esprit, tant le Slovène a prouvé sa capacité à écraser la concurrence sur tous les terrains, les courses à étapes (Tour, Giro), comme celles d'un jour (Strade Bianche, Liège-Bastogne-Liège, GP de Montréal). "Pogacar est celui qui fait la meilleure saison, juge Jacky Durand, conscient de son histoire contrariée avec les Mondiaux jusqu'ici. Il est capable de débrancher. S'il y a un petit doute, il peut lâcher plus facilement dans la tête que les autres. Mais sinon, tout le monde sait ce qu'il va faire et pourtant personne n'arrive à le suivre." Lui trouver un rival dans ces conditions relève déjà de l'exploit.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2024/09/27/image-a5fdca7d-da7e-48d9-b16b-ade87288de7a-85-2560-1440.jpeg)
Tadej Pogacar, Remco Evenepoel et Mathieu van der Poel : un trio royal pour le maillot arc-en-ciel sur la course en ligne des Mondiaux
Crédit: Quentin Guichard
Cela en dit justement très long sur le niveau de van der Poel et d'Evenepoel. Des deux, le Néerlandais est certainement celui qui s'avance avec le moins de certitudes, dans le sens où ses principaux faits d'armes remontent au printemps avec son fabuleux doublé Tour des Flandres – Paris-Roubaix. Mais cela ne le rend que plus redoutable. "Van der Poel, quand on regarde ses résultats, il est capable du meilleur comme du pire, analyse Jacky Durand. Mais le pire, il n'y en a pas beaucoup. Il se donne moins d'objectifs, mais quand il y en a un il est là et il sera là quand on voit les sacrifices qu'il a fait pour les Mondiaux. Il a perdu du poids pour pouvoir suivre Pogacar, ça montre sa détermination."
"Evenepoel, c'est le plus doué"
Celle d'Evenepoel n'est plus à prouver. Le Belge est un talent unique, illustré par un doublé olympique dont la signification est encore plus large. "Pour moi c'est le plus doué de tous, reconnaît Jacky Durand. Mais l'équation est simple : s'il veut être champion du monde, il doit arriver seul. S'il arrive avec Van der Poel et Pogacar, il fera trois. La question c'est ça, est-ce qu'il est capable de lâcher Pogacar et Van der Poel à la pédale. Mais je pense qu'il en est capable quand on voit ce qu'il a fait aux JO une semaine seulement après trois semaines de Tour de France. C'est un exploit, ça montre qu'il récupère très bien, qu'il n'est pas fait du même bois. C'est un surdoué du vélo. Il a encore quelques lacunes, mais il peut franchir une étape supplémentaire en devenant champion du monde."
/origin-imgresizer.eurosport.com/2024/09/22/4043573-82009108-2560-1440.jpg)
Ganna a tout tenté mais le plus fort, c'est toujours Evenepoel : sa victoire en vidéo
Video credit: Eurosport
Chacun des trois ténors a ses arguments dans la lutte pour le maillot arc-en-ciel. Dompter le tracé sur un circuit entre Wintertuhr et Zürich sera un impératif dans ce contexte. Même si, malgré sa longueurs (274 kilomètres) et son dénivelé (4000 m), il ne sera pas forcément décisif. "Personne n'est handicapé par le tracé, annonce Jacky Durand. Peut-être Pogacar, car les ascensions sont pentues mais pas assez longues. Il aurait peut-être aimé des ascensions un ou deux kilomètres plus longues, là il y a une succession de côtes mais l'effort n'est jamais très long. C'est plus un circuit de puncheur. Sur des Mondiaux, il n'y a pas de surprise. On retrouvera les hommes forts de l'année dans le final."
A trois sous la flamme rouge, "le scénario rêvé"
Le décor est planté. Mais une surprise n'est pas impossible. Le nom de Marc Hirschi est ainsi souvent cité pour venir s'immiscer dans ce combat des chefs. "Hirschi, c'est un peu l'électron libre, un peu celui qui peut redistribuer les cartes, confirme Jacky Durand. Il a une belle pointe de vitesse, il est en condition, il est à domicile. Mais l'effet de surprise... je pense que Van der Poel, Pogacar et Evenepoel le mettent parmi les favoris. Il n'a pas le même palmarès, mais ils savent que battre Hirschi s'il arrive avec eux, ça peut être compliqué. Mais je reste persuadé qu'il est en-dessous, que c'est surtout un outsider."
Alors, ils ne seront peut-être plus que trois à la flamme rouge pour se jouer le maillot arc-en-ciel. C'est un peu le fantasme de ces Mondiaux, en attendant d'en consacrer le vainqueur. "Evenepoel, prédit Jacky Durand. Evidemment, je prends des risques. Mais je pense que s'ils arrivent tous les trois ensemble, il y aura un marquage entre Van der Poel et Pogacar parce qu'ils se savent les plus rapides. Imaginez les trois coureurs à la flamme rouge, Evenepoel qui part et les deux autres qui se regardent pour se jouer la médaille d'argent. C'est le scénario rêvé." Il appartiendra à van der Poel et Pogacar d'en dessiner un autre. Mais quel qu'il soit, on salive d'avance devant ce combat des chefs.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité