Tadej Pogacar, champion du monde : Pas le plus grand mais peut-être le plus beau
Eurosport sur GoogleEn remportant dimanche le premier championnat du monde de sa carrière, Tadej Pogacar a mis un sacré point d'exclamation sur une saison déjà exceptionnelle. En complétant sa trilogie Giro-Tour-Mondiaux, il a une nouvelle fois marqué l'histoire et relancé un débat perdu d'avance face à Eddy Merckx. Il n'en a pas moins des arguments dont le panache qui le caractérise.
Pogacar intenable, Alaphilippe maudit : les temps forts de la course en ligne
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Tadej Pogacar est un magicien capable de toutes sortes de tours. Dimanche après-midi, il a ensorcelé les Mondiaux pour s'offrir un titre qui manquait à un palmarès dont on a de plus en plus de mal à voir les trous et voilà que dans la foulée, il parvient à faire dire à l'immense Eddy Merckx, montagne de victoires et d'ego, qu'il est plus grand que lui. Il a peut-être trouvé là le plus bel accomplissement d'une carrière qui restera dans l'histoire. Plus encore que ses succès et leur prestige, c'est avec sa manière qu'il écrit sa légende.
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Il la voulait plus que les autres : l'arrivée triomphale de Pogacar nouveau champion du monde
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"C'est évident qu'il est maintenant au-dessus de moi, a concédé le plus grand cycliste de l'histoire à L'Équipe. Je le pensais déjà un peu au fond de moi-même quand j'avais vu ce qu'il avait fait sur le dernier Tour de France mais, ce soir, il n'y a pas de doute". Il n'y aurait pas le moindre petit soupçon d'incertitude entre l'homme au demi-millier de victoires, dont cinq Tours de France, autant de Giro, onze grands tours au total et pas moins de 19 Monuments et le Slovène ?
23 victoires, deux au sprint seulement
Merckx lui-même cèderait-il à la culture de l'instant, à la tornade longue de 100 kilomètres qui a emporté Zurich et les championnats du monde dimanche ? A cette impression d'inéluctable même quand le projet paraît si fou qu'il en devient risible ? Remco Evenepoel et les Belges ont été piégés par Tadej Pogacar dimanche mais Mathieu Van der Poel a jugé l'entreprise impossible, pensant qu'il reverrait son ami slovène avant la ligne et surtout avant de devoir lui adresser de sincères félicitations teintées d'une révérence face à l'exploit.
C'est que Pogacar ne se contente pas de gagner, il écrase. On ne devrait même plus se demander s'il va l'emporter mais comment. Sur ses 23 victoires de 2024 (avant une 24e et une 25e pour finir en Lombardie ?), 18 l'ont été sur des courses en ligne (moins les chronos et les classements généraux). Deux fois seulement, il a été contraint de sprinter pour gagner. Sa saison eut déjà été fantastique avec de simples succès sur les Strade Bianche, Liège-Bastogne-Liège, le Giro, le Tour et les Mondiaux. Dans son cas, cette litanie souffrirait si l'on omettait d'ajouter au "quoi", le "comment".
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"C'était suicidaire de la part de Pogacar de partir à 100 km de l'arrivée"
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Quatre-vingt-un kilomètres sur les Strade, 34 à Liège ou à Bassano del Grappa (20e étape du Giro), 19 par-delà le Galibier sur le Tour, ses solos resteront autant dans les mémoires que ses bouquets. Dimanche, il a été seul pendant une cinquantaine de kilomètres - seulement serait-on tenté d'ajouter puisque c'est de lui dont on parle - mais il a déclenché les hostilités à 100 bornes du but, de ce maillot de champion du monde dont il rêvait tant, ce qui ne l'a pas empêché de faire quelque chose de "stupide", au risque de le perdre.
Il a atteint tous ses objectifs
C'est évidemment ça qui le caractérise, qui le démarque. Dimanche, il était question de combats des chefs, d'un affrontement ultime, d'un feu d'artifice attendu, de tactique. Tant de choses qui amusent les suiveurs avant une course par définition incertaine… à l'exception de celles où Tadej Pogacar est présent. Le Slovène a atteint tous ses objectifs cette saison. Loin d'être petit joueur, "Pogi" n'avait pas un ciblé un grand tour, un Monument ou les championnats du monde mais tout ça à la fois.
Dans un cyclisme toujours plus millimétré dans l'approche, toujours plus scientifique et dans une ère que l'on estime glorieuse, sa domination n'en devient que plus impressionnante encore. Plus qu'à la culture de l'instant, qu'il n'a jamais embrassée, c'est sans doute à ça dont fait référence Eddy Merckx, qui conserve au moins cinq six, sept, huit, neuf ou dix longueurs d'avance sur "Pogi".
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C'est plus fort que lui : Pogacar attaque à... 100 km de l'arrivée
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Lui dominait autant, et même plus, son époque et son palmarès ne manque ni de quantité, ni de qualité. Merckx l'a-t-il oublié sur l'autel des années qui passent et des images qui manquent ? Quand "Pogi" fait ce qu'il fait en 2024, on peut disséquer chacun de ses coups de pédale. Longtemps après lui, le Slovène est bien le lointain héritier du Belge. Comme lui, ses succès ont un sceau, une marque, celle de l'unique Pogacar.
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