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Dekker les a mis d'accord
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Publié 10/10/2004 à 16:15 GMT+2
Au terme d'une folle journée, où il a été à l'avant de la course pendant 225 kilomètres, Erik Dekker a signé une magistrale victoire lors de la 98e édition de Paris-Tours. Le Néerlandais de la Rabobank a résisté in extremis au retour du peloton. Paolo Bet
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Une fois encore, les baroudeurs ont piégé les sprinters sur Paris-Tours. Ça devient une habitude dans cette classique pourtant taillée sur mesure pour les rois de l'emballage. Mais curieusement, depuis 1997, seule l'édition 2003 s'est achevée sur un sprint massif. Dimanche, Erik Dekker a imité Jako Piil, Richard Virenque ou Jacky Durand en s'imposant au nez et à la barbe du peloton.
Une victoire aux allures d'exploit, car le champion des Pays-Bas était échappé depuis le 25e des 252 kilomètres. D'abord en compagnie de quatre autres coureurs, Tankink (Quick Step), Gusev (CSC), Quinziato (Lampre) et le petit Français Eric Berthou, de la formation RAGT. Jamais cette échappée ne donna le sentiment de pouvoir aller au bout, avec une avance maximale limitée à huit minutes à peine. Une misère sur une course aussi longue.
Un peloton sans patron
On se demande même comment le peloton, revenu à moins de trois minutes à 50 kilomètres de Tours, a réussi à ne pas gober ce club des cinq. Sans doute parce qu'en l'absence de Zabel, Petacchi et Boonen, il manquait une ou deux équipes pour mettre de l'ordre là-dedans. Pendant près de trois heures, on vit l'équipe Cofidis se charger de la poursuite, mais sans aucun discernement. A l'entame des 25 derniers kilomètres, la bande à Stuart O'Grady, épuisé, avait disparu de la circulation.
Malgré cette désorganisation édifiante, la fatigue aurait pu avoir raison de Dekker et cie. Dans le final, l'écrémage se fit d'ailleurs naturellement, au point de laisser le seul Gusev dans la roue du coureur de la Rabobank. Dans la côte de l'Epan, principale difficulté du final, située à huit kilomètres du but, le jeune Russe de 22 ans, dont on reparlera assurément, lâcha prise. Le compte de Dekker semblait même réglé lorsque Igor Astarloa, Allan Davis, Juan Antonio Flecha et Matthias Kessler ont opéré la jonction.
Octobre, mois de la Rabobank
C'est alors que Dekker est devenu franchement sidérant. Avec 220 bornes d'escapade dans les pattes, on le croyait cuit. C'est pourtant lui qui relança la machine aux trois kilomètres, entraînant dans sa roue Kessler. L'Allemand, à son grand étonnement, parvenait à peine à suivre les relais déchaînés de Dekker. Sous la flamme rouge, le duo semblait toutefois condamné, avec un peloton lancé à ses trousses.
A 34 ans, Erik Dekker a encore de la ressource. Remettant une couche aux 500 mètres, il résistait jusqu'au bout à la meute, devançant le malheureux allemand de la Gerolsteiner Danilo Hondo et son champion du monde de coéquipier, Oscar Freire. Vainqueur de la Coupe du monde en 2001, Dekker étoffe un peu plus un palmarès déjà bien fourni.
Le mois d'octobre est décidément somptueux pour la Rabobank. Il l'est moins pour Davide Rebellin. Privé de Mondiaux, l'Italien est désormais dépouillé de son maillot de leader de la Coupe du monde, au profit de son compatriote Paolo Bettini, sixième sur l'avenue de Grammont. Ces deux-là règleront pour de bon leurs comptes dans une semaine en Lombardie.
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