Il s'est retourné une dernière fois. Et il a pu lever les bras au ciel. Enfin. Cela faisait un moment que Warren Barguil n'avait plus connu la sensation de couper une ligne d'arrivée en vainqueur. Il avait bien remporté le classement général du Tour du Limousin en août dernier. Mais son dernier succès en course remontait à 2019 sur les championnats de France sur route. Depuis, il n'avait pas vraiment connu que de bons moments. S'imposer sur une étape d'une épreuve du World Tour n'en a que plus de saveur.
Barguil la voulait. Et il y a mis la manière. Sa présence dans l'échappée du jour sur la route de Fermo montrait qu'il avait une idée derrière la tête. "J’avais regardé le final de cette étape, qui était fait pour moi, et dans l’échappée j’ai eu le feeling", a-t-il expliqué dans des propos rapportés par Le Télégramme. Le bon feeling, et les bonnes jambes. Celles qui lui ont permis de placer un premier coup d'accélérateur à 5 kilomètres de l'arrivée. Seul son compatriote Valentin Ferron (TotalEnergies) y a résisté. Avant de craquer à son tour sur une deuxième attaque du Français, décisive, à 2,8 kilomètres de la ligne.
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Une attaque à 5 km de l'arrivée et Barguil s'est envolé vers la victoire : le résumé de la 5e étape

Le Morbihannais peut savourer. D'abord parce qu'il a concrétisé un travail d'équipe. Et il n'a pas manqué de partager sa victoire au pied du podium avec son équipier Clément Russo, présent avec lui dans l'échappée. "Un grand merci à Clément (Russo), mon coéquipier et camarade de chambre, pour tout le boulot qu’il a fait aujourd’hui, a salué Barguil. Après, dans les derniers kilomètres, j’ai observé les gars de TotalEnergies, et comme le rythme n’était pas très élevé, j’ai décidé d’y aller. Dans la montée finale, j’ai tout donné, je me suis fait mal aux jambes. Je suis vraiment content de ma course."

"Marre de toujours me battre pour être 8e ou 10e"

Il l'a gérée de main de maître pour s'offrir une 7e victoire chez les professionnels sur un parcours qui pouvait s'apparenter à celui d'une classique. Il en est friand. "Aujourd'hui je me suis dit que c'était une course d'un jour et j'ai tout donné, a expliqué le coureur âgé de 30 ans. C'est le vélo comme j'aime. Il faut gérer en échappée, la jouer tactique et être malin. Il ne faut pas forcément être le plus fort. Ça fait très plaisir d'avoir une victoire à ce niveau-là. J'ai été beaucoup critiqué alors que je n'étais pas non plus à la rue. On attend toujours plus de moi."

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C'est la rançon de la gloire. Barguil avait crevé l'écran sur le Tour de France 2017. Vainqueur de deux étapes, du maillot à pois du meilleur grimpeur, du prix de la combativité et 10e du classement général à l'arrivée à Paris, le Breton s'était imposé comme l'un des atouts du cyclisme français. Il a fatalement été davantage surveillé. Et cela a contribué à sa volonté de changer sa façon de courir. "Si on prend une ascension finale à monter aux watts, je n'ai pas le meilleur moteur ni le meilleur niveau, a-t-il expliqué. J'en avais un peu marre de toujours me battre pour être huitième ou dixième et je voulais changer mon registre."
Cette nécessité de se réinventer a trouvé tout son sens ce vendredi. Avec un peu de retard. Car Barguil remontait déjà en puissance l'an dernier, avant qu'un coup du sort ne vienne le contrarier. "Au mois de septembre, je commençais vraiment à bien marcher, a-t-il rappelé. Je faisais quasiment mon poids du Tour de France 2017, ça faisait longtemps et je commençais à avoir des super sensations à l'entraînement. Je chute (fracture du bassin, NDLR) et ça m'a tué le moral. Finalement j'ai battu tous les pronostics et réussi à vite me rétablir." Et retrouver son meilleur niveau. C'est bien ce que Barguil a prouvé à Fermo.
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