Lenny Martinez a découvert beaucoup de choses sur Paris-Nice… et même ce qu'il n'attendait pas
Dimanche, après l'habituel tourniquet autour de Nice pour achever la Course au Soleil, Lenny Martinez (Bahrain-Victorious) n'avait pas des dizaines de kilomètres à faire pour regagner le Var où il a élu domicile. Le jeune grimpeur français (21 ans) aura-t-il le temps de se refaire le film d'un Paris-Nice animée où il a même découvert que les sales coups pouvaient venir de sa propre équipe.
Martinez pris dans une bordure : "Il vaut mieux que ça lui arrive là qu'au Tour de France"
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Dans quelques années, peut-être en sourira-t-il. Si un jour Lenny Martinez (Bahrain-Victorious) se trouve en haut de l'affiche - on le lui souhaite, comme aux autres -, peut-être datera-t-il à ce Paris-Nice 2025 la fin de l'innocence. Jeudi, au soir d'une victoire de costaud, on se disait que sa semaine française pourrait bien être parfaite si par bonheur le dernier weekend devait bien se passer lui aussi. On imaginait même, pourquoi pas, un podium. Tout a basculé dans le Mistral vendredi. Apprentissage express.
Oh, ce n'était pas la première fois que Lenny Martinez héritait de responsabilités sur une course à étapes World Tour. Chez Groupama-FDJ, on avait misé sur un apprentissage "in vivo" avec le Tour de Catalogne, celui de Romandie, le Dauphiné, la Pologne et la Vuelta pour sa première saison. Mais chez Bahrain, tout est plus grand. Non pas que l'équipe du golfe soit vraiment meilleure que la Française, elle qui a d'ailleurs terminé 2024 une place devant, mais le grimpeur de poche n'est plus à la maison. Il arrivait sur Paris-Nice pour aider Santiago Buitrago, vainqueur d'étape en 2023. La chute de celui-ci a tout changé.
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Comment AG2R s'est fait "chiper" Jorgenson
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Des louanges aux critiques
Mercredi, Martinez n'était qu'un équipier solide parmi d'autres, jeudi matin il était devenu leader. Un statut qu'il a fêté avec un premier succès World Tour, un premier aussi dans sa nouvelle formation. Se disait-on chez Bahrain que Martinez n'était décidément pas fait du même bois que tout le monde et qu'il allait largement justifier le lourd investissement consenti ? Probablement. Ce jour-là, le natif de Cannes avait les yeux écarquillés comme celui qui vient de réaliser un coup qu'il n'avait pas anticipé si juteux. Puisqu'il avait battu les meilleurs à la pédale, sur une arrivée particulière, il pouvait se compter parmi eux. Ce qu'il n'avait pas anticipé et qu'il a découvert.
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Au bon endroit au bon moment : la victoire en roublard de Martinez sur la 5e étape
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On lui tressait volontiers des louanges… pour mieux les détricoter dès le lendemain. De Saint-Julien-en-Saint-Alban à Berre l'Étang, le petit Lenny a vécu l'enfer, coupant la ligne à près de neuf minutes du vainqueur et de ses adversaires du classement général. Mais s'il pensait que le pire était passé, Martinez s'est lourdement trompé. On ne doute pas qu'en interne, on lui a dit tout le mal qu'on pensait de sa performance du jour. On ne s'attendait en revanche pas, et probablement lui non plus, à un déballage public de la part de Roman Kreuziger, directeur sportif chez Bahrain-Victorious.
L'orgueil de Martinez
"Il n'y a pas eu d'erreur de la part de l'équipe, avait analysé ce dernier vendredi pour L'Équipe. C'est l'erreur d'une personne qui a mis l'équipe en difficulté. On savait qu'il y avait danger à ce moment-là de la course. On a poussé les gars à remonter mais Lenny était derrière et malheureusement, il a fallu faire relever tout le monde pour tenter de limiter la casse". Rares sont les équipes à tancer ainsi leur coureur en public, même après de grosses erreurs. La déception de Kreuziger était-elle à la hauteur des espoirs nés de la veille ? Le niveau d'exigence est-il supérieur eu égard aux promesses semées par Martinez ? Probablement.
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Martinez : "Avec 3 coureurs dans le final, je me suis dit que je ne pouvais pas merder maintenant"
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C'est sans doute avec les mêmes yeux écarquillés que Martinez a accueilli la victoire et cette saillie à 24 heures d'intervalle. L'une et l'autre sont en fait les deux faces de la vie d'un cycliste, tantôt héros, tantôt zéro. A 21 ans, le Français n'avait pas encore connu pareil bonheur, ni pareille remontée de bretelles. Nul doute que l'une et l'autre lui serviront et le voir à l'attaque samedi montrait que dans la liste de ses qualités, il fallait bien ajouter l'orgueil.
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