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Paris - Nice | Tudor | Julian Alaphilippe, nouvelle vie, nouveaux enjeux
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Mis à jour 10/03/2025 à 11:53 GMT+1
Le week-end d'ouverture de Paris - Nice a concrétisé le nouveau rôle de Julian Alaphilippe, leader mais aussi grand frère au sein de la structure Tudor, qui s'est offert un atout-maître en vue du Tour de France.
Merlier était attendu, il n'a pas déçu : le résumé de la première étape en vidéo
Video credit: Eurosport
Par Benoît Vittek
Tout a changé, rien n'a changé. Ce week-end, le public français a retrouvé Julian Alaphilippe, au départ de Paris - Nice, l'épreuve de son premier grand succès (sur le contre-la-montre du Mont Brouilly, en 2017) mais où il n'était plus apparu depuis l’édition 2020 écourtée par la pandémie de Covid. Le trublion en chef du Wolfpack portait alors un maillot Deceuninck - Quick-Step, qu'il allait bientôt orner de liserés irisés. Il n'était pas encore champion du monde mais ses épopées en jaune lui avaient déjà conféré une aura extraordinaire, exaltant sa personnalité et son style. "Loulou" était à part. Et il le reste au moment de disputer sa première course française sous les couleurs de Tudor.
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Julian Alaphilippe (Tudor Pro Cycling Team) à la veille du départ de Paris-Nice 2025
Crédit: Getty Images
"Le maillot est tout noir et rouge, c'est le plus grand changement", souriait-il samedi. On sentait déjà son envie de bien faire, et vite : "Gagner, ça reste mon objectif principal sur la majorité des courses où je prends le départ, même quand ce n'est pas facile, même quand il y a plus fort… Je cours pour faire des résultats et j’espère que ça va arriver bientôt."
Dimanche, au départ, il piaffait encore d’impatience en privé - "j'ai envie d'attaquer !" - tout en profitant de son retour sur la course au soleil pour partager un peu de temps avec des visages familiers, et notamment sa compagne Marion Rousse.
Quelques heures plus tard, la route se redressait, la pente atteignait les 15% et le "maillot tout noir et rouge" de l'équipe Tudor bondissait au premier plan : l'intenable Alaphilippe avait dégoupillé une première offensive en mondovision pour sa nouvelle équipe. La formation suisse, incarnée par Fabian Cancellara, est des plus ambitieuses. Et elle compte énormément sur sa recrue-star pour occuper le devant de la scène et entraîner le reste de l'équipe dans son sillage.
Pas envie de comparer, de faire des critiques
Nul doute que les organisateurs de Paris - Nice, qui doivent encore annoncer la sélection des équipes invitées pour le Tour de France, ont entendu la clameur du public lorsqu'Alaphilippe s'est dressé sur les pédales. Ils ont également pu voir Matteo Trentin prendre le relai avec une offensive dans le final, avant qu'Alberto Dainese finisse 3e au sprint, en attendant d’observer Michael Storer sur les étapes les plus montagneuses. Une omniprésence collective avec plusieurs cartes à jouer qui n’est pas sans rappeler l'approche du Wolfpack avant la révolution Evenepoel.
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Prudhomme : "On ne peut pas rester insensible à la présence, ou non, d'Alaphilippe"
Video credit: Eurosport
"Bien sûr, c’est différent, mais le fonctionnement avec les objectifs et les ambitions reste le même", observe Alaphilippe qui, pour autant, n'a "pas envie de comparer, de faire des critiques… Je me sens juste très bien là où je suis et je suis content d’aborder le niveau chapitre de ma carrière. C'est chouette d’avoir ce rôle de leader et aussi de coureur d'expérience. Ça me plait, je me sens bien. On mérite d’aller chercher des résultats. Tout le monde est motivé." Et lui tout particulièrement : "J'ai toujours la même passion, la même envie de me dépasser, de performer, de donner le meilleur de moi même, faire la plus belle course possible et aller chercher des résultats."
Loulou (comme l’a encore surnommé son ex-coéquipier Tim Merlier dimanche à l’arrivée) sait bien qu'il a reculé dans la hiérarchie mondiale mais, après des mois de galère à répéter son envie de retrouver des sensations, l'année 2024 l'a complètement relancé, à Fano (victoire d’étape sur le Giro), Paris (11e des Jeux), San Sebastian (2e de la Clasica), Montréal (3e du Grand Prix) et Sursee, dans le canton de Lucerne, où est établie l'équipe Tudor.
Leader, grand frère et ambassadeur ?
Fabian Cancellara, son nouveau patron, assure qu’il n'a pas recruté Alaphilippe pour s'ouvrir les portes du Tour. Tudor, qui a largement investi le sponsoring sportif, reste dans l’incertitude pour le mois de juillet à l'heure où organisateurs de Grands Tours et Union cycliste internationale évaluent la possibilité d'inviter une 23e équipe à participer. Sinon, une formation restera sur le carreau entre Tudor, Total Energies et Uno-X Mobility… À ce compte, la perspective d'un retour en fanfare d'Alaphilippe pèse lourd, plus encore que le recrutement de Marc Hirschi, plus jeune (26 ans) et, surtout, beaucoup plus fringant ces deux dernières saisons.
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Alberto Dainese, Julian Alaphilippe et Robin Froidevaux (Tudor Pro Cycling Team) avant le départ de la 1re étape de Paris - Nice 2025
Crédit: Getty Images
À 32 ans, Alaphilippe est non seulement attendu sur le vélo mais aussi en tant que grand frère, pour partager son expérience, son panache, son enthousiasme… "Si vous saviez comment les jeunes de l'équipe le regardent", explique Cancellara dans Le Parisien. "Ils sont admiratifs. Le but, ce n'est pas le Tour mais de faire grandir l'équipe." Pour cela, il a fallu faire de la place dans l'effectif, trouver des marges salariales au détriment d'autres coureurs… sans pour autant faire sauter la banque.
Le contrat octroyé par Patrick Lefevere avait occupé une place majeure dans la rupture avec Alaphilippe, violemment poussé par la sortie. Son recrutement suisse a généré de nouveaux fantasmes mais sa rémunération reste sensiblement similaire. Et elle aurait pu atteindre de tout autres sphères chez Total Energies, dont le PDG Patrick Pouyanné voulait absolument recruter la star incontournable du peloton français. Alaphilippe y a pensé… Il a préféré le nouveau cocon construit par Tudor.
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