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Que la fête recommence : 100 jours pour marquer l'histoire

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France's Julian Alaphilippe (L) embraces Czech teammate Zdenek Stybar after winning the one-day classic cycling race Strade Bianche (White Roads) on March 9, 2019 in Siena, Tuscany.

Crédit: Getty Images

ParBenoît Vittek
31/07/2020 à 22:15 | Mis à jour 01/08/2020 à 08:43
@bvittek

Avec le retour des compétitions internationales dans un calendrier extraordinairement dense, la Petite Reine roule à nouveau. Les 100 jours qui viennent peuvent être parmi les plus beaux de la longue histoire du cyclisme... Mais la menace du coronavirus reste omniprésente.

Le Tour vous manque et juillet perd tout son sens. Heureusement, août est venu. Et le tournant estival s’accompagne de la reprise des compétitions cyclistes tambour battant. On nous a promis trois mois fous et ça commence fort : le talent du futur Remco Evenepoel continue d’émerveiller le monde au présent, cette fois depuis la province de Burgos, et ses aînés stars des pelotons sont immédiatement mobilisés sur tous les fronts, des lacets occitans aux routes poussiéreuses sillonnant la Toscane. Après la disette, l’heure est à nouveau à la fête ?

Il reste de nombreuses incertitudes et inquiétudes mais les roues tournent et les dilemmes qui s’offrent aux suiveurs paraissent des plus heureux. Samedi, on regarde Julian Alaphilippe défendre sa victoire dans les Strade Bianche face à Philippe Gilbert, Mathieu van der Poel et autres Vincenzo Nibali et Peter Sagan ? Ou on se concentre sur le départ de la Route d’Occitanie, pour les retrouvailles entre Egan Bernal et Chris Froome, face à Thibaut Pinot, Warren Barguil ou encore Miguel Angel Lopez ? On jettera également un oeil émerveillé à la constellation d’étoiles féminines qui s’alignent à Sienne : Annemiek van Vleuten, Marianne Vos, Lizzie Deignan, Kasia Niewiadoma…

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N’en jetez plus ? Au contraire, on n’attend que ça après cinq mois de frustrations et de courses virtuelles ! En compensation de ces 150 jours maudits, les 100 qui viennent seront peut-être les plus intenses de l’histoire du cyclisme pro avec une invraisemblable densité d’épreuves et de talents. Le 25 octobre 2020 concentre les fantasmes autour de Paris-Roubaix, la dernière étape du Giro et l'ascension du Tourmalet sur la Vuelta. Dès la mi-août, les champions devront notamment faire un choix entre le Critérium du Dauphiné et le Tour de Lombardie.

Ne nous inquiétons pas pour autant d’une pénurie de talents. Les coureurs privés de leur terrain de jeu (et d'une partie de leurs revenus) ont encore plus faim que les suiveurs et ils seront sur tous les fronts. Prenez le Tour de l’Ain, à l’aura plus modeste que les géants du calendrier précédemment cités. Il doit réunir à lui seul sept vainqueurs de Grands Tours : Bernal, Froome, Thomas, Quintana, Dumoulin, Roglic et Aru.

"On catalogue souvent Froome d'emblème d’un cyclisme réglé au millimètre, et pourtant…"

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Moins de certitudes, plus de plaisir ?

"Je suis très heureux d’être à la veille d’une course”, se réjouissait ainsi Philippe Gilbert vendredi, lors d’un échange avec la presse organisé par son équipe Lotto-Soudal via caméras interposés. "Il y a quelques mois, on se demandait si ce serait à nouveau possible cette année. Vivement demain !" Sur les Strade, le Belge va vivre une reprise "exigeante", avec "une chaleur de plomb" qui pourrait même justifier un recours au protocole de l'UCI sur les conditions météorologiques extrêmes… "Je suis plutôt pour qu’on prenne le départ", sourit-il dans un bel euphémisme.

Le vétéran belge trouvera peu d’opposants sur la route de Sienne. On attendra pour revivre la communion entre la foule et les héros cyclistes sur la Piazza del Campo mais cette saison promet des images nouvelles, dès samedi : que donneront les Strade Bianche dans la fournaise d’août ? Et Milan-Sanremo, avec son nouveau parcours, des équipes réduites, et une préparation tronquée ? Plus loin dans l’année, on retrouvera peut-être un classique attendu par de nombreux fans depuis une vingtaine d’années : un Paris-Roubaix automnal sera-t-il un Paris-Roubaix humide ?

"Il y a beaucoup d'incertitudes, sur un plan physique et surtout mentalement", estime l'entraîneur d'Elia Viviani, Diego Bragato. Pour lui, c'est un casse-tête. Pour les suiveurs, c'est la promesse de courses plus imprévisibles.

"Chaque course peut être la dernière"

Les raisons de s’enthousiasmer sont nombreuses et Philippe Gilbert invite à "prendre tout ce qui est à prendre". Un peu de gloutonnerie ne fait pas de mal après la disette… D’autant plus que tout peut s’arrêter très vite. "Il faut se dire que chaque course peut être la dernière parce que c’est très compliqué", prévient le Belge, pour qui il y a "un gros risque que le Tour n’aille pas jusqu’à Paris" si les cas de coronavirus se multiplient dans le peloton ou son entourage.

Cette semaine à Burgos, deux coureurs d’Israel Start-Up Nation et trois d’UAE Team Emirates ont dû se retirer par précaution. Au départ de la 3e étape, un membre d’encadrement nous donnait des nouvelles derrière un masque aux couleurs de son équipe : "Bonjour Paris ! Ici à Burgos, la situation est sous contrôle. J’espère que tout va bien se passer… Sinon la saison est foutue !"

Egan Bernal - Ineos

Crédit: Getty Images

En Italie, territoire autour duquel se cristallisait une bonne partie des inquiétudes printanières, RCS Sport se prépare à "un grand test" samedi avec les Strade Bianche. Face aux circonstances, la société organisatrice lombarde a ajusté les parcours de Milan-Sanremo et du Giro. Elle affirme désormais sa confiance "absolue" quant à l’organisation de ses différents événements.

Tout le monde veut y croire. Pour y parvenir, différents protocoles sanitaires ont été mis en place par l’Union cycliste internationale, les organisateurs d’épreuve et les autorités locales. En plus de ces mesures, on est tenté de croiser les doigts et d'avoir une pensée pour la Madonna del Ghisallo, sainte patronne des cyclistes.

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