Tour Auvergne-Rhône-Alpes 2026 - 8e étape | Après sa chute, attention à Paul Seixas la bête blessée

Eurosport sur Google

C'est un Paul Seixas blessé, probablement fatigué qui se présentera au départ de la dernière étape du Tour Auvergne-Rhône-Alpes ce dimanche. Dans quel état est leader de Decathlon CMA CGM, à terre et complètement cuit samedi ? De la réponse à cette question dépendront la stratégie et son envie du jour. Ses rivaux se méfient probablement néanmoins de la bête blessée.

Seixas et la victoire finale : "Rien n'est impossible"

Video credit: Eurosport

En abordant le Tour Auvergne-Rhône-Alpes, Paul Seixas n'avait qu'un souhait, au moins publiquement car on sait qu'il rêvait aussi d'une victoire finale, celui "ne pas finir aussi mort que l'année dernière". C'était il y a une semaine dans la quiétude d'une salle où personne n'envisageait alors qu'il puisse connaître une journée aussi dingue que celle vécue sur la 7e étape du Tour Auvergne-Rhône-Alpes ce samedi. Le voilà touché profondément dans sa chair et quasiment assuré de ne pas remporter le général, sauf exploit physique monumental ce dimanche jusqu'au Plateau de Solaison.
On a tant dit, tant écrit que ce coureur n'avait jamais connu l'échec, pas l'ombre d'une mauvaise performance depuis un an, depuis qu'il avait crevé l'écran d'abord discrètement sur le Tour des Alpes puis un peu moins sur le Dauphiné et finalement aux yeux du monde en fin de saison… A Paul Seixas, il n'arrivait rien, jamais et à chaque sortie, son talent sautait plus fort aux yeux qu'à la précédente. On se souviendra d'une crevaison dans la dernière étape du Dauphiné 2025 qui lui avait probablement coûté le Top 6 et puis, c'est tout.
picture

"Là, on peut dire que c'est un très grand" : Seixas, bluffant malgré la chute

Video credit: Eurosport

A cette très maigre liste de galères, on ajoutera donc le piège dans lequel est tombé Decathlon CMA CGM vendredi vers Crest-Voland mais aussi, et surtout, la chute de samedi, un gadin à 70 km/h qui a laissé des traces profondes sur son corps et l'a obligé à une poursuite de 60 kilomètres. Déjà vrai leader, Seixas n'a imputé à personne d'autre qu'à lui la responsabilité de l'incident. Il est de ceux qui assument tout, ses ambitions, ses victoires mais aussi donc, et on l'a découvert cette semaine, ses déboires.

Chahuté par ses UAE et les autres depuis vendredi

Vers le Grand Colombier ce samedi, ses adversaires ne lui ont pas rendu la tâche facile en roulant fort, ce que rien n'interdit. Difficile néanmoins de penser que le peloton se serait comporté de la même manière si l'homme à terre s'appelait, au hasard, Tadej Pogacar. Le Français n'a pas encore les mêmes privilèges que son aîné slovène, bien au contraire, mais il n'a été nullement question de s'appesantir sur le comportement des autres pendant les quatre minutes où il s'est adressé aux médias.
Les mains abîmées, la démarche claudicante, Seixas n'avait de mots que pour ses coéquipiers qu'il "aime" et pour sa bêtise du jour. C'est Léo Bisiaux, le dernier des hommes à s'être sacrifié pour lui qui a rappelé que UAE, Visma ou Lidl, qui n'avaient que faire de la victoire d'étape vendredi, se sont subitement trouvé une grande envie de succès ce samedi. Peut-être ce sujet fut-il l'un des thèmes du dîner des Decathlon samedi soir. Et peut-être, la flamme de Paul Seixas qui a bien failli s'éteindre samedi quelque part sur la route, s'en trouvera ravivée.
picture

Seixas sur ses équipiers : "Ils sont fous, je les aime tous"

Video credit: Eurosport

Il fallait le voir au bord du malaise puis assis et plus tard avoir du mal à remonter sur son vélo pour mesurer à la fois sa douleur et à quel point Paul Seixas était allé loin dans l'effort. Sitôt la ligne passée, sitôt ses proches retrouvés, son corps a dit stop et la décompression nerveuse fut immédiate et spectaculaire. Une demi-heure plus tard, il confiait pourtant penser qu'il serait bien au départ de la 8e et dernière étape dimanche. Mais pour quoi faire ?

Un podium et une victoire d'étape ?

Le leader français n'a probablement pas très bien dormi la nuit dernière, entre blessures physiques et regrets plein la tête alors qu'il semblait au moins aussi fort qu'Isaac Del Toro promis à la victoire finale. La bête est blessée, sans aucun doute mais il faut se demander à quel point et ce que son orgueil pourra compenser. Depuis deux jours, et s'il a largement sa part de responsabilité, il découvre ce que son nouveau statut implique. Les toutes-puissantes UAE, Visma et Lidl ont joué avec lui, comme pour lui rappeler que rien n'est facile à ce niveau. S'il en a les moyens, Seixas pourrait bien chercher à leur faire payer par-delà près de 4 000 mètres de dénivelé ce dimanche.
Désormais 6e du classement général, le Français n'est qu'à 72 secondes de Matteo Jorgenson, 65 de Del Toro et 48 de Juan Ayuso. Au top de sa forme, il pourrait encore croire la victoire possible. Dans sa situation actuelle, il peut, peut-être, rêver d'un podium final et… d'une victoire d'étape. Si d'aventure ses blessures ne l'embêtent pas trop, Seixas est un client sérieux jusqu'au Plateau de Solaison. Pour lui, pour montrer à ses rivaux qu'il est toujours là et aussi, et surtout peut-être, pour remercier à sa manière une équipe qui s'est dévouée et qui a montré, dans l'adversité, qu'elle était meilleure que ce que certains pouvaient penser. L'heure de la revanche d'une bête blessée a peut-être déjà sonné.
picture

Un festin pour la fin : le profil de la dernière étape

Video credit: Eurosport


Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article