"Rien n'est impossible"

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La victoire d'Erik Dekker dans Paris-Tours est celle de l'obstination. Après deux saisons gâchées par les blessures, le Néerlandais a refusé d'abdiquer. Il a fait preuve de la même détermination dimanche, dans son refus de baisser les armes devant le pelo

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Crédit: Eurosport

Revanche, résurrection, appelez ça comme vous voulez. Erik Dekker, lui, ne veut parler que de plaisir. Celui d'avoir renoué enfin avec un succès majeur. A 34 ans, il était temps, surtout après deux dernières années passées le plus souvent à l'hôpital ou en rééducation. On pensait alors que l'on ne reverrait jamais le talentueux baroudeur d'il y a deux-trois ans, celui qui enlevait trois étapes du Tour de France en quelques jours, ou le classement final de la Coupe du monde en 2001.
Dimanche, on l'a retrouvé au c&oeligur de la Beauce. "Je ne crois pas que je pourrais retrouver un jour mon niveau de 2000 ou 2001. Ce serait dangereux pour moi de penser cela. En tout cas, pas sur une longue période. Mais sur une course, de temps en temps, c'est possible. C'était le cas aujourd'hui" sourit le champion des Pays-Bas, qui compte désormais trois manches de Coupe du monde à son palmarès, après la Clasica San Sebastian en 2000 et surtout l'Amstel Gold Race, chez lui, un an plus tard.
"Je me sentais dans un grand jour"
Ce possible exploit lui trottait dans la tête depuis une bonne semaine. "Après deux années gâchées à cause de blessures, mon rêve était de gagner une grande course, une étape du Tour ou une Coupe du monde. A Vérone, au Championnat du monde, je n'étais pas capable d'être devant dans le dernier tour. Mais j'ai senti que j'avais les moyens de bien faire dans Paris-Tours", explique Dekker.
Dès lors, la tactique était simple. "L'équipe ayant Oscar Freire pour le sprint, il fallait être représenté dans les échappées", reprend le Batave. Alors Dekker a attaqué dès le 25e kilomètre, à contre-coeur cependant. "Comme je me sentais dans un grand jour, j'ai presque regretté de ne pas rester caché plus longtemps", confie-t-il. Une fois parti, il a bien fallu assumé. Jusqu'au bout.
Un à un, Dekker a donc éliminé ses compagnons d'échappée à mesure que le peloton se rapprochait. "A 15 kilomètres de l'arrivée, en traversant un pont, j'ai vu que le peloton était tout près. Alors j'ai décidé de lâcher Gusev", raconte le héros du jour. Insuffisant toutefois pour empêcher un petit groupe de revenir sur lui quelques minutes plus tard. Et quel groupe ! Astarloa, Davis, Flecha et Kessler. Que des pointures.
"Je me suis souvenu de Virenque"
Mais là encore, Dekker n'a jamais paniqué. Il lui restait plus de jambes que chacun ne l'imaginait à cet instant. "Je me sentais fort, reprend-il. Quand j'ai été repris par Astarloa et les autres à huit kilomètres, j'ai donc surtout cherché à rester dans ce groupe". A cet instant, dans sa tête, une image reste ancrée : celle de Richard Virenque, trois ans en arrière. "J'avais dans l'idée de repartir dans le dernier kilomètre, avoue Dekker. Je me suis souvenu de ce qu'avait fait Richard en 2001. C'était incroyable. C'est la preuve que rien n'est impossible."
Jambes de feu et mental de fer, Erik Dekker a donc définitivement scellé son retour au premier plan. Oscar Freire, qui rêvait de triompher avec le maillot arc-en-ciel sur les épaules, ne lui en tenait pas rigueur, bien au contraire. "Erik était le plus fort, il l'a montré sur le final. C'est normal qu'il ait gagné" , estime l'Espagnol. "Etre champion des Pays-Bas, c'est bien. Remporter le Tour de Hollande, c'est sympa. Mais gagner ici, c'est extraordinaire", conclut le Néerlandais, mesurant bien la nature de sa victoire. Cette fois, Dekker est de retour parmi les grands. Parmi les siens, en somme.
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