Paul Magnier veut être plus qu'un sprinteur : "J'aimerais devenir un coureur comme Mathieu Van der Poel"

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Paul Magnier, 20 ans, compte déjà cinq succès chez les professionnels, dont trois lors du Tour de Grande-Bretagne qu'il a quitté sur chute il y a trois semaines. Invité d'Eurosport vendredi dernier en marge des Mondiaux de Zurich, le Français de Soudal Quick-Step témoigne de son ambition d'être un coureur complet, plus qu'un pur sprinteur. Il cite Mathieu Van der Poel et "(sa) classe" en exemple.

Magnier : "Voir Julian prendre des risques pour moi, ça me faisait chaud au cœur"

Video credit: Eurosport

Son Tour de Grande-Bretagne était idyllique… jusqu'à une terrible chute. Paul Magnier (20 ans) reconstitue à peine le puzzle de cet incident, vendredi dans nos locaux, trois semaines après l'avoir vécu. "Je viens d'apprendre par un coureur de FDJ (sic) que je me suis retourné et que j'ai touché la roue d'un coureur de devant. Je serais tombé dans le bas-côté...", nous glisse-t-il au début d'un entretien réalisé en marge des Mondiaux de Zurich, qu'il a ainsi ratés en U23 pour cause de blessure.
"J'ai eu 36 points de suture entre la cheville, le genou et la hanche. Je me suis égratigné à l'épaule et j'ai perdu les ongles des doigts", détaille le coureur français de Soudal Quick-Step, qui a passé huit jours à l'hôpital. Huit, c'est aussi son nombre de succès en 2024, dont cinq dans le peloton professionnel et trois durant l'épreuve britannique. Ce sont surtout ses qualités de sprinteur qui permettent, déjà, à Magnier de briller. Mais il ne souhaite pas être réduit à ce registre. 
Avez-vous récupéré de votre sévère chute lors du Tour de Grande-Bretagne ?
Paul Magnier : Ça va mieux, je commence à pouvoir remarcher normalement. J'ai encore quelques problèmes de mobilité avec le genou, mais la tête va mieux. Ça va revenir petit à petit. C'est surtout le cerveau qui va prendre du temps. Je vais devoir prendre du repos mais avec la période hivernale, je vais quand même avoir le temps de me préparer.
Cette préparation sera-t-elle axée sur le sprint ?
P.M. : J'adore m'entraîner au sprint, travailler sur mon explosivité. Mais j'aime aussi m'entraîner en altitude, faire beaucoup de dénivelé, ne serait-ce que pour être confortable dans les bosses, ne pas souffrir dès qu'il y a un talus. Je ne vais pas me concentrer uniquement sur le sprint, je vais essayer de découvrir un peu tous les domaines.
Sprinteur, n'est-ce pas un métier à part entière ?
P.M. : Un sprint, c'est beaucoup d'adrénaline, de stress. Je pense que c'est dur de rester l'un des meilleurs sprinteurs au monde toute sa carrière. Il y a la peur de la chute, beaucoup de choses qui entrent en jeu… Pour l'instant, je me sens bien, je n'ai jamais eu trop peur pendant un sprint, mais je sais que ça peut vite arriver. J'ai une bonne équipe qui arrive à me placer souvent aux avant-postes, ça me permet de frotter un peu moins.
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Et de trois pour Magnier !

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La structure Quick-Step a compté Tom Boonen en ses rangs, en tant que sprinteur-classicman. Mais depuis, c'est plutôt d'un côté les sprinteurs (Bennett, Viviani, Kittel, Cavendish), de l'autre les cadors des grandes courses d'un jour (Gilbert, Terpstra, Alaphilippe, Evenepoel). Ne craignez-vous pas d'être, certes, parfaitement emmené… mais aussi enfermé dans une case ?
P.M. : Ça ne me fait pas trop peur pour l'instant. On a Tim Merlier dans l'équipe, qui est le meilleur sprinteur du monde cette année selon moi. Il se focalise surtout sur les grandes courses destinées aux sprinteurs, mais il aime aussi courir Paris-Roubaix (meilleur résultat : 23e, ndlr) et le Tour des Flandres (43e). Il fait un peu des deux : du sprint et des classiques. J'aimerais faire pareil.
Paris-Roubaix et le Tour des Flandres pourraient être à votre programme en 2025 ?
P.M. : J'ai déjà discuté de mon programme avec l'équipe. Je ne pense pas faire de grandes compétitions comme le Tour des Flandres et Paris-Roubaix dès l'an prochain, plutôt des courses qui y ressemblent mais d'un niveau un peu moindre, où je peux courir pour la gagne. Mais dans le futur, je veux participer à ces grandes classiques et les remporter.
Vous avez qualifié Tim Merlier de "meilleur sprinteur du monde". Or, votre coéquipier Luke Lamperti a déclaré que vous étiez "presque (à son) niveau" lors d'un stage de présaison l'an dernier. Vous l'auriez même battu sur une pancarte…
P.M. : C'est grâce à cela que j'ai impressionné beaucoup de gens dans l'équipe (sourire). Un entraînement de sprint s'était bien passé pour moi. J'avais réussi à le battre. C'était en décembre ou en janvier, donc pas le moment où il était le plus fort. Mais c'est sûr que ça m'avait mis en confiance et je pense que ça m'avait permis de débloquer mon compteur rapidement, dès ma première course, en Espagne (dans le cadre du Challenge de Majorque, ndlr).
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Magnier, jeune premier du Trophée Ses Salines-Felanitx

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Que des grands coureurs comme Alaphilippe et Evenepoel travaillent pour moi... c'était un rêve
Laquelle de vos huit victoires de la saison vous a procuré le plus d'émotion ?
P.M. : Les trois succès au Tour de Grande-Bretagne, avec Julian Alaphilippe et Remco Evenepoel, notamment, dans l'équipe. Il y avait une super ambiance. Remco participait au travail exceptionnel fait par toute l'équipe, en amont du sprint. Puis Julian était là pour me placer dans le dernier kilomètre. Le voir prendre des risques pour moi, dans les derniers kilomètres du Tour de Grande-Bretagne, ça me faisait chaud au cœur. Surtout qu'il préparait les championnats du monde, il ne fallait pas qu'il tombe. Que des grands coureurs comme ça travaillent pour moi... c'était un rêve.
En juin, vous nous disiez ne pas avoir eu d'idole. Si vous étiez enfant, en cette année 2024, auriez-vous une idole dans le peloton ?
P.M. : J'aimerais devenir un coureur comme Mathieu van der Poel. Il est très rapide, il a gagné beaucoup de classiques, des titres de champion du monde… et il a la classe.
Il est pluridisciplinaire, aussi, et vous aimez le VTT…
P.M. : Oui, j'ai commencé le cyclisme par le VTT. C'est une discipline que j'apprécie et que je pratique encore à l'entraînement. J'habite vers Grenoble, il y a des chemins aux alentours. Avoir deux programmes (VTT et route en l'occurrence, ndlr) c'est compliqué… mais peut-être que je reprendrai la compétition sérieusement dans le futur.
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Le plus drôle ? Le plus rapide ? Le plus stylé ? Alaphilippe et Evenepoel vus par Magnier

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