Paris-Nice : Remco Evenepoel en chasseur, Matteo Jorgenson à l’affut : Brandon McNulty peut encore trembler

Eurosport sur Google

Du maillot jaune Brandon McNulty à Luke Plapp en passant par Remco Evenepoel, Mattias Skjelmose ou Matto Jorgenson, ils sont encore cinq à pouvoir prétendre à la victoire finale sur ce Paris-Nice 2024. Même si la situation est évidemment plus favorable à certains qu’à d’autres. Tour d'horizon des forces en présence.

Evenepoel peut-il renverser Paris-Nice ? "Il va essayer mais il va s’agacer"

Video credit: Eurosport

Brandon McNulty (25 ans, UAE Team Emirates)

Classement : 1er du général, en 25h00’28’’
L’Américain surfe sur son énorme forme de début de saison, lui qui s’est déjà imposé sur le Tour de la Communauté de Valence en février. Coureur assez complet, il a tout de même pêché ce samedi dans la Madonne d’Utelle et a eu une vraie panne de jambes dans les derniers kilomètres, heureusement plus faciles. L’arrière-pays niçois lui siera toutefois bien mieux, avec ses cols courts. Mais sa faible avance ne lui laisse aucune marge de manœuvre.
Les forts pourcentages du Col d’Eze – où il y aura des bonifications qui pourraient suffire à le faire perdre - puis du col des Quatre Chemins seront un vrai danger pour lui, qui a perdu du temps dans la Madonne d’Utelle mais aussi dans le Mont Brouilly. Il devra aussi compter sur une meilleure tactique d’équipe, UAE Team Emirates l’ayant laissé seul dans le final pour soutenir un Almeida défaillant. Une faute qui ne pourra pas se reproduire dimanche.
Sa déclaration : "J’espère que dimanche sera une journée 'full-gas', mais c’est une étape qui me correspond mieux que samedi".
picture

Brandon McNulty, maillot jaune en danger

Crédit: Getty Images

Matteo Jorgenson (24 ans, Visma | Lease a Bike)

Classement : 2e du général, à 4’’
C’est sans doute LE favori, à l’aube de la dernière étape. Lui le Niçois d’adoption, où il réside, courra sur ses routes d'entraînements, qu’il connaît par cœur, un avantage non négligeable, surtout si la pluie quasi certaine venait à rendre la chaussée ultra glissante. Très solide en montagne, offensif quand il fallait, capable de grignoter des secondes de bonifications au sprint, il est aussi celui qui bénéficie du meilleur équipier en la personne de Wilco Keldermann (8e du général). Un appui qui pourra compter si les manœuvres se lancent de loin.
Reste à gérer la pression de remporter une épreuve World Tour, niveau auquel il n’a encore jamais gagné, et surtout à se défaire de Brandon McNulty, qui reste maillot jaune. On le sait, la dernière étape peut favoriser les retournements de situation mais ça ne sera pas à Jorgenson de lancer la course de loin, même si l’Américain ne peut pas non plus trop attendre. Il faudra trouver le juste milieu.
Sa déclaration : "Je me sens assez confiant pour demain".
picture

Jorgenson : "Je me sens confiant, la victoire dans Paris-Nice est possible"

Video credit: Eurosport

Mattias Skjelmose (23 ans, Lidl-Trek)

Classement : 3e du général, à 35’’
Où serait-il si la Lidl-Trek n’était pas passée à côté de son contre-la-montre par équipes ? Ses 1’17’’ de débours ce jour-là pourraient peser lourd dans la balance au final mais gare au champion du Danemark, jamais aussi à l’aise que sur ces étapes de moyenne montagne. Surtout, sur chaque des étapes difficiles de ce Paris-Nice, personne n’a été plus fort que lui du côté des favoris. Vainqueur à la Colle-sur-Loup vendredi, il est au niveau de Jorgenson, Roglic et Evenepoel à la Madone d’Utelle et avait devancé le Belge au sprint au Mont Brouilly pour la 3e place. Un sprint qui lui permet d’ailleurs d’aborder ce dernier jour sur le podium.
Son équipe a montré qu’elle était capable de tenter des coups de force de loin, n’hésitant pas à glisser Pedersen dans l’échappée pour prêter main forte par la suite. Avoir des équipiers reste primordial dans l’optique d’une attaque lointaine, même si les routes détrempées dans les descentes favoriseront un peu plus les hommes seuls qu’habituellement. Excellent descendeur, l’un des meilleurs du monde, le Danois pourrait même y tenter sa chance s’il se sent moins fort en montée. Et profiter que ça se regarde derrière. Attention toutefois : l’an dernier, c’est sur ce type d’étape qu’il avait complètement explosé (4 minutes de perdues) sur le Pays Basque, alors qu’il était…3e du général.
Sa déclaration : "J’ai mon mot à dire parmi les meilleurs, oui, mais il y a de meilleurs grimpeurs que moi”, disait-il vendredi pour DirectVelo.
picture

Skjelmose, le plus véloce des plus malins : l'arrivée en vidéo

Video credit: Eurosport

Remco Evenepoel (24 ans, Soudal-Quick Step)

Classement : 4e du général, à 36’’
Grand favori au départ de cette 82e édition, le champion de Belgique est injugeable depuis Les Mureaux dimanche passé. Coureur majeur le plus offensif, le seul à ne pas rechigner aux efforts, le champion du monde 2022 se montre cependant passif à chaque étape importante, que ce soit au Mont Brouilly où il tarde à bouger, à la Colle-sur-Loup où il commet une « grosse erreur stratégique » en ne suivant pas le bon coup mais aussi à la Madone d’Utelle où ses timides attaques n’ont fait que peu de dégâts.
Malgré tout, celui qui a gagné ses deux premières courses de la saison (Figueira Champions Classic et Tour d’Algarve) peut encore croire à la victoire finale. Mais pour cela, le Belge devra redevenir offensif. Le passé nous a déjà montré qu’il était possible de réussir des numéros en solitaire (33’' d’avance pour Pogacar l’an passé, Soler avait repris 35’’ à Yates en 2018) et sa capacité à prendre des bonifications comme à pouvoir s’imposer au sprint en petit comité lui offre de nombreuses opportunités de renverser la course. A condition de tenter, et d’avoir les jambes.
Sa déclaration : "Il reste une étape et la course est encore loin d’être finie".

Luke Plapp (23 ans, Jayco-AlUla)

Classement : 5e du général, à 47’’
C’est l’invité-surprise de cette lutte pour la victoire finale. Le joker, celui qui n’a rien à perdre. Porteur du maillot jaune deux jours après son coup de force dans les monts du Beaujolais, le champion d’Australie est plus en souffrance depuis, à l’image surtout de la Madone d’Utelle, où il concède 32’’ au groupe Jorgenson. Sans doute le moins bon grimpeur sur le papier des cinq candidats à la victoire, il va voir avec bonheur le terrain de dimanche, plus typé moyenne montagne et donc favorable à ses qualités.
Incapable sans doute de distancer ses adversaires à la pédale, l’Australien devra les surprendre. Son statut d’outsider et de 5e homme est un vrai plus en ce sens, puisqu’il ne sera pas le coureur le plus marqué dimanche, ni celui que l’on prendra immédiatement en chasse. Une situation qui n’est pas sans rappeler celle de Marc Soler en 2018, distancé dans l’arrivée au sommet et 6e du général à 37’’ du maillot jaune avant son raid dans l’arrière-pays niçois. Reste à savoir s’il aura les jambes et l’audace de tenter le tout pour le tout, alors son top 10, voire top 5, parait assuré (34’’ d’avance sur le 6e, 1’27’’ sur le 11e).
Sa déclaration : "Ce n’est que du bonus".
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité