Paris-Nice 2026 - Santé mentale, famille, ambitions... Jonas Vingegaard démarre sa saison en quête d'équilibre
Par Benoît Vittek
Mis à jour 08/03/2026 à 10:57 GMT+1
Après avoir renoncé à l’UAE Tour, Jonas Vingegaard (Visma-Lease a Bike) reprend sa saison dimanche sur les routes de Paris-Nice, qu’il ne devait pas disputer cette année. Le Danois, qui vise le Giro et le Tour en 2026, veut monter en puissance sans se griller. “Je me suis déjà senti proche du burn-out”, confiait-il en début d’année.
Jonas Vingegaard en janvier 2026.
Crédit: Getty Images
"À chaque fois que je m’aligne au départ, c’est pour viser la victoire." Après avoir fait l’impasse sur l’UAE Tour pour cause de pépins physiques (chute à l’entraînement puis maladie), Jonas Vingegaard affirme ses ambitions à la veille de Paris-Nice, sa course de rentrée pour une saison 2026 aux contours inédits pour le Danois. À 29 ans, il s’avance vers une première participation sur le Giro, avant le Tour de France, où il assure qu’il visera également la victoire. L’entreprise est ardue, voire impossible face à l’épouvantail Tadej Pogacar. Alors Vingegaard avance sur un fil, en quête d’équilibre pour assumer de grandes ambitions sans se cramer, physiquement ou, surtout, mentalement.
"On parle beaucoup de burn-out en ce moment dans le cyclisme", observait le Danois lors de la présentation de son équipe, en janvier en Espagne. Il dévoilait alors son calendrier de l’année, épuré pour mieux doubler Giro et Tour, et se retrouvait confronté à de nombreuses questions sur la retraite soudaine de Simon Yates, annoncée moins d’une semaine plus tôt. "Moi aussi, je me suis déjà senti proche du burn-out", confessait Vingegaard, qui s’était déjà épanché sur les exigences de plus en plus importantes du cyclisme moderne, frénétique et effréné.
"Avec quatre courses avant le Giro, je serais à genoux pour le Tour"
Pour séduire le public, les organisateurs aspirent à des courses à l’intensité étouffante. Le Danois fuit les courses d’un jour, où les pièges se multiplient et drainent son énergie avant même de pouvoir exprimer ses qualités. Sur les courses par étapes aussi, la notion de transition a été emportée par le spectacle total. Et pour émerger dans peloton ultra-concurrentiel, les coureurs sont de moins en moins libres en dehors des courses. "C’est difficile, avec les camps d’entraînement et tout le reste", soufflait encore Vingegaard en écho à la complainte formulée en privé l’an dernier par Simon Yates : "Je suis soit en stage d’altitude, soit en course, mais jamais à la maison."
"Il a fallu que je m’écoute", poursuit le double vainqueur du Tour de France. "Et bien sûr ma femme (Trine Marie Hansen, qui est également son agente) m’aide beaucoup à ce sujet." En privé, "elle me permet de comprendre comment je me sens, de quoi j’ai besoin." Dans les médias danois, elle avait également fustigé l’an dernier les exigences de Visma-Lease a Bike : "Je dirais qu’il en fait trop. J’ai bien peur qu’il brûle la chandelle par les deux bouts. Il est tellement en déplacement. C’est quelqu’un qui a besoin d’un peu plus de calme et de se ressourcer."
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La déception de Vingegaard : "C'est l'anniversaire de mon fils, je voulais gagner pour lui"
Video credit: Eurosport
Elle trahissait alors un secret de polichinelle : le cocon familial est essentiel pour Vingegaard. Ses deux enfants sont nés en septembre… Et il se transcende pour leurs anniversaires, comme lors de l’arrivée au Tourmalet lors de La Vuelta 2023, le 8 septembre : "C’est l’anniversaire de ma fille Frida et je voulais absolument gagner." Le cadeau était beau. Mais Vingegaard préfère encore passer ces occasions à la maison. Et ce pourrait à nouveau être le cas cette saison, avec un calendrier pour l’instant vierge après le Tour de France. "Je n’ai que quatre courses au programme", concède-t-il, "mais ça fait 60 jours de course. Avec quatre courses avant le Giro, je serais à genoux pour le Tour, ça n’aurait pas de sens."
Trouver le rythme sans se cramer
Le Giro, le Tour et un programme allégé autour : Vingegaard a obtenu gain de cause sur tous les plans au moment de dessiner son calendrier 2026. "C’est aussi à nous, coureurs, de dire à l’équipe comment on se sent, même quand ça ne va pas. ‘Écoutez, c’est trop pour moi. Il faut qu’on change quelque chose.’" Entre autre, il avait ainsi esquivé un stage en altitude en février 2025, une période où il était suffisamment en forme pour remporter la Volta ao Algarve devant Joao Almeida. De fait, le Danois attaque souvent la saison dans les meilleures dispositions : il a remporté sa première course tous les ans depuis 2023.
Triomphera-t-il également de Paris-Nice ? En 2023, il n’était pas à son meilleur niveau (3e derrière Pogacar et Gaudu). En 2025, une chute l’avait mis au tapis alors qu’il menait le classement général. Cette année, il ne devait même pas se présenter au départ, ce dimanche dans les Yvelines. Mais les aléas sont venus dérégler ses plans millimétrés, avec une chute et une maladie qui l’ont amené à faire l’impasse sur l’UAE Tour, où il devait faire sa reprise, avant une bonne coupure en vue de la Volta a Catalunya.
Vingegaard aurait pu rester chez lui, au Danemark ou à Annecy. Mais face au burn-out, un autre risque pèse, celui du manque de compétition, comme il l’a éprouvé après de longues indisponibilités en 2024 et 2025. Paris-Nice doit le lancer. "Je me sens bien", assure-t-il.
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Video credit: Eurosport
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