Paris-Roubaix 2026 | Il va encore s'en servir ce dimanche : Mathieu Van der Poel est le meilleur pilote du monde

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Il y a un an, ce sont en partie les qualités de pilote de Mathieu Van der Poel, ou plus précisément l'inexpérience dans le domaine sur les pavés de Tadej Pogacar, qui a permis au Néerlandais de remporter son troisième Paris-Roubaix. Rarement à terre, toujours au bon endroit et dans la bonne trajectoire, Van der Poel est sans discussion possible le meilleur pilote du monde sur un vélo.

Pogacar - Van der Poel, duel inévitable… ou pas : "Ça va surtout dépendre de la météo"

Video credit: Eurosport

Si Mathieu Van der Poel avait choisi le régime fiscal - pardon, le climat -, monégasque plutôt qu'Alicante (Espagne) lui et Max Verstappen auraient pu s'y croiser, le quadruple champion du monde y vivant une vie paisible quand le calendrier de la Formule 1 lui en laisse l'occasion. Les deux Néerlandais n'ont qu'un an et demi d'écart, partagent l'amour des voitures rapides, l'un sur les circuits, l'autre sur la route, et ont un sacré point commun : ils sont les meilleurs pilotes du monde, l'un sur quatre roues, l'autre sur deux et sans moteur.
Ce dimanche, dans l'Enfer de Paris-Roubaix et face à cet adversaire-là, vous avez reconnu Tadej Pogacar, ce sera l'une de ses meilleures armes. Plus que nulle part ailleurs, sur les pavés du Nord, savoir piloter sa machine est un art qui peut rapporter gros. Mathieu Van der Poel avait débuté son histoire roubaisienne avec un podium (3e) et n'y a plus été battu depuis 2022. S'il venait à poursuivre sa série, il rejoindrait déjà les recordmans Tom Boonen et Roger De Vlaeminck tout en affichant un insolent 66% de victoires.

Le funambule Van der Poel

C'est d'abord l'incroyable puissance que son corps lui offre qui en fait une arme létale sur les secteurs pavés plats, là où son poids l'handicape moins que sur les monts du Tour des Flandres. Vient en seconde qualité, sa formidable technique. Celle qui lui a, par exemple, évité de chuter sur le secteur de Pont-Thibaut à Ennevelin quand Pogacar est parti à la faute. Des exemples comme celui-ci, il y a en a beaucoup dans la carrière de Van der Poel, et ce n'est évidemment pas un hasard.
Rappelez-vous du Het Nieuwsblad, fin février, et ce numéro de funambule incroyable sur les pentes du Molenberg pour éviter de rouler sur la tête du pauvre Luca Mozzato, du final de Paris-Roubaix 2023 quand, après la crevaison de Wout van Aert dans le Carrefour de l'Arbre, il s'était lui-même fait une belle frayeur, ou encore de ce saut de chaîne à l'entraînement alors qu'il lançait un sprint… Van der Poel est un équilibriste, un funambule, un artiste, ce qui ne l'empêche pas d'aller parfois au sol. Mais quand il chute, "VDP" se blesse rarement, pour ne pas dire quasiment jamais.
On essaie de prendre ses trajectoires, même si ce n’est pas évident
Enfant du cyclo-cross dont il est huit fois champion du monde, amoureux du VTT, Van der Poel a goûté à différentes disciplines et une multitude de situations où l'adresse sur le vélo est primordiale. Leader d'une génération venu des sous-bois, il a été habitué à repérer les pièges, à naviguer entre eux et à poser son vélo au bon endroit. S'il fut un formidable poisson-pilote pour Jasper Philipsen sur le Tour de France, c'est parce que Van der Poel sait, aussi, où aller et comment piloter pour gaspiller le moins d'énergie possible. Sur Paris-Roubaix, cette maîtrise lui permet d'être encore lucide même après avoir passé la barre des 250 kilomètres.
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Zigzag, pied à terre et chute évitée : Van der Poel en mode funambule dans le Molenberg

Video credit: Eurosport

Du haut de son mètre 84, Van der Poel n'a pas un centre de gravité très bas mais il domine son vélo. Une caractéristique qu'il a acquise au fil de sa carrière en cyclo-cross après avoir avalé des milliers d'épingles et autant de relances. Même sa manière de se dresser sur les pédales, en toute élégance, trahit sa technique. De Compiègne à Roubaix, il volera encore sur le haut du pavé ce dimanche. Ça ne lui garantira pas la victoire, surtout face à Pogacar, mais ce sera un avantage important pour lui.
Questionné par nos confrères de la RTBF, Florian Sénéchal a raconté comment la Alpecin-Fénix faisait pour replacer son leader quand celui-ci n'était pas bien placé : "Dans ce genre de situation, c’est souvent Mathieu qui est devant. Il libère le passage, on essaie de prendre ses trajectoires, même si ce n’est pas évident. Ça reste le meilleur coureur niveau technique. Nous, on suit sa trace et souvent les autres coureurs nous laissent passer". Un peu comme quand l'aura de Max Verstappen lui facilite les dépassements sur les circuits.
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