L'envie puis la puissance

Les vainqueurs de Paris-Roubaix, d'un gabarit sensiblement différent, ont en commun l'envie de surmonter cette course à nulle autre pareille qui en sera dimanche à sa 108e édition.

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Crédit: Eurosport

"Ce n'est pas un problème de poids, trop léger ou trop lourd, c'est d'abord l'envie qui prime, une question de volonté", souligne Marc Madiot, qui gagna à deux reprises (1985 et 1991) bien que pesant "seulement" 68-69 kilos. "Un coureur, s'il est en super condition, peut gagner n'importe quelle course en fonction des circonstances. Sauf Paris-Roubaix et le Tour des Flandres. Là, c'est d'abord une question de volonté", souligne le Mayennais.
Pour franchir les pavés, certes, mieux vaut disposer d'un gabarit conséquent afin d'éviter d'être par trop ballotté. Aucun grimpeur ne figure au palmarès de la "reine des classiques". Mais des vainqueurs de grands tours sont présents dans ce Gotha, les derniers en date étant l'Italien Francesco Moser, l'Irlandais Sean Kelly et le Français Bernard Hinault qui s'étaient imposés avant l'ère de la spécialisation à outrance apparue dans les années 1990. A rebours de l'idée selon laquelle il vaut mieux être grand et lourd pour gagner à Roubaix, l'Australien Stuart O'Grady (lauréat en 2007), compact et bien posé sur le vélo, affichait sans complexe 176 centimètres, et le Belge Peter Van Petegem (2003) 1 centimètre de plus.
Un félin
Depuis le début de la décennie, les poids des lauréats s'étagent de 68 kg (Servais Knaven en 2001) à 89-90 kg, le record détenu par le géant suédois Magnus Backstedt (2004). En passant par la fourchette des 78-80 kg dans laquelle s'inscrivent les deux favoris de dimanche, le Suisse Fabian Cancellara (2006) et le Belge Tom Boonen (2005, 2008 et 2009), par ailleurs deux des coureurs les plus puissants du peloton. La puissance serait-elle l'atout-maître sur les pavés ? Elle procure un avantage primordial qui doit cependant être tempéré par l'habileté technique et la science de la course. "Un coureur comme (Bert) Grabsch qui est très puissant et qui traîne un braquet énorme ne va pas pour autant réussir sur Paris-Roubaix", explique Frédéric Guesdon, le dernier Français vainqueur à Roubaix (1997), à propos de l'ex-champion du monde allemand du contre-la-montre.
"Il faut réussir à emmener le braquet tout en tournant bien les jambes. Il ne faut pas s'épuiser", ajoute le Breton qui n'a pas besoin de faire référence à "Monsieur Paris-Roubaix", le Belge Roger De Vlaeminck. Le "Gitan", à l'habileté diabolique, se comportait comme un félin. "On avait l'impression qu'il surfait sur les pavés, qu'il les effaçait", s'enthousiasme Marc Madiot à l'évocation du détenteur du record des victoires (4). "De Vlaeminck faisaient comme si les pavés formaient une vague et il accompagnait la vague en permanence", poursuit le Français. "Cancellara, lui, est davantage comme Moser. C'est plus physique. Boonen a un profil à peu près comparable. Avec la pointe de vitesse qui peut lui permettre de gagner sans avoir besoin de lâcher les autres".
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