"Il est vraiment phénoménal". C'est le titre d'une chanson au goût douteux des années 1990. Tout aussi dure pour nos oreilles soit-elle, il faut reconnaître qu'elle sied parfaitement à Mathieu van der Poel. Le prodige néerlandais a franchi une nouvelle étape dans sa jeune carrière en remportant avec la manière les Strade Bianche, la semi-classique de terre et graviers, devenue au fil des années une classique moderne dans les esprits et un rendez-vous incontournable pour les chasseurs de course d'un jour (son passage en catégorie World Tour n'a eu lieu qu'en 2017), après un samedi de rêve.
Le leader de la formation Alpecin-Fenix avait coché cette fusion du Tour des Flandres et de Paris Roubaix, sauce toscane, dans son petit calepin. Il a joint les actes à la parole en dominant deux ténors, Julian Alaphilippe, champion du monde en titre, et meilleur coureur de la planète sur ce type d'épreuve depuis deux ans, et le surprenant Egan Bernal, venu préparer le Giro. "J'avais vraiment envie de gagner cette course. Je me sentais vraiment fort", a reconnu le champion des Pays-Bas sur route après l'épreuve, de manière très détendue.

Van der Poel monstrueux, Alaphilippe encore (un peu) juste : Le résumé des Strade Bianche

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La dernière montée était quelque chose pour moi
"C’est vraiment cool de la gagner. Je me sentais assez bien et j’ai attaqué dans le dernier secteur graviers et je me suis retrouvé avec Bernal et Alaphilippe en tête", a-t-il ajouté, avant d'expliquer son plan de bataille dans le final, où il a placé deux pétards dont il a le secret. "On a bien roulé ensemble, on avait décidé de collaborer, et je sentais que je devais en garder encore un peu dans les jambes pour la dernière montée. Puis, j'ai attaqué et ça m'a souri. Julian était un peu fatigué à la fin. Il m'a dit qu’il avait les jambes un peu lourdes. Je voyais bien qu'il ne mentait pas. Egan m'a laissé de belles impressions quand la route montait, mais je savais que la dernière montée était vraiment quelque chose pour moi."

Une attaque d'une violence inouïe : Van der Poel a laissé Alaphilippe sur place dans le mur final

Des chiffres fous qui vont le conduire au Tour, puis à Tokyo

Van der Poel carbure au super. Ses chiffres le prouvent et ils sont affolants. Après quatre jours de course en 2021, le coureur d'Alpecin - Fenix en est déjà à deux victoires. La première, il l'avait décrochée lors de la 1re étape du Tour des Emirats à la mi-février. La deuxième n'a pas tardé à venir. Au total, le petit-fils de Raymond Poulidor, 26 ans, compte 29 succès en élite, dont 8 en World Tour.
S'il a déjà épinglé deux Classiques à son compteur, dont un Monument, en s'adjugeant l'Amstel Gold Race 2019 et le Tour des Flandres 2020, sa prochaine étape sera de décrocher une médaille olympique. Sa forme du moment semble être une vraie rampe de lancement vers cet objectif.
Après le printemps des classiques, viendra donc le temps de concrétiser son grand rêve : les Jeux Olympiques, à Tokyo. Mais avant de s'envoler vers le Japon, Van der Poel va aussi goûter pour la première fois de sa carrière aux routes du Tour de France. Le Néerlandais l'a annoncé lors de l'entretien d'avant-course, quelques minutes avant le départ des Strade Bianche, il sera bien sur la Grande Boucle.
Il y avait pourtant un petit doute sur sa présence, d'abord confirmée, puis remise en doute par l'intéressé, prêt à quitter la course à mi-chemin pour réaliser son rêve olympique en VTT. Ou même prêt finalement à plus prioriser les Jeux. C'était devenu trop flou. "Je ferai le Tour de France pour la première fois cet été, avant de viser les Jeux Olympiques", a-t-il expliqué depuis Sienne, mettant fin aux rumeurs. La prochaine fois qu'on le verra, ce sera sur Tirreno - Adriatico, dans seulement quatre jours. Il est affamé celui-là.

Mathieu van der Poel sur le podium des Strade Bianche

Crédit: Getty Images

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