Strade Bianche 2026 | Paul Seixas - Tadej Pogacar, deuxième épisode : "Il m'a manqué 500 mètres…"
Eurosport sur GoogleExceptionnel deuxième des Strade Bianche, Paul Seixas (Decathlon CMA CGM) aura vécu une incroyable journée sur les routes blanches de Toscane. D'abord parce que son résultat est excellent, qu'il y a réussi une performance physique rare pour un gamin de son âge (19 ans), enfin parce que pour la deuxième fois après les Championnats d'Europe, il s'est vraiment mesuré à Tadej Pogacar.
Malgré un Seixas sans complexe, l'infernal Pogacar fait le vide en moins de 2 km
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Il y aurait matière à analyser l'écart qui séparait et sépare toujours Tadej Pogacar à Paul Seixas sur les moments-clés des courses auxquelles ils ont participé ensemble. A la manière de la progression du Français depuis son arrivée chez les professionnels il y a 14 mois, celui-ci suit une trajectoire qui va toujours dans le même sens. Petit à petit, le Français se rapproche. Samedi sur les Strade Bianche, il aurait même pu tenir sa roue un peu plus longtemps sans un mauvais placement. Dans ces quelques dizaines de secondes s'est joué un duel que l'on verra et reverra encore dans les semaines, les mois et années à venir.
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Si l'organisation n'avait pas offert à Fabian Cancellara, désormais ex-recordman des victoires sur les Strade Bianche (3), l'honneur d'accoler son nom au secteur du Monte Sainte-Marie, il n'aurait pas fallu chercher plus loin pour décider lequel des chemins empierrés devait se voir lié à jamais à Tadej Pogacar. Le quadruple vainqueur n'aime rien de moins que ce secteur long, difficile et technique. Tantôt il y fait un premier écrémage, tantôt il y dit au revoir, ou plutôt adieu à ses adversaires qui ne le reverront plus, si ce n'est à Sienne après l'arrivée.
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Le roi Pogacar et son dauphin Seixas : l'arrivée des deux géants à Sienne
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C'est une nouvelle fois là que le Slovène a voulu s'envoler puisque 80 kilomètres, ou 79 ce samedi, ne lui font plus peur, distorsion absolue des distances qui pousse même le suiveur à croire que cette aventure n'est pas une folie. Elle en était une, comme à chaque fois, mais Pogacar impose et les autres disposent. Ils étaient deux à avoir envie de s'essayer à suivre sa trace dans la poussière d'une journée sèche de la fin de l'hiver toscan : Tom Pidcock (Pinarello Q36.5) et le mousquetaire français, Paul Seixas (Decathlon CMA CGM).
Seixas victime d'une cassure et de Pidcock dans son entreprise de suivre Pogacar
Le plus fort des deux, le résultat final l'a prouvé, était bien le second mais plus expérimenté, Pidcock était le mieux placé. "J'ai pris une petite cassure dans la descente, confirmait Seixas au micro d'Eurosport. Ils ont joué un peu le jeu d'équipe, (Isaac) Del Toro a fait le jeu d'équipe. Quand je le doublais, il se remettait devant et il freinait. C'est lui qui a fait le trou." Premier accroc. Le deuxième a suivi avec les deux problèmes mécaniques de Pidcock qui ont obligé Seixas à un autre effort. Pour suivre Pogacar, gâcher des munitions est évidemment fatal.
"C'est un moment-clé, il fait un effort de 500 ou 800 m pour revenir dans la roue de Pogacar et il va payer cash cette petite poursuite, analyse notre consultant Jacky Durand. Mais Seixas fut le dernier homme debout, le dernier non pas à se coucher mais à plier. Sans le double épisode Del Toro-Pidcock, qu'en serait-il advenu de ce duel ? "Je ne dis pas que s'il était directement dans la roue, il aurait suivi Pogacar mais en tout cas, ça a changé la course, poursuit Durand. Pidcock qui a un double incident, ça a changé le scénario."
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Pogacar : "Seixas s'est vraiment accroché, j'ai tout donné"
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Parce qu'il était là pour gagner, mais aussi pour se jauger, Seixas a tout tenté pour suivre, quitte à aller trop loin dans la douleur. "C'est dur, très dur d'être dans sa roue. Ça fait vraiment très très mal aux jambes, a réagi l'intéressé. Ce qu'il a fallu que je bouche au pied de la bosse, je l'ai vraiment payé après. Il ne m'a pas manqué grand-chose, j'ai essayé de revenir, je ne suis vraiment pas passé loin, il m'a manqué 500 mètres…"
L'écart entre Seixas et Pogacar s'est réduit
Le vainqueur du jour a vu, et peut-être a-t-il enregistré cette image quelque part dans sa tête, que Seixas avait tout fait pour le suivre. "Je me suis dit, 'il faut que je donne tout jusqu'au sommet pour voir s'il tient ou s'il explose'", a dit "Pogi" pour le résultat que l'on connaît. Ceci n'a d'ailleurs pas échappé à son ultime victime qui nuançait sa proximité avec l'ogre slovène en notant que ce dernier était capable d'en remettre quand il le voyait s'approcher trop près de l'astre qu'il est, qu'en une phrase, Seixas était "à fond quand Pogacar gérait".
Ces quelques dizaines de secondes suffiront à entourer le prodige français de toujours plus de superlatifs, de promesses et d'emballement. Mais comment faire autrement quand un coureur de 19 ans découvrant les Strade Bianche et leur difficulté fut le dernier à céder face à la référence du moment, et plus important encore quand celui-ci a osé alors que tant d'autres s'y sont brûlés ? Il en manquait encore pas mal à Paul Seixas mais moins qu'au championnat d'Europe en octobre dernier. L'évidence, c'est qu'il en manquera encore lors des prochains duels mais l'écart entre lui et Pogacar est plus ténu qu'il ne l'est entre le champion du monde et 99% du peloton.
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Seixas : "Etre dans la roue de Pogacar quand il attaque, ça fait mal aux jambes"
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