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Tadej Pogacar, David Gaudu... Mais pourquoi se battent-ils pour quelques secondes sur Paris-Nice 2023 ?
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Publié 09/03/2023 à 18:37 GMT+1
PARIS-NICE - La première course à étapes World Tour française de la saison se joue souvent à coups de secondes, a-t-on l'habitude de dire. Les coureurs l'ont bien entendu et les Tadej Pogacar ou David Gaudu profitent du nouveau règlement de Paris-Nice qui a réduit le nombre de sprints intermédiaires tout en augmentant les bonifications distribuées. Mais le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?
Tadej Pogacar et David Gaudu à la lutte sur Paris-Nice 2023
Crédit: Imago
Moins 26 secondes par ici, moins 12 par là… Le classement général de Paris-Nice fait la part belle aux secondes de bonifications. Et si une partie du pécule de Tadej Pogacar (10'') et la moitié de celui de David Gaudu (6'') proviennent de l'arrivée de la 4e étape, les deux leaders ont pour point commun de se battre pour les secondes là où elles sont. Le Slovène, dans son style caractéristique de cannibale, avait lancé l'affaire, le Français, nouvel ambitieux cette semaine, a pris le pli. Au point de mettre en place des stratégies pour contrer le glouton "Pogi".
Ce jeudi, c'est Arnaud Démare qui s'est glissé dans la peau de l'empêcheur de tourner en rond pour Pogacar. Alors que Kevin Geniets menait le peloton à l'approche du sprint intermédiaire au sommet de la Côte de Devès, le leader des UAE semblait, comme souvent, le mieux placé pour aller empocher les six secondes promises. Après tout, qui parmi les coureurs du général peut rivaliser avec le punch et la pointe de vitesse du double vainqueur du Tour de France (2020, 2021) ? Pas grand-monde, et c'est pour ça que la Groupama a envoyé Démare.
Démare, le bon coup pour Gaudu
Sortant de sa boîte, celui que l'on pensait rival intime de Gaudu, a rendu un fier service à son coéquipier en désorganisant la meute. Et son placement a même permis, volontairement mais proprement, d'enfermer un Pogacar visiblement agacé sur le coup. Bilan, Gaudu a empoché six secondes, Démare quatre et Pogacar seulement deux. Dans un monde "normal", le maillot jaune aurait coupé la ligne en tête et le Breton, au mieux, suivi. Les Groupama-FDJ ont donc transformé un déficit attendu de deux secondes en un gain de quatre, soit six de différence. Une paille ? Peut-être mais sur ce Paris-Nice on se bat pour ça.
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Démare travaille pour Gaudu, Pogacar piégé : le sprint qui réconcilie les deux Français
Video credit: Eurosport
"J'ai fait une erreur, j'ai essayé de passer à droite mais il n'y avait pas l'espace", a d'ailleurs réagi Pogacar à l'arrivée de sa première journée en jaune. Preuve qu'il regrette un peu ce qu'il s'est passé. Après tout, cette "guerre" des secondes, c'est lui qui l'a initiée, dès dimanche en région parisienne pour mettre la pression sur un Jonas Vingegaard qui ne mange pas de ce pain-là, préférant rester fidèle au plan et ne pas sortir des clous. Bilan sur les deux premières journées, "Pogi" a empoché 12 secondes gratuites, ou presque. Et il a remis ça mercredi vers la Loge des Gardes (2'') et donc ce jeudi (2'').
Pogacar : "Chaque seconde compte comme on dit"
"J’ai gagné six secondes, c’est une petite marge mais elle peut se révéler importante, on ne sait jamais. Chaque seconde compte, comme on dit", disait-il lundi au soir de la 2e étape. Il n'a pas varié d'un iota même si au général, seul David Gaudu est une menace à court terme (6'') tandis que Vingegaard devra faire fort pour revenir (46'') d'ici dimanche et l'arrivée à Nice.
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Pogacar a remis ça : son nouveau sprint intermédiaire victorieux
Video credit: Eurosport
Est-il vrai que Paris-Nice se joue à coup de secondes ? Sur les dix dernières éditions, trois se sont jouées pour moins de cinq (2016, 2017, 2018), à une époque où il n'y avait pas de bonifications. Et celles-ci ont-elles joué sur le résultat final ? En 2021, Maximilian Schachmann avait devancé Aleksandr Vlasov pour 19 secondes, tout ayant glané 14 d'entre elles en bonifications. Quant à 2022, Primoz Roglic en avait chipé cinq et battu Simon Yates pour 29 secondes.
Pas assez dure, La Couillole ?
Et si ce besoin de se battre pour une poignée de secondes ici et là tenait en partie au profil de la seule étape de haute montagne de ce Paris-Nice 2023 ? La Couillole (arrivée de la 7e étape samedi), en alternance avec la Colmiane et le Turini, se veut être le juge de paix de la course mais depuis cinq ans, les écarts ne sont pas systématiques au sommet. Trois fois même, les leaders se sont tenus en moins de… huit secondes.
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Finish énorme : Pogacar a fait exploser Vingegaard puis a dominé Gaudu
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Ce n'est sans doute pas un hasard si Tadej Pogacar a pointé l'étape de vendredi entre Tourves et La Colle-sur-Loup comme étant la plus "dangereuse" de la semaine. Sans doute pense-t-il que les 15 kilomètres très roulants (7% de moyenne) de la Couillole ne sont pas un terrain de jeu suffisant pour faire des écarts. Sans doute d'autres le pensent-ils aussi. Si David Gaudu se sent capable de tenir la roue du Slovène samedi, pourquoi ne pas croire à la victoire finale ? Et s'il y croit, pourquoi se passer de quelques précieuses secondes alors même que six doigts suffisent à compter son retard après cinq étapes ?
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