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Voeckler, quel savoir-faire!

Voeckler, quel savoir-faire!
Par Eurosport

Le 09/03/2011 à 11:38Mis à jour Le 09/03/2011 à 20:27

Comme souvent, Thomas Voeckler a pris la bonne échappée mercredi lors de la 4e étape de Paris-Nice. Et comme souvent quand l'échappée va au bout, le champion de France s'est imposé. Le leader d'Europcar a devancé Rémi Pauriol et Thomas De Gendt, qui reprend le maillot jaune de leader.

On ne le dira jamais assez mais dans son registre, Thomas Voeckler est un des meilleurs coureurs du monde. Il n'a pas la vitesse d'un Cavendish, la puissance d'un Cancellara ou l'aisance d'un Contador. Il ne grimpe pas, ne sprinte pas, ne roule pas. Mais dans le style attaquant-baroudeur, le protégé de Jean-René Bernaudeau est numéro un mondial. Il l'a encore prouvé mercredi sur la route de Belleville. Sur le terrain escarpé des coteaux du Beaujolais, avec pas moins de sept difficultés au programme (toutes en 3e et 2e catégorie), le champion de France a trouvé un terrain de jeu idéal pour lui. C'était sa chance et il a encore su la saisir pour remporter cette étape, signant sa première victoire sur Paris-Nice.

Pour gagner, Voeckler s'est appuyé sur son savoir-faire, sa science de la course. D'abord en se glissant dans la bonne échappée. Ensuite en profitant des circonstances dans le final. Parmi ses compagnons d'échappée figurait en effet Thomas De Gendt. Le Belge de l'équipe Vacansoleil a accompli l'essentiel du travail dans les 30 derniers kilomètres, pour maintenir le peloton à distance. Deuxième du général au départ de Crêches-sur-Saône, De Gendt s'est désintéressé du gain de l'étape. Il s'est déjà imposé à Houdan dimanche, et c'est le général qu'il avait en tête. Après avoir pris six secondes de bonification lors des deux sprints intermédiaires, le jeune Flamand savait que le maillot jaune l'attendait à l'arrivée si le peloton ne revenait pas. Il a donc roulé à bloc. Voeckler, lui, a tiré la langue sur les relais monstrueux de De Gendt, mais ces coups de boutoir servaient ses intérêts, il le savait.

Les Thomas mieux que les Rémi

C'était donc la journée des Thomas, pas celle des Rémi. Si Voeckler a eu l'étape et De Gendt le jaune, Rémi Pauriol et Rémi Di Gregorio, également présents dans l'échappée, peuvent nourrir des regrets. Le nouveau et l'ex membre de la FDJ sont restés un peu court. Certes, Pauriol, qui a franchi six des sept ascensions du jour en tête, hérite du maillot de meilleur grimpeur. Mais il n'a rien pu faire lorsque Voeckler a giclé à 250 mètres de l'arrivée dans le sprint. Le dernier membre de l'échappée initiale, qui s'était formée dès le 12e kilomètre, Francis De Greef (Omega), n'a pas tenu jusqu'au bout. Epuisé, il a lâché prise à moins de 20 kilomètres de Belleville.

Il est vrai que la journée a été éreintante. Prise une par une, chaque difficulté n'avait rien d'insurmontable, mais leur enchainement a fini par user les organismes. Le peloton a ainsi perdu un tiers de ses membres dans l'avant-dernière ascension, le col du Fut d'Avenas. Quant au vainqueur de la veille, Matthew Goss (HTC High Road), qui espérait encore sauver son maillot jaune, on l'a vu errer en queue de peloton dans les 25 derniers kilomètres, au bord de la rupture. Si les grands favoris de ce Paris-Nice sont restés au chaud, il n'est pas impossible que les efforts consentis mercredi se paient dans les jours à venir.

Jeudi, c'est un autre Paris-Nice qui débute avec l'entrée dans le Morvan et le terrible col de la Mure (1re catégorie) en fin d'étape. Puis, le lendemain, ce sera le fameux contre-la-montre d'Aix-en-Provence, long de 27 kilomètres. Cette 69e édition ne fait que commencer. Pour beaucoup, on pense notamment aux sprinters, elle est déjà terminée vu le profil des quatre derniers jours. Pour d'autres, elle est déjà une grande réussite. C'est le cas des deux Thomas, De Gendt et Voeckler, qui se suivent dans cet ordre désormais au général. Jeudi soir, ils seront peut-être loin. Mais peu importe. Ils ont déjà largement rempli leur contrat.

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