Richard Carapaz, un audacieux au sommet de l’Olympe. Dans l’ombre des armadas belge et slovène, le grimpeur d’El Carmelo, seulement épaulé d’un équipier, a surpris son monde et signé un superbe exploit samedi à Fuji pour s’offrir le titre olympique sur route, une première pour un Équatorien. Grandissimes favoris, Wout Van Aert (2e) et Tadej Pogacar n’ont pas réussi à s’isoler et, pire que ça, se sont sabordés mutuellement. Le Belge a finalement pris le dessus sur la ligne d’arrivée du circuit automobile de Fuji pour la médaille d’argent. Présent dans le groupe pour la médaille et actif dans le final, David Gaudu doit se contenter de la 7e place.
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Carapaz, un solo pour la gloire : son arrivée triomphale

Tokyo 2020
Pas de finale pour Helal
08/08/2021 À 02:43

Des conditions extrêmes

Une chaleur moite à s’en déchirer le cuissard, des portions vallonnées interminables, un final à s’en donner le tournis. Il fallait bien être d’une trempe particulière pour venir à bout des éléments, des 234 km au programme et..des autres. Les autres, ce sont ses deux colonnes bleu ciel et blanche censées placer sur orbite les deux grands favoris : Tadej Pogacar et Wout Van Aert. Le duo a bien fini le Tour mais les conditions âpres rencontrées ce samedi autour du Mont Fuji ont redistribué quelque peu les cartes. D’habitude si aérien, Pogacar n’a cette fois-ci pu s’envoler en solo comme il a pu le faire si aisément lors de la 8e étape du dernier Tour de France. On le sait, la chaleur n’est pas sa meilleure alliée.

Van Aert et le douloureux souvenir d'Imola

Sûr de sa force, au point d’engager la poursuite de l’échappée matinale alors qu’il restait encore 200 km avant la ligne, Wout Van Aert n’a même pas pu compter sur les multiples cordes solidement fixées à son arc. Favori sur tous les formats, le Flamand, déjà frustré l’an dernier sur le circuit des Mondiaux d’Imola par Julian Alaphilippe, a bien cru revivre le cauchemar d’une course-poursuite perdue d’avance. Incapable de lâcher ses rivaux sur les pentes irrégulières du Fuji Sanroku (14,5 à 6%), le vice-champion du monde en titre a subi un traitement tout particulier, pisté au moindre fait et geste. Vainqueur d'un souffle du sprint pour la deuxième place face à Pogacar, Van Aert doit finalement se contenter d’un argent décevant très amer.
Obnubilé par le duo en pleine lumière, Carapaz n’a pas hésité à sortir de l’ombre et suivre une offensive -parmi d’autre- de Brandon McNulty (Etats-Unis). Sauf que celle-ci était la bonne. Il aura ensuite fallu batailler et se débarrasser de l'Américain sur les dernières portions irrégulières du Fuji International Speedway. Après six heures de course, l’Equatorien s’est, au bout de l'effort, drapé du voile indélébile de la gloire et de l’Histoire avec un grand H. Déjà dans le cœur des siens après un Giro enlevé en 2019 et un podium fraîchement acquis sur la Grande Boucle en ce mois de juillet, Carapaz a certainement signé la victoire la plus marquante de sa carrière. Pour les autres, Roglic -transparent et défaillant dans le Fuji Sanroku- et Van Aert en tête, la revanche se conjuguera au singulier, lors du contre-la-montre individuel, prévu le mercredi 28 juillet.
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