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Paris Roubaix 2014 - Niki Terpstra (Omega) s'impose devant John Degenkolb et Fabian Cancellara

C'était le (grand) jour de Terpstra

Le 13/04/2014 à 16:38Mis à jour Le 13/04/2014 à 17:56

Paris-Roubaix a sacré dimanche un vrai spécialiste qui a longtemps attendu son heure : Niki Terpstra s'est imposé en solitaire, devant Degenkolb et Cancellara.

Tom Boonen rêvait de s'installer seul en haut du pavé avec cinq victoires. Fabian Cancellara lorgnait lui aussi sa part d'histoire avec un quatrième succès et un troisième doublé Ronde-Roubaix. Mais les deux ogres de l'Enfer du Nord, sans passer à côté de leur rendez-vous, loin de là, ont raté leur rencard avec le supplément de légende qui les attendait. Dimanche, à Roubaix, c'est pourtant un vrai flandrien qui a triomphé. Mais pour la toute première fois. Niki Terpstra, perpétuel outsider, a enfin mis dans le mille à quelques semaines de son 30e anniversaire. A la fois costaud et malin, il s'offre ainsi, et de loin, le plus grand succès de sa carrière.

C'est en attaquant à 6 kilomètres environ de l'arrivée que le Néerlandais a scellé son glorieux destin. Il figurait alors dans un groupe de 11 coureurs absolument royal. On trouvait là Cancellara, mais aussi Peter Sagan, Sep Vanmarcke, John Degenkolb et Zdenek Stybar. Ces cinq hommes s'étaient isolés à l'avant à la faveur de la traversée du Carrefour de l'Arbre, le dernier secteur pavé classé 5 étoiles, à 15 kilomètres de Roubaix. Puis six autres coureurs sont rentrés. Parmi eux, de sacrés clients, comme Tom Boonen, Sebastian Langeveld et même Bradley Wiggins, absolument épatant. Sans oublier Terpstra, donc.

6e podium pour Cancellara

Compte tenu de la pointe de vitesse de certains membres de ce groupe, à commencer par Degenkolb et Sagan, Terpstra n'avait d'autre choix que de devancer l'entrée sur le vélodrome. Tout est alors, souvent, une question de timing. Celui de Wiggins n'a pas été bon. Le Britannique, premier vainqueur du Tour de France à s'aligner sur l'épreuve depuis 20 ans, a tenté de contrer dès le regroupement des 11. En vain. Il termine quand même 9e. Terpstra, lui, est parti trois kilomètres plus loin. Au bon moment. Il a pris 50 mètres, puis 100 et, dès lors, la course était pliée. Derrière, personne n'avait ni la force de revenir en solo, ni les réserves collectives pour lancer une poursuite.

Vainqueur avec une vingtaine de secondes d'avance sur un groupé réglé par Degenkolb et devant Cancellara (encore sur le podium, donc, pour la 6e fois), Terpstra a pu prendre le temps de savourer. Lauréat du Tour du Qatar en tout début de saison, et de A Travers les Flandres il y a deux semaines, le Batave était en forme, on le savait. 5e en 2012, 3e l'an dernier, il comptait parmi les hommes capables de déboulonner l'incontournable Cancellara. Il offre un nouveau triomphe roubaisien à Patrick Lefévère, le manager de la formation Omega Pharma – Quick Step. Terpstra a su attendre son heure. Un message d'espoir pour Peter Sagan, seul en tête à moins de 20 kilomètres du but et 6 à l'arrivée. Et pour Arnaud Démare, 12e et premier coureur français. A 22 ans, il a pris date pour l'avenir. Pour ce jour de gloire qu'il faut savoir guetter. Parfois longtemps. Terpstra vous le dira.

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