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Paris-Nice - "A moitié humain, à moitié moto", Wout Van Aert impressionne Primoz Roglic
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Publié 13/03/2022 à 19:54 GMT+1
PARIS-NICE - Primoz Roglic filait tout droit vers une nouvelle désillusion sur la Course au Soleil, mais Wout Van Aert est passé par là pour sauver son leader et propulser le Slovène vers un premier sacre. En difficulté sur les pentes du col d’Eze, Roglic a pu compter sur le secours du maillot vert, et limiter la casse sur son dauphin au général, Simon Yates, qui a remporté l'ultime étape à Nice.
Yates résiste à Roglic pour finir : le résumé de la 8e étape en vidéo
Video credit: Eurosport
On ne le répètera jamais assez, le cyclisme est un sport d’équipe. Sans l’appui plus que salutaire de Wout Van Aert, Primoz Roglic serait sans doute actuellement en train de ruminer sa peine. Encore une fois. Le Slovène a enfin inscrit son nom sur les tablettes de Paris-Nice, et brisé la malédiction qui sévissait au-dessus de son casque dans l’arrière-pays niçois. L’ancien sauteur à ski est pourtant passé tout proche de la catastrophe lors d’une dernière étape courte et intense.
Il avait pourtant pensé à tout, échafaudé tous les scénarii, épluché toutes les stratégies possibles. Mais pourquoi se compliquer autant la tâche alors que la forme semble au rendez-vous ? Vainqueur autoritaire au sommet du col de Turini samedi, Primoz Roglic a cru bon de presser le peloton comme un citron, et de bonne heure. Sorti de sa longue sieste à l’approche la Primavera (19 mars), Wout Van Aert a posé la première pierre de l’entreprise de démolition du peloton (68 km). En retrait durant la fin de semaine, le porteur du maillot vert a répété ses gammes, et laissé entrevoir une forme prometteuse.
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Primoz Roglic et Wout Van Aert coupent la ligne d'arrivée de la dernière étape de Paris-Nice 2022
Crédit: Getty Images
Il fallait au moins ça pour faire face à la charge des INEOS Grenadiers sur les premières rampes de la côte de Peille (1re catégorie, 6,6 km à 6,8%). Seul WVA a réussi à accompagner son leader, encadré par un duo colombien et Simon Yates (BikeExchange - Jayco). Mais, très vite, Roglic a laissé poindre des signes inquiétants, vidant ses poches en fixant le capot de la voiture de son directeur sportif. Moins surprenant : les trajectoires en descente de celui qui habite la Principauté avaient de quoi hérisser les poils de ses directeurs sportifs. Tant de faits traduisant un manque de lucidité, conséquence d’une forme douteuse.
Van Aert : "Il pouvait à peine parler à l’arrivée. Il ne m’a pas assez remercié"
Heureusement pour lui, Van Aert traînait par là. "Ce n’était pas facile aujourd’hui (dimanche, NDLR). C’était dur et il n’y a pas de dernière journée à Paris-Nice sans drame, a confié le vainqueur final après l’arrivée. Je n’étais clairement pas assez fort dans la dernière montée. C’était un vrai combat. Heureusement, Wout (Van Aert) a passé une super journée et a été d’une grande aide. Je suis super content que nous l’ayons fait. Mais ce n’était vraiment pas facile."
C’est peu dire, tant Simon Yates a compliqué la tâche du triple tenant de la Vuelta. Une accélération soudaine du Britannique et un écart immédiat creusé sur les forts pourcentages du col d’Eze (19 km) ont subitement drainé les dernières forces de Roglic, couché sur son guidon, les genoux patinant vers l’extérieur. Le regard blême, le maillot jaune s’est forcé à suivre la roue de son équipier, aérien comme très peu l’étaient ce dimanche. Le support du vice-champion du monde de l’effort solitaire a été précieux. Finalement battu pour neuf secondes sur la promenade des Anglais, Roglic n’avait même plus la force de remercier son ange gardien.
"Il pouvait à peine parler à l’arrivée. Il ne m’a pas assez remercié, a plaisanté Van Aert face à nos confrères belges. Je pense que nous sommes coéquipiers pour ça. C’était une course dont nous savions à l’avance que je devais être là pour lui, et cela s’est avéré nécessaire."
La réponse du concerné a tardé à venir, mais elle a valu le détour : "Je dois remercier toute l’équipe et Wout (Van Aert) en particulier. Il peut tout faire. Wout est à moitié humain, à moitié moto. Je dis toujours que je suis heureux et fier de pouvoir apprendre de lui et de rouler à ses côtés."
Les amabilités échangées, le vainqueur de la Course au soleil cuvée 2022 s’est épanché sur ses difficultés du jour. "Je pense que j’ai mis trop de couches de vêtements dès le début. J’ai surchauffé. Je me sentais mieux quand je les ai enlevés, mais c’était trop tard, a expliqué Roglic. Je ne pensais pas vraiment que j’avais un problème avec la France, mais tout le temps, il se passait quelque chose. Finalement, j’ai réussi à gagner quelque chose en France, une course par étapes (il comptait déjà un Tour de l’Ain à son actif). Je signe tout de suite si dorénavant, tout se passe bien en France." Après le déclic, Roglic vise la confirmation en lettres majuscules sur le prochain Tour de France, mais cela passera nécessairement par le soutien d'un Van Aert aussi aérien que lors de ce dernier acte azuréen.
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La der' pour Simon Yates, la victoire finale pour Roglic : le dernier kilomètre en vidéo
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