Strade Bianche 2022 : Le vrai début des galères pour Julian Alaphilippe

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Deux ans de galère. C'est ainsi qu'on pourrait résumer peu ou prou la trajectoire de Julian Alaphilippe depuis les Strade Bianche 2022, où il avait chuté dans un soleil impressionnant mais heureusement sans gravité. Reste qu'à la suite de cet épisode se sont enchaînés maladie, chute et polémiques qui l'ont plus souvent vu apparaître dans la lumière pour les à-côtés que pour ses performances.

Rétro 2022 - Début des ennuis pour Alaphilippe, intouchable Pogacar

Video credit: Eurosport

Il y a un an, à la veille de sa victoire sur la Faun-Ardèche Classic, nous avions joué à un petit jeu avec Julian Alaphilippe en évoquant avec lui quatre courses d'un jour de la première partie de saison. Dans un élan de sincérité, le double champion du monde avait fait des Strade Bianche sa course favorite. Domptée en 2019, la belle toscane lui avait fait mal aux jambes quand Mathieu van der Poel l'avait abandonné au prix d'une attaque folle dans le mur final. Elle l'avait aussi vu à terre après un soleil en 2022. Une image qui, rétrospectivement, devait marquer le commencement des galères.
Début 2022, Julian Alaphilippe attaque sa deuxième et dernière saison ceint du maillot arc-en-ciel. Un honneur glané à la force des jambes et avec la tête assez dure pour attaquer ni une, ni deux, ni trois mais quatre fois au cœur du tourniquet de Louvain (Belgique). Si 2021 fut moins prolifique pour lui (4 succès), c'est parce qu'il avait vu la nouvelle génération empiéter sur son territoire (Van der Poel aux Strade Bianche, Pogacar à Liège). Mais Alaphilippe avait su conserver quelques-uns de ses prés carrés.

Avant 2022, Alaphilippe gagnait moins mais gagnait bien

Les Mondiaux donc, mais aussi La Flèche Wallonne et, plus important, ce maillot jaune en début de Tour de France (comme en 2019 et 2020), acquis à Landerneau dans la Fosse aux Loups, transformée pour une journée en "Fosse à Loulou" puisque personne parmi les favoris (Roglic, Pogacar) ou les puncheurs (Van der Poel, Van Aert) n'avait pu le suivre. Bref, celui qui avait encore les faveurs de Patrick Lefevere gagnait moins mais gagnait bien.
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Une attaque monstrueuse pour un grand bonheur à l'arrivée : Alaphilippe a fait le show

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En cette fin d'hiver 2022, Alaphilippe peut encore espérer jouer dans la cour des grands, même si l'on sent bien que d'autres abordent les Strade Bianche avec un peu plus de certitudes. Ce soleil, plus impressionnant finalement que dangereux, l'empêche de tenter de s'accrocher aux basques et à la mèche de Pogacar qui livre ce jour-là l'un des numéros dont il a le secret. Un épiphénomène pense-t-on.
Mais puisque les emmerdes volent escadrilles, le Français de la Soudal-Quick Step, malade, devait à la suite déclarer forfait pour Milan-Sanremo. Un contre-temps avant l'accident. Sur un Liège-Bastogne-Liège que Remco Evenepoel allait illuminer de sa classe, Alaphilippe connaissait la pire chute de sa carrière, et sans doute l'une des frayeurs de sa vie. Insuffisamment préparé pour le Tour, il voyait son équipe l'en priver avant que le Covid vienne gâcher son retour au Tour de Wallonie alors même qu'il en avait remporté la 1re étape.
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La chute d'un champion du monde : revivez le soleil d'Alaphilippe sur les Strade Bianche 2022

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Une chute à la Vuelta, une épaule abîmée, des Mondiaux à oublier devaient suivre pour clore le chapitre 2022 qu'il espérait unique en son genre dans sa carrière.

Pour quand la fin des galères ?

Rencontré par Eurosport fin février 2023, Alaphilippe se disait confiant après un hiver studieux et son succès ardéchois devait en appeler d'autres. Il y en eut bien un sur le Critérium du Dauphiné mais rien de plus et c'est à l'aune de victoires qui ne tombaient plus par paquets que Patrick Lefevere avait choisi de commencer à le prendre pour cible, avançant que pour un salaire pareil, ses résultats étaient franchement décevants. A vrai dire ils l'étaient aussi pour un Alaphilippe qui a reconnu il y a peu avoir parfois couru pour se faire mal plus qu'autre chose, conscient qu'il était de son incapacité à "la mettre au fond".
Mais 2023 devait servir à se reconstruire. On se ne remet pas de tant de galères en quelques semaines. Et pour 2024, Alaphilippe avait de l'ambition en plus d'un nouveau programme censé lui donner un petit de fouet (l'Australie en début de saison, le Giro et pas le Tour). On a encore entendu son patron lui casser du sucre sur le dos, peut-être pour faire diversion car la Soudal-Quick Step n'existe plus où elle régnait avant, c'est-à-dire sur les pavés, et ce n'est certainement pas la seule faute du Français.
On l'a surtout vu tomber, une fois de plus, sur le Het Nieuwsblad samedi dernier. Sa réaction et ses mots en disaient long sur la lassitude qui est la sienne. Las, il l'est parce que son niveau d'antan ne revient pas, mais il l'est aussi car il trouve que la malchance le frappe décidément plus que d'autres. L'est-il un peu aussi parce que ceux qui pourraient le soutenir l'ont transformé en punching-ball ? Le voir triompher sur les Strade Bianche ce samedi paraît bien illusoire, mais si Julian Alaphilippe pouvait avoir une course tranquille, il n'y aurait pas grand monde qui ne serait pas soulagé. A commencer par lui, évidemment.
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