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Bernal, podium et victoire française : la 8e et dernière étape en questions

Bernal, podium et victoire française : la 8e et dernière étape en questions

Le 16/03/2019 à 20:34Mis à jour Le 17/03/2019 à 10:14

PARIS-NICE – Egan Bernal (Sky) s'est paré du maillot jaune de leader ce samedi. Le Colombien est bien parti pour remporter la Course au Soleil, ayant une bonne marge d'avance sur ses adversaires. Peut-il tenir bon ? La Movistar tentera-t-elle de tout renverser comme l'an passé ? Les Français finiront-ils en fanfare ? Eléments de réponse sur une 8e et dernière étape qui promet du spectacle.

Bernal peut-il être inquiété ?

Bien sûr qu'il n'a pas course gagnée. Sur Paris-Nice encore plus que sur n'importe quelle course, tout est possible sur jusqu'au dernier kilomètre de la dernière étape. Nouveau maillot jaune de cette Course au Soleil, Bernal a certes 45'' d'avance sur Gilbert (Deceuninck-Quick Step) et 46'' sur Quintana (Movistar). Une marge non négligeable mais qui ne peut suffire à le mettre totalement à l'abri. Et il en est bien conscient : "Les écarts ne sont pas énormes, estime-t-il. Même si je suis dans une bonne position et que j'ai une équipe très forte, il faut absolument rester très concentrés".

Egan Bernal (Sky), maillot jaune au soir de la 7e étape de Paris-Nice 2019

Egan Bernal (Sky), maillot jaune au soir de la 7e étape de Paris-Nice 2019Getty Images

Il n'est jamais à l'abri d'une chute le dernier jour qui lui ferait tout perdre, à l'instar de ce qui lui était arrivé en mars 2018, sur le Tour de Catalogne lorsque, 2e du général, il était tombé lors de l'avant-dernier tour et avait dû abandonner. Mais aussi car Paris-Nice a un passif récent de leader mis en danger le dernier jour, surtout les Sky. On pense notamment à Sergio Henao en 2017 et Geraint Thomas en 2016, mis à mal par des attaques lointaines Alberto Contador. Les deux hommes avaient toutefois su garder une avance infime (2'' et 4'') pour remporter l'épreuve au terme d'une journée infernale.

Bardet peut-il rêver du podium ?

Le rêve est toujours permis mais l'espoir est faible. Pourtant, après les trois premiers jours marqués par des bordures, la course du Français était proche de la perfection, étant quasi dans le même temps que les deux leaders de la Sky. Mais le chrono et le col de Turini sont passés par là. Le grimpeur d'AG2R La Mondiale a d'abord connu un exercice solitaire correct tout perdant du temps sur Kwiatkowski et Bernal mais aussi sur Quintana avant de céder dans le final de la montée finale ce samedi.

Romain Bardet (AG2R La Mondiale), sur la 3e étape du Paris-Nice 2019

Romain Bardet (AG2R La Mondiale), sur la 3e étape du Paris-Nice 2019Getty Images

Actuel 6e du général, Bardet compte désormais 1'45'' de retard sur le nouveau leader Bernal. Un gouffre quasi insurmontable. En revanche, le Français n'est pas si loin du podium puisque Quintana ne pointe qu'à 59''. D'autant que, sans lui manquer de respect, Gilbert a peu de chances de tenir ce dimanche après sa longue échappée. Le podium virtuel et Michal Kwiatkowski n'est donc qu'à 42'' et le Polonais pourrait en plus se voir obligé de travailler pour Bernal. Si Bardet devra quand même distancer le Sky ET Jack Haig (Michelton-Scott) pour espérer, l'espoir demeure. A condition d'enflammer la course.

La Movistar peut-elle refaire le coup de 2018 ?

Nul doute qu'elle essayera. Après tout, elle sait comment faire. En 2018, parti loin de l'arrivée, Marc Soler avait renversé Simon Yates et Paris-Nice pour remporter le classement général au terme d'une superbe chevauchée. Un an après, l'Espagnol vit une épreuve diamétralement opposée (51e, + 30'08'') mais la Movistar se retrouve dans la même position avec un Nairo Quintana en embuscade (3e), à 46'' d'Egan Bernal. Soit neuf secondes de plus que Soler l'an dernier.

Nairo Quintana (Movistar) devant Egan Bernal (Sky) au sommet du Col de Turini, à l'arrivée de la 7e étape de Paris-Nice

Nairo Quintana (Movistar) devant Egan Bernal (Sky) au sommet du Col de Turini, à l'arrivée de la 7e étape de Paris-NiceGetty Images

Sur un parcours identique à l'ultime étape de 2018, qu'elle connait donc par cœur et qu'elle a déjà exploité avec réussite, la Movistar a bien sûr intérêt à tout tenter. Déjà car le podium du Colombien est globalement assuré, Gilbert ayant de grandes chances d'exploser et Quintana ayant tout de même 35'' d'avance sur Haig. Surtout, on voit mal Quintana se contenter d'un podium sur une course d'une semaine. La position peut se comprendre sur un Grand Tour, beaucoup moins sur Paris-Nice. Auteur quasi d'une semaine parfaite jusqu'ici, de retour à un niveau très intéressant et concentré comme jamais, Quintana tentera sans doute une Soler dimanche sur les pentes de l'arrière-pays niçois. En espérant la même réussite.

Aura-t-on enfin une victoire française ?

7e, 8e, 5e, 5e, 2e, 3e… Les Français sont peu à peu montés en puissance cette semaine et, tout à tour, Arnaud Démare (Groupama-FDJ) à Brignoles et Nicolas Edet (Cofidis) au Turini sont passés tout près de la victoire. Reste que les Bleus sont toujours bredouilles au matin de l'ultime étape, un scénario inédit pour les Tricolores depuis l'édition 2012. Pourtant, à côté de Bardet, beaucoup de Français sont en forme, surtout les puncheurs-grimpeurs. Ça tombe bien, c'est justement le type d'étape qui les attend.

Rudy Molard (Groupama-FDj), Romain Bardet et Tony Gallopin (AG2R La Mondiale) dans les bordures sur le Paris-Nice 2019

Rudy Molard (Groupama-FDj), Romain Bardet et Tony Gallopin (AG2R La Mondiale) dans les bordures sur le Paris-Nice 2019Getty Images

Si Bardet visera autant l'étape que le général, réussir l'un le rapprochera fortement de l'autre. Un peu juste au Turini, le Français se sait près à tenter sa chance sur la route de Nice. "Essayer de se faire plaisir pour tenter de décrocher une victoire d'étape" : tel est le leitmotiv de Bardet pour cette 8e étape. C'est également valable pour le duo de la Groupama-FDJ, Rudy Molard et Valentin Madouas - suffisamment loin au général (9e et 12e à 3'02'' et 4'07'') pour exploiter leurs bonnes jambes - mais aussi Lilian Calmejane (Direct Energie). Dans tous les cas, il faudra anticiper et ne pas attendre une arrivée groupée. Ça tombe bien, ça n'arrive jamais ces dernières années.

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