Le mythe a fait peau neuve

Tout a été refait. La trouée Arenberg, s'est faite une beauté cette année pour recevoir le peloton de Paris-Roubaix, dimanche. Délaissée l'année dernière, la tranchée pavée à la noire légende retrouve de sa jeunesse pour le plus grand bonheur de ses nombr

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Crédit: Eurosport

Dès l'abord, le regard porte au loin, tout au bout des 2400 mètres en ligne droite qui traversent la forêt. Les arbres ont été élagués, les pavés (toujours disjoints cependant) grattés et nettoyés afin d'élargir d'un demi-mètre la zone pavée, les fossés des bas-côtés agrandis, les abords aménagés.
La Drève des Boules d'Hérin, nom officiel du secteur dépendant de l'Office national des forêts, a retrouvé sa jeunesse. Le Conseil général du Nord et la Communauté de la Porte du Hainaut ont financé les travaux nécessaires pour un budget de l'ordre de 250.000 euros. Les organisateurs ont remis Arenberg sur l'itinéraire, à 93 kilomètres de l'arrivée.
"Je retrouve ces pavés tels que je les ai connus il y a cinquante ans", se félicite Jean Stablinski, le champion du monde 1962 qui indiqua le lieu en 1968 aux responsables de la course. "Stab" le connaissait mieux que personne, il avait travaillé à l'adolescence dans la mine toute proche de Wallers. "Les pavés se dégradaient de plus en plus, explique le Nordiste. J'ai craint l'an dernier que Paris-Roubaix ne passe plus jamais ici. Ces travaux sont une très bonne chose. Mais il ne faut pas croire que la course sera moins dure".
La "peur" de Jean-Marie Leblanc
Avec l'élargissement de la zone pavée, l'un des problèmes posés jusqu'à présent par la trouée a été résolu. Les coureurs, qui gardent par ailleurs toutes les raisons de redouter la zone, disposent désormais d'une bande de terre herbacée, de part et d'autres des pavés, en guise d'échappatoire. "Un coureur chutait et les autres ne pouvaient l'éviter. Maintenant, ils pourront doubler", relève Jean Stablinski qui souligne l'attrait préservé pour les spectateurs et la commodité d'accès du site, placé à proximité de l'autoroute.
Le jour de la course, le public prendra place sur le côté droit du secteur, protégé sur ses premiers et derniers hectomètres par des barrières de chaque bord. Le reste de l'année, les joggeurs, les cavaliers, les cyclistes, les simples promeneurs, pourront utiliser le large sentier jouxtant la forêt où les oiseaux trouvent refuge dans une réserve ornithologique près de la mare à Goriaux.
Jean-Marie Leblanc, directeur de l'épreuve qui s'est battu tant et plus pour sauver "Les pavés du Nord" (le titre de l'ouvrage qu'il écrivit au début des années 1980), se dit soulagé. Il avoue maintenant sa "peur" de jadis lorsque le peloton, lancé à grande vitesse dans Wallers, abordait Arenberg et ses pavés toujours glissants. A l'époque, le soleil ne pouvait trouer les feuillages des arbres. "Cela restera difficile mais ce ne sera plus un traquenard", a résumé le directeur du Tour de France. A moins que la météo en décide autrement. Le mythe a la vie dure.
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