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Prudhomme sur la mort de Scarponi : "c'est incroyablement violent"

Prudhomme sur la mort de Scarponi : "c'est incroyablement violent"

Le 22/04/2017 à 16:51Mis à jour Le 22/04/2017 à 16:58

Directeur d'ASO, Christian Prudhomme a évoqué la disparition de Michele Scarponi samedi à Liège, à la veille du départ de la dernière grande classique du printemps. Comme tout le monde, il est sous le choc.

Christian Prudhomme, la mort de Michele Scarponi a durement ébranlé le peloton ici à Liège, où s'élancera la Doyenne dimanche…

C.P. : C'est un vrai choc. D'autant plus qu'il disputait le Tour des Alpes hier encore, qu'il avait gagné une étape, été leader et qu'hier soir à 22 heures, il envoyait encore une photo de lui avec le maillot de leader et ses deux enfants. Ils ont perdu leur papa ce matin. Je pense évidemment à sa femme, à ses enfants, à sa famille, à ses amis, à son équipe. Au monde du cyclisme.

Il y a comme une forme d'incrédulité…

C.P. : Oui, c'est incroyablement violent. Parce qu'il était encore là hier. Il était encore coureur hier. Il gagnait, il portait le maillot de leader, encore une fois. Il est vite rentré chez lui vendredi soir, il est sorti très tôt à l'entrainement ce matin, il heurte un camion, il meurt sur le coup. C'est tellement violent. Pour lui, sa famille, mais aussi pour tout le monde du vélo.

" Michele arrivait, et il était le soleil"

Qu'évoque pour vous Michele Scarponi ?

C.P. : C'est un coureur qui avait 37 ans, qui a eu une grande et belle carrière. Surtout, il était très apprécié. Dmitri Fofonov, le directeur sportif de l'équipe Astana, que j'ai eu au téléphone tout à l'heure, me disait "quand les gars n'étaient pas trop en forme, qu'ils étaient tristes, que l'ambiance était morose, Michele arrivait, et il était le soleil.' Il avait vraiment ça. Les gens qui suivent le vélo ont l'image de lui en tête avec un perroquet sur l'épaule, il avait fait rire tout le monde, il avait même courur à l'entraînement avec son perroquet. Voilà, c'était lui.

Lors de la présentation des équipes, les Astana n'étaient pas présents, mais Michele Scarponi était omniprésent malgré tout…

C.P. : L'équipe Astana n'est pas venue à la présentation des coureurs tout à l'heure et c'est bien compréhensible. Mais il y a eu une minute de silence, des images de Michele Scarponi défilaient sur les écrans géants. Ensuite il y a eu une minute d'applaudissements. C'était une vraie communion.

Avez-vous discuté avec l'équipe de sa présence au départ dimanche ?

C.P. : Il n'y a pas eu d'échanges là-dessus. Nous les avons eus pour présenter nos condoléances, leur dire qu'on pensait à sa femme et ses enfants et que nous aussi, nous étions sous le choc. Il n'y a eu aucun mot d'ordre, ce sera à ses amis de voir ce qu'ils peuvent faire compte tenu des circonstances. Je pense qu'ils seront au départ, c'est ce qui est prévu. Il est prévu que les huit coureurs Astana soient en première ligne sur la place Saint-Lambert, où sera donné le départ. Cette 103e édition de la Doyenne sera bien entendu dédiée entièrement à Michele Scarponi.

Propos recueillis par Benoît Vittek, à Liège

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