Vingegaard - Pogacar, le jeu de l'évitement a-t-il du bon ?

Paris-Nice, qui s'élance ce dimanche du Perray-en-Yvelines, marque un anniversaire. C'était sur la Course au soleil, en 2023, que Jonas Vingegaard (Visma | Lease a Bike) et Tadej Pogacar (UAE Emirates-XRG) se sont affrontés pour la dernière fois ailleurs que sur les routes du Tour de France. Leur duel est rare… mais ne l'est-il pas trop ?

Une image rare : La chute spectaculaire de Pogacar

Video credit: Eurosport

Ses adversaires, Tadej Pogacar a pris la mauvaise habitude de les tordre, de les essorés, bref de les laminer dès qu'il en a l'occasion. Il n'y a bien eu que Mathieu Van der Poel pour le suivre sur les pentes du Poggio sur Milan-Sanremo l'année dernière et ainsi mettre à mal ses chances de victoire et Jonas Vingegaard pour l'embêter, le temps d'une étape, sur les routes du Tour de France, au Lioran. Les duels que ces hommes peuvent livrer à l'ours slovène sont donc logiquement plus attendus que les autres. Pour un match Vingegaard-Pogacar, il faudra encore repasser.
Concentré sur les courses d'un jour, "Pogi" a décidé, comme en 2024, de ne pas choisir entre Paris-Nice et Tirreno-Adriatico. Coureur par étapes exclusif, son meilleur ennemi sera au départ du Perray-en-Yvelines avec l'espoir d'ajouter une course qui manque encore à son palmarès. Le Danois n'est venu qu'une fois participer à la transhumance de la région parisienne vers Nice pour s'y faire taper sur la tête par un Pogacar déjà très chaud en mars 2023 et même par David Gaudu (Groupama-FDJ) qui l'avait devancé au général.

Deux duels depuis... deux ans

Ce match entre les deux meilleurs grimpeurs du monde avait suivi de quelques mois le coup de semonce qu'avait constitué le Tour 2022 quand le Danois, et la Jumbo-Visma, avaient renversé le règne naissant du Slovène. Les observateurs se frottaient les mains, guettant la réaction de Pogacar. Celle-ci fut éclatante mais annonçait-elle ce qui allait intervenir quelques mois plus tard sur le Tour de France ? Là était toute la question entre ceux convaincus que la Grande Boucle 2022 n'était qu'un épiphénomène et que le leader des UAE allait reprendre la main et les autres qui voyaient un passage de témoin. 
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Prudhomme sur le duel Vingegaard-Pogacar : "J'ai cru à la théorie de la bascule au Lioran"

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Las, la chute de ce dernier sur Liège-Bastogne-Liège n'avait pas permis de savoir mais qu'importe au fond. On avait pu voir les deux à l'œuvre sur les mêmes routes, jauger du rapport de forces et disserter sur celui-ci jusqu'à les retrouver au départ de Copenhague quelques mois plus tard. Depuis ce Paris-Nice, le cyclisme mondial s'est contenté de deux duels seulement certes, mais sur la plus grande scène du monde. Et on se demande quelle partie de la phrase il faudrait retenir. 
La première, peut-être ? Trois affrontements (Paris-Nice 2023 et le Tour en 2023 et 2024) en deux ans, c'est peu et c'est assez frustrant tant Vingegaard semble le seul capable de rivaliser avec Pogacar et inversement. Bien sûr que le Tour de France écrase tout dans la saison, le duo ne dira pas le contraire. Mais penser que cette toute-puissance mérite qu'on relègue tout le reste au rang de course préparatoire est une erreur. Le calendrier World Tour est riche de sa diversité.  

Multiplicité des duels ou tension d'un affrontement unique

Paris-Nice a des airs de Tour de France mais des airs seulement, le Tour de Catalogne est un condensé de tout ce qu'aiment les grimpeurs, le Romandie est assez unique. Il n'y a guère que le Dauphiné Libéré qui souffre de sa trop grande proximité, calendaire et géographique, avec le Tour. Et que dire des courses d'un jour ? Si seulement Vingegaard, que l'on attend évidemment par sur le Tour des Flandres ou Paris-Roubaix, daignait reconnaître le prestige des Strade Bianche ou plus encore de Liège-Bastogne-Liège… 
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Cabossé et en sang, Pogacar lève pourtant les bras en solitaire à l'arrivée

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Mais le Danois est un coureur par étapes, à part sur bien des aspects, et il le revendique. Toute sa saison n'est tournée que vers le Tour de France, à l'inverse d'un Pogacar qui s'amuse de mars à octobre. Riche, le cyclisme l'est aussi de la différence de caractère de ses principaux protagonistes. Il n'y a pas plus différents que Pogacar et Vingegaard et il faut peut-être simplement profiter que ces deux profils aient trouvé, avec le Tour de France, l'unique terrain d'un affrontement à la vie à la mort chaque année. Entre multiplicité des duels et tension d'un affrontement unique, eux ont choisi.
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