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Bernal, roi soleil

Bernal, roi soleil

Le 17/03/2019 à 16:48Mis à jour Le 17/03/2019 à 18:40

PARIS-NICE - Egan Bernal avait pris les commandes samedi. Il le ne les a pas lâchées dimanche. Le Colombien de la Sky a remporté la course au soleil au terme d'une 8e étape qui est revenue à Ion Izaguirre (Astana). Nairo Quintana, qui a tenté de faire vaciller son compatriote, termine deuxième.

La Sky a tremblé mais la Sky a tenu bon. Mis en danger par une offensive lointaine et magnifique de Nairo Quintana (Movistar), longtemps maillot jaune virtuel, Egan Bernal a parfaitement géré son affaire avec ses équipiers pour conserver sa tunique de leader et remporter ce Paris-Nice 2019. Le Colombien devance finalement Quintana de 39’’ et son coéquipier chez Sky Michal Kwiatkowski de 1’03’’. Premier Français, Romain Bardet prend la 5e place finale. C’est l’Espagnol Ion Izagirre (Astana) qui a remporté cette 8e et dernière étape.

Quintana offensif comme jamais

La Movistar a bien cru réussir de nouveau son coup de poker. Un an après la victoire finale de Marc Soler grâce à une offensive lointaine dans la dernière étape, la formation espagnole a remis ça ce dimanche. Sur les mêmes 110 kilomètres qu’en 2018, la Movistar a eu le mérite de tout tenter. Après avoir placé trois hommes dans la grosse échappée du jour (37 coureurs dont Zakarin, 8e du général), la formation espagnole a lancé les grandes manœuvres à quasi 50 kilomètres de l’arrivée.

Vidéo - Izagirre en solitaire, Bernal sacré : l'arrivée de la 8e étape en vidéo

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Troisième du général au départ de l’étape à 46’’ de Bernal, Nairo Quintana a montré un visage qu’on ne lui connaissait pas en attaquant dans la côte de Peille, à 48km de l’arrivée. Comme Soler l’an dernier. Très vite revenu sur l’échappée grâce à son équipier Carretero, le Colombien est alors retombé sur Anacona et surtout Marc Soler, auteur d’un travail extraordinaire pour son leader. Bien aidé par le tenant du titre de la course au soleil, Quintana a alors rapidement creusé l’écart, comptant 1’03’’ d’avance au sommet de la côte de Peille (1re cat), à 43km de l’arrivée. Et on se disait alors que Quintana était peut-être en train de renverser son compatriote.

Une de plus pour Astana

Mais le Colombien a très vite vu Soler exploser, le laissant seul à rouler en tête de course. Ni Astana, malgré la présence dans le groupe de trois hommes, ni EF Education-First malgré deux hommes à l’avant dont le vainqueur du Turini, Daniel Martinez, n’ont relayé le vainqueur du Giro 2014 et de la Vuelta 2016 avant les dix derniers kilomètres. Tandis que Bernal pouvait encore compter sur Sosa, Kwiatkowski et Geoghegan Hart au pied de la dernière ascension du jour, abordée avec 40’’ de retard sur Quintana.

Travailleur jusqu’au bout mais épuisé par le manque de soutien, le Colombien de la Movistar a fini par logiquement baisser de pied dans le final et Ion Izagirre en a profité pour attaquer à 11km de l’arrivée. Le groupe Quintana, voyant la victoire d’étape lui échapper, a alors commencé à s’organiser mais c’était déjà trop tard. L’Espagnol d’Astana, piégé par les bordures en début de semaine, sauve ainsi son Paris-Nice en s’offrant une belle victoire d’étape, levant les bras pour la première fois depuis la 20e étape du Tour de France 2016. La 25e victoire de la saison déjà pour Astana.

Derrière, privé de victoire d’étape et Quintana ayant abdiqué dans le final, le groupe Bernal s’est même permis le luxe de quasiment recoller dans Nice pour ne perdre finalement que 4’’. Plus que suffisant pour offrir au Colombien de la Sky sa première grande course par étapes World Tour. C’est le 6e succès de la Sky sur l’épreuve depuis 2012, seuls Soler et Betancur ayant privé la formation britannique de la victoire finale. Il devance au classement général final Nairo Quintana de 39’’ et Michal Kwiatkowski de 1’03’’. Dauphin du Colombien au départ de l’étape, Philippe Gilbert a craqué et sort d’un top 10 où l’on retrouve deux Français : Romain Bardet (AG2R La Mondiale), 5e à 1’45’’ et qui aura tenté de sortir ce dimanche, en vain, mais aussi Rudy Molard (Groupama-FDJ), 7e à 3’02’’. Mais, cette semaine, le roi de Nice était colombien.

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