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Tombeur d'Evenepoel, adoubé par Ganna : Joshua Tarling, la nouvelle bombe du chrono
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Publié 17/10/2023 à 00:04 GMT+2
Officiellement la saison cycliste n'a pas encore pris fin. Dans les faits, le Tour de Lombardie marque une sacrée rupture mais dimanche, le résultat du Chrono des Nations a fait sourciller les observateurs. Venu pour jouer les prolongations au bout d'une saison harassante, Remco Evenepoel a été battu sur l'exercice individuel par un certain Joshua Tarling, 19 ans à peine mais déjà impressionnant.
Joshua Tarling
Crédit: Getty Images
Il y a une nouvelle terreur en ville. Ce bourg se nomme contre-la-montre individuel et s'il semble parfois oublié par certains organisateurs, il compte encore quelques bonhommes qui désirent en briguer le poste de shérif. A ce jeu-là, le champion du monde se nomme Remco Evenepoel (Soudal-Quick Step) mais il y a eu crime de lèse-majesté dimanche sur le Chrono des nations, qui a vu Joshua Tarling (INEOS Grenadiers) claquer une nouvelle performance de haut vol. Le gamin n'a que 19 ans mais il ne fait pas tâche parmi les grands de la discipline.
Dis-moi qui t'as battu, je te dirai, peut-être qui tu es. La maxime renversée fonctionne à merveille pour Tarling. Pour sa première année professionnelle, le Britannique a disputé sept chronos individuels, en a remporté quatre dont les trois derniers et n'a jamais fait pire que… 3e. Ses bourreaux ? Mads Pedersen (sur l'Etoile de Bessèges avec une bosse pour finir, ce qui n'est pas encore sa tasse de thé), Filippo Ganna (Tour de Wallonie et Mondiaux) et Remco Evenepoel (Mondiaux). Voilà pour le pédigrée de ses vainqueurs. Et dans l'autre case, celle des battus ? Evenepoel donc, Yves Lampaert, Stefan Bissegger, Rémi Cavagna et même… Wout van Aert.
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Tarling devant Bisseger et Van Aert : finish haletant sur le contre-la-montre
Video credit: Eurosport
Ganna pense qu'il sera bientôt dur à battre
Non content d'être déjà parmi les meilleurs spécialistes, Tarling s'est aussi construit un palmarès avec cette médaille de bronze mondiale en août à Glasgow et les titres de champion de Grande-Bretagne et surtout d'Europe. Mais dire que personne ne l'avait vu venir ce jour-là aux Pays-Bas serait une erreur. Le Gallois avait déjà sa petite réputation, née de quelques performances épatantes depuis le début de la saison. Ainsi, quand il n'avait concédé que huit secondes au grand Ganna sur le Tour de Wallonie fin juillet, l'Italien avait dit ce que tout le monde commençait à penser.
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Tarling fait exploser son talent au chrono : les temps forts de la 2e étape
Video credit: Eurosport
"Ce gars est super fort. Le jour où il prendra encore de la caisse et deux kilos de muscles, il va faire très mal et il sera dur à battre", avait lâché son coéquipier. Mis dans la confidence, Tarling ne s'était pas démonté, faisant preuve d'un flegme tout britannique : "Il a vraiment dit ça ? Il n’a pas tort ! C’est intéressant, merci pour le conseil (rires)". Il faut dire qu'avec son mètre 94, Tarling a le profil et, déjà, de la puissance à revendre. Une qualité héritée d'une longue tradition du contre-la-montre outre-Manche.
160 km de chrono à… 12 ans !
Voilà une anecdote qui devrait suivre Joshua Tarling comme celle du sauteur à skis colle aux basques de Primoz Roglic. A 12 ans, le coureur d'INEOS Grenadiers s'envoyait déjà des chronos individuels sur des distances qu'il ne retrouvera plus jamais : 160 kilomètres ! Il y a sept ans donc, le petit Joshua avait participé à l'une de ces courses sur 100 miles (160 km) qui fleurissent ici et là en Grande-Bretagne. Raisonnable, il avait prévu de s'arrêter une fois la moitié du parcours atteinte, soit 80 kilomètres. Lancé, il avait finalement vu la ligne et bouclé ce chrono en 4 heures, 49 minutes et 14 secondes selon Cycling Weekly pour une moyenne de… 32 km/h.
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Après la piste, la route : Joshua Tarling sait tout faire
Video credit: Eurosport
"J'ai toujours adoré ça, a-t-il raconté à Cycling Weekly. Mon père avait l'habitude de les faire, c'est un sacré avantage pour ça d'habiter au Royaume-Uni. Pendant le Covid, c'était encore mieux puisque c'était l'une des seules courses à continuer. Je pense que "G" (Geraint Thomas, son compatriote et coéquipier) a dû en faire quelques-uns. Je pense que tout le monde devrait les faire vous savez, à l'évidence ça aide."
Le respect d'Evenepoel
Celui qui aurait pu concourir chez les espoirs aux Mondiaux cette année avait décidé de tenter le coup chez les grands. Un changement de cap qui n'a pas été sans conséquence puisqu'il s'est mis pas mal de pression dans les semaines précédant le championnat du monde. Preuve qu'il savait qu'il était capable d'une sacrée surprise. A Glasgow, il avait signé un premier acte de naissance, son titre européen puis sa victoire sur un Evenepoel qui n'avait certainement pas prolongé sa saison de quelques jours pour finir 2e au Chrono des Nations, ont confirmé de quel bois il est fait.
Le battu du weekend s'est d'ailleurs livré à une confession pleine de respect pour Joshua Tarling, auprès du Het Laatste Nieuws : "Les détails seront essentiels si je veux battre Tarling ou Ganna à l'avenir. Ce sont eux qui ont la vraie puissance. Je vais devoir travailler dur cet hiver pour faire un nouveau pas en avant". Quand le shérif craint un gamin, c'est qu'il y a du changement dans l'air.
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